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vendredi 22 septembre 2017
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Paix et stabilité au nord: l’espoir est permis

Après la décision sage, républicaine et patriotique du président de la république de surseoir à la révision constitutionnelle, décision qui montre si besoin était qu’il est et reste l’Homme d’État et le patriote profondément soucieux des préoccupations et des attentes de ses compatriotes, quelles que soient leurs divergences, deux actes forts traduisent, dans les faits et sans arrière-pensée aucune, l’espoir pour la paix, la stabilité et la cohésion sociale au nord en général et à Kidal en particulier. Suivez notre regard !

Le premier ayant trait au retour à Kidal du gouverneur Sidi Mohamed Ag Icharach. Ce retour annoncé est une heureuse tournure des choses. Car il y a encore deux semaines, les maîtres de Kidal, c’est-à-dire les ex-rebelles de la CMA, ne voulaient pas entendre parler de cette éventualité. Ils étaient d’autant plus vent debout contre cette possibilité que le gouverneur, qu’ils avaient récusé, depuis sa nomination pour être disent-ils un proche du Gatia, n’avait pas reçu leur onction.
Mais c’est un secret de polichinelle que la mission de bons offices conduite par Mahamoud Dicko, président du Haut conseil islamique (HCI), a joué un rôle capital dans ce retournement de position des responsables de la CMA.
Aussi, ce retour du gouverneur dans la Cité rebelle de Kidal est le fruit d’une longue négociation entre l’État du Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), la plateforme Gatia, la Médiation, lesquelles discussions ont permis d’asseoir une certaine confiance entre les parties signataires de l’Accord.
En tout cas, l’espoir est permis, et ce, pour deux raisons.
D’abord, ce retour du gouverneur à Kidal, loin d’être anecdotique, représente un grand symbole, celui du début du come-back de l’État à Kidal. Et ils sont nombreux les Maliens dont on sait que la plupart n’ont jamais digéré le fait de voir Kidal administrer comme un État dans l’État, qui jubileront. D’ailleurs, c’est ce statut pratiquement d’État indépendant de cette localité ainsi que la recrudescence des violences qui avaient alimenté, entre autres, la levée de boucliers de l’opposition et des organisations de la société civile regroupées au sein de la Plate Forme An té A Bana, contre le projet de référendum initié par le Président Ibrahim Boubacar Kéita.
Et même si la Cour constitutionnelle avait émis un avis contraire contre cet argumentaire du camp anti-référendum, il faut avoir le courage de dire que l’État était loin d’exercer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, en tout cas, dans la capitale de l’Adrar des Iforas.
La seconde raison correspondant au deuxième acte fort, qui suscite l’espoir pour la paix dans notre pays, est relative à la trêve entre la CMA et le Gatia. Concrètement, les deux groupes touaregs rivaux sont disposés à fumer le calumet de la paix. En effet, après des discussions, les ex-rebelles de la CMA et le Gatia se sont engagés à ne plus faire parler les armes. Et comme si les frères ennemis voulaient donner plus de chances à l’installation d’un climat de confiance et de sérénité, ils se sont engagés à geler de chaque côté les positions.
Tous ces engagements pris au nom de la paix sont des signes encourageants. Car la pacification du Nord-Mali passe manifestement par-là. Tant que les groupes armés signataires rivaux ne vont pas un cesser d’être permanemment sur le pied de guerre, il n’est pas permis un seul instant de rêver à la fin des attaques répétées des terroristes contre le septentrion malien. Cela dit, et sans forcément vouloir jouer les rabat-joie, l’on est en droit d’être un peu sceptique quant à la bonne foi de la CMA et du Gatia de mettre en application leurs engagements. Plusieurs raisons pourraient soutenir ce pessimisme. Ce, d’autant plus que des engagements de ce genre, on en a déjà vu de par le passé. L’engagement le plus récent qui a connu ce sort est le cessez-le-feu que les deux parties avaient signé et qui avait volé en éclats, on se rappelle, en fin juillet 2016.

Par Mohamed D. DIAWARA




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