Paix- justice et réconciliation nationale: une priorité pour l’eglise catholique du Mali

Contrairement aux allégations, non fondées de certains esprits mal intentionnés, qui attribuent beaucoup de conflits aux religieux de tous bords, le Mouvement des cadres et responsables chrétiens  croit que les religions peuvent, mais surtout doivent apporter la paix et la réconciliation dans le monde. C’est dans le but de contribuer à promouvoir une culture de justice, de paix et de dialogue interreligieux, qu’il organise depuis hier, au Carrefour des jeunes, les semaines sociales de l’Eglise catholique du Mali

Avec pour thème : « Place et rôle du chrétien dans le processus de réconciliation et de paix en cours dans le pays », ces premières semaines sociales qui se tiennent du 25 et ce jusqu’au 28 novembre prochain, étaient placées sous le haut patronage de Monseigneur Jean Baptiste Tiama, Evêque de Sikasso, qui avait à ses côtés : le ministre des Affaires religieuses et du culte, Thierno Amadou Omar Hass DIALLO, et le président du Mouvement des cadres et responsables chrétiens, Emmanuel SAGARA. Etaient également présentes, d’autres personnalités de marque : le ministre de l’Education nationale, Jacqueline Nana TOGOLA ; les  Monseigneur Jean Gabriel DIARRA, Evêque de Ségou ; George Fonghoro, Evêque de Mopti, et Jonas DEMBELE, Evêque de Kayes.

Par l’organisation de cette importante rencontre, qui intervient au moment où se déroulent présentement à Alger les pourparlers inclusif inter maliens, les initiateurs veulent faire siens cette citation de la Bible qui, dans le Psaume 46, verset 9 à 11, dit : « venez admirer les œuvre du Seigneur, les choses étonnantes qu’il a réalisées sur la terre. Il met fin aux guerres jusqu’au bout de la terre, l’arc, il l’a rompu, il a brisé la lance, il a brûlé les boucliers au feu. Arrêtez, connaissez que moi je suis Dieu, exalté sur les peuples, exalté sur la terre ».

Si la base de toute intolérance est l’ignorance, elle-même source de conflit donc de manque de paix, ces premières semaines se veulent un espace d’examen de la réconciliation à travers la formation, l’information et l’éducation pour assurer un vivre ensemble meilleur.

L’objectif étant pour le Mouvement des cadres et responsables chrétiens, constitué de cadres laïcs (chrétiens et musulmans) qui veulent agir ensemble pour témoigner de leur foi dans la société, d’œuvrer pour un monde où l’enracinement de la foi et le partage du savoir améliorent la qualité de la vie et la culture de la paix vers le progrès social.

L’initiative des semaines sociales se veut également, selon  Emmanuel SAGARA, de contribuer à promouvoir une culture de paix, de justice, de réconciliation et de dialogue interreligieux et interculturel au Mali à la lumière de l’Evangile de Jésus Christ et de l’Enseignement social de l’Eglise.

Le ministre des Affaires religieuses et du Culte s’est réjoui du fait que cette initiative vienne d’une institution religieuse qu’est l’Eglise catholique qui, de tout temps, s’est impliquée de manière inlassable, auprès des autorités, pour promouvoir la culture de paix dans notre pays.

Thierno Amadou Omar Hass DIALLO n’a pas tari d’éloges toutes les multiples contributions de l’Eglise pour soulager les souffrances des victimes de violences dans le pays. allusion faite à la mise à disposition gracieuse du Centre d’accueil de Nyamana qui a permis aux nombreux réfugiés du nord de trouver un abri sécurisé durant l’occupation.

Il a rassuré les représentants de l’institution religieuse que le pays restera laïc et que l’Etat restera aux côtés de l’Eglise où l’homme est au centre de la préoccupation.  Comme son prédécesseur, il a invité les Maliens à être unis dans la foi et sur la voie de la paix.

Ainsi, les débats vont permettre aux participants, venus de toutes les régions et de tous les cercles du pays, de se rappeler les moments forts de perturbation de la vie sociale et politique du pays de l’indépendance à nos jours ; d’inviter les laïcs catholiques à se ressourcer par rapport à leur foi en Jésus Christ et aux orientations nationales de consolidation de la paix ; et surtout à réfléchir sur les actions collectives et individuelles en faveur de la paix.

Le traitement de ces questions, a encouragé Monseigneur Jean Baptiste TIAMA, doit amener chacune des communautés chrétiennes et chaque participant à se préparer à une attitude plus proactive dans la construction de la paix en témoignage de leur foi.

Pour l’Homme d’Eglise, l’engagement chrétien pour la cause de la paix n’est pas facultatif. Au contraire, insiste-t-il, c’est une exigence de la foi. Ce qui implique que les communautés chrétiennes, les institutions et structures de l’Eglise Catholique doivent faire de la construction de la paix une priorité.

Il a rappelé à juste titre l’institutionnalisation au Vatican, par le Pape Paul VI, depuis 1967, de la Commission Pontificale « Justice et paix » dans le but d’inciter la communauté catholique à promouvoir l’essor des régions pauvres et la justice sociale entre les nationaux, garante de la paix.

En tout état de cause, l’exposé sur la doctrine sociale de l’Eglise catholique a permis aux participants d’apprécier de manière plus précise et détaillée quel est le positionnement de l’Eglise sur les questions de paix.

 

Par Mohamed D.

 DIAWARA

 

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