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lundi 20 août 2018
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La parole aux acteurs

Zahaby Ould Sidi Mohamed, président de la Commission nationale DDR/
« Ce processus est aussi lié au renforcement de la confiance ».
Interrogé sur l’objet de la rencontre, le Président de la Commission nationale de DDR (CNDDR), Zahaby Ould Sidi Mohamed, ancien ministre des Affaires étrangères, explique : ‘’c’est un atelier de haut niveau entre le Commandement militaire des FAMa et celui des Mouvements signataires pour discuter de certaines questions précises qui sont dans la Feuille de route adoptée par le Gouvernement, par les Mouvements et validée par la dernière Session du Comité de suivi de l’Accord (CSA)’’.
Parlant des points à l’ordre du jour, il a dit : ‘’parmi les points, il y a la sécurisation des élections qui est importante et l’amélioration de la sécurité sur le terrain pour les populations. Parce que vous savez qu’il y a une insécurité qui est très difficile et complexe, surtout quand vous avez sur le terrain des Mouvements qui sont pour l’Accord et d’autres troupes qui sont contre : ceux qu’on appelle les Mouvements extrémistes et terroristes. Donc, ce n’est pas toujours évident d’assurer la sécurité dans ce contexte. Ça, c’est un des points.
L’autre, c’est la constitution des 3 Bataillons du MOC (Ndlr : Mécanisme Opérationnel de Coordination, prévu par l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali). Comment les opérationnaliser ? Toujours dans le cadre de cette approche sécuritaire, c’est-à-dire le MOC de Gao, le MOC de Kidal, et celui de Tombouctou. Ces 3 Bataillons qui doivent être mis en place auxquels les FAMa, la CMA et la Plateforme doivent participer. Ceux-ci aussi vont améliorer la situation sécuritaire sur le terrain.
Le dernier point sur lequel les Parties sont conviées, c’est le retour des anciens membres des FAMa qui, pour des raisons diverses, sont restés dans les pays voisins pour des raisons de sécurité. D’autres avaient déserté aussi, bien que ce mot n’est pas aimé par les uns et les autres, mais c’est une réalité qu’on ne peut pas aussi le cacher. Donc, on les appelle pudiquement les anciens éléments des Forces armées maliennes. Là aussi, les conditions de retour par rapport à ces éléments, tout en restant dans la légalité, parce qu’il faut travailler, les travailler aussi dans la légalité avec un esprit ouvert entre les Parties’’.
Zahaby Ould Sidi Mohamed a aussi fait savoir : ‘’la question du DDR est au centre. Parce le processus d’enregistrement a commencé. La date limite, c’était le 30 avril. On a donné des registres et avec la participation des Mouvements signataires. Ce DDR, je le rappelle, l’Accord dit qu’il doit être fait sous la supervision des Nations-Unies et selon les standards internationaux. Et c’est ce que nous avions appliqué avec les Parties signataires. Donc, ces registres ont été distribués, chaque Mouvement et les autres mouvements armés sur le terrain, doivent donner la liste des combattants et des armements qu’ils ont. Ce qui va faciliter plus tard le travail des patrouilles du G5 dans lequel notre pays est impliqué et des autres Forces. Donc, ces patrouilles pourront vérifier. Si elles rencontrent une arme non enregistrée, c’est que cette arme est entre les mains d’une Force qui n’est pas dans le processus de paix. Ça aussi, ça doit continuer et nous espérons que parallèlement à la mise en place du MOC, cela pourra beaucoup aider à améliorer la situation sécuritaire. C’est ce que le Premier ministre vient de dire. Il a beaucoup insisté sur le pragmatisme ; le fait que nous soyons entre nous, ici, Maliens, sans présence étrangère, pour discuter de questions qui concernent la sécurité de notre pays. Je crois que ça, c’est une grande avancée dans le domaine de la confiance. Parce que vous savez, ce processus est lié aussi au renforcement de la confiance et cette manière d’avoir des Maliens qu’ils soient de Bamako, de Kidal, de Gao, de Ménaka ou de Sikasso, qu’on se retrouve entre nous Maliens, qu’on discute en toute confiance, c’est très important dans ce processus et dans la mise en œuvre de l’Accord pour l’ensemble de nos concitoyens qui nous regardent aussi. Le peuple malien nous regarde. Il regarde cet Accord, il attend la paix, il attend la sécurité. Donc, c’est un pas très positif en toute sécurité’’.

Al Mahmoud Ag Mansour, membre du MPA:
« On devrait
comprendre la question des déserteurs ».
Interrogé sur ce qu’il attend de l’Atelier, Al Mahmoud Ag Mansour, représentant du Mouvement populaire de l’Azawad, fait savoir : ‘’mon attente est qu’on devrait se comprendre sur le numéro 3 du document qu’on est en train d’élaborer, à savoir la question des déserteurs. Nous avons eu des problèmes par rapport aux déserteurs, parce qu’il y a un problème au niveau des bases des Mouvements. Il y a des déserteurs, mais il y a d’autres qui ne le sont pas. Ils ont lutté pour le Gouvernement, ils ont négocié avec le Gouvernement, mais ils ne reçoivent ni salaires ni avancements. Donc, nous avons demandé à nos collègues de comprendre ce système du côté de la Plateforme.
Je peux donner un exemple sur moi-même. J’étais dans les effectifs maliens, mais à ma grande surprise mon Directeur général m’a radié de la Police ou bien on m’a suspendu, je ne sais pas. Ce qui n’est pas du tout normal, parce que quand on radie un Policier, on le traduit devant le Conseil de discipline.
Mais, malgré tout cela, il y a un Accord qui a été signé. Dans l’Accord, il est prévu que les gens reviennent avec au moins le grade qu’ils avaient au moment de quitter. Or, moi, j’ai quitté étant au 4e échelon. 2 mois après ma sortie, je devais passer au grade supérieur. Maintenant que je veux revenir, je dois me retrouver au 1er échelon. Ça, ce n’est pas possible. Il n’y a pas d’indemnités, il n’y a rien. Nous avons demandé des allocations d’installation ; on avait aussi demandé le salaire de 6 ou 7 ans. Ça n’a pas été accepté. Maintenant, nous demandons seulement les frais d’installation et une augmentation du grade de chacun d’entre nous. Ça nous a pris toute la journée d’hier (Ndlr : Le jeudi dernier), il n’y a pas eu d’entente. Je ne sais pas comment ça va se passer aujourd’hui (Ndlr : Le vendredi dernier)’’.

Par Bertin DAKOUO




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