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mercredi 13 décembre 2017
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Parti Sadi: me Président du mouvement de la jeunesse claque la porte

Il se nomme Ibrahim KEBE, il était jusqu’au 4ème congrès ordinaire du parti, Solidarité africaine pour le développement et l’indépendance (SADI) président du Mouvement de la jeunesse de cette formation politique. Dans une déclaration qu’il nous a adressée, il nous explique les raisons de son désenchantement et de sa démission. 

A l’issue du 4eme  Congrès ordinaire de SADI (13 – 14 décembre 2014) et tirant les leçons du comportement antidémocratique de la direction actuelle, je ne puis que passer par voie de presse pour diffuser le message que je voulais adresser en plénière pour ouvrir un débat de fond avant de quitter le Parti. En effet, je me suis rendu à Sikasso pour y effectuer ma démission étant prêt à dire les yeux dans les yeux ce que je reproche aux responsables des dérives actuelles de SADI. Malgré mon insistance et toute la patience dont j’ai  fait montre, j’ai subi un blocage systématique et une obstruction déloyale en droite ligne de ce que je dénonce dans le texte qui suit lorsque je dis : «pendant ces assises, on joue à noyer les débats dans des discussions oiseuses ou dans des conflits personnels pour éviter toute analyse concrète aboutissant à des conclusions justes.»

Message aux congressistes

Chers congressistes

Tout d’abord, honneur et respect à tous les martyrs, tombés tout au long de notre glorieuse histoire, pour la dignité de notre Patrie, singulièrement aux militants SADI qui ont été assassinés, pour leur combat patriotique.

En leur mémoire à tous, je vous prie d’observer une minute de silence. Merci, Chers congressistes.

A l’heure actuelle, la situation du Mali est préoccupante pour tout patriote, car la gestion actuelle du pouvoir est désastreuse dans tous les domaines de la vie nationale.

Après une analyse approfondie de cette situation, il est plus qu’urgent de dénoncer et de lutter pour débarrasser notre Patrie de ce système étranger aux préoccupations majeures de notre peuple.

Pour ce faire, il nous faut un vrai parti non seulement fondé sur des bases saines mais aussi qui fonctionne conformément aux valeurs de notre culture multiséculaire et aux principes de la lutte progressiste.

Au départ, SADI avait une identité politique ; c’était un Parti d’avant-garde qui s’inspirait du combat populaire, progressiste qu’ont su mener nos glorieux devanciers :

– l’US-RDA des Présidents Mamadou Konaté et  Modibo Keita,

– le Parti Africain de l’Indépendance (PAI)

– l’UPC etc.,

Au départ, SADI était également porteur d’une véritable alternative en rupture avec l’ordre politique et institutionnel, instauré en République du Mali, depuis le 19 novembre 1968.

Beaucoup de combats ont été menés dans cette voie et beaucoup de victoires incontestables ont été remportées sur tous les plans grâce à l’engagement de nombreux militants et cadres SADI, démontrant qu’une ligne politique juste mène toujours au succès.

Au lieu de persévérer dans cette voie, depuis quelque temps, du fait de quelques dirigeants, sans aucun débat interne statutaire donc en violation flagrante de la démocratie, SADI soutient une politique totalement contraire à sa ligne définie en congrès et à celle de nos admirables références.

Aujourd’hui, les militants et responsables sincères et loyaux sont profondément choqués de voir SADI soutenir un gouvernement qui fait du secteur privé, c’est-à-dire le libéralisme, la voie de développement du pays. Il est clair que la finalité de cette politique est de poursuivre et renforcer les méfaits du néo-libéralisme instauré dans notre pays, depuis le 19 novembre 1968.

SADI, qui avait combattu sans réserve sous le régime Amadou Toumani Touré toute manifestation de la politique néolibérale – même pendant notre courte participation au Gouvernement – s’est brusquement muée en 2014, pour des raisons inavouées mais peu honorables, en soutien de cette même politique.

SADI soutient un gouvernement qui estime fort louable la qualité du travail accompli par l’équipe de médiation dans les négociations entre le Mali et ses ennemis de la rébellion armée.

Or, chacun sait que la conclusion de cette entreprise criminelle, c’est un projet de scission, de partition, de démantèlement, de disparition pure et simple de la nation Malienne ; ce qui est déjà entamé par anticipation par le pouvoir actuel à travers l’adoption de textes sur la régionalisation et le nouveau statut particulier du district de Bamako.

Et c’est un député SADI qui est président de la commission décentralisation, qui assume la honteuse responsabilité de l’adoption de ces textes criminels au sein de l’Assemblée Nationale.

Au-delà de tout ce qui précède, ce qui est inadmissible, déloyal et contraire à tous les principes politiques et à la morale de SADI, c’est d’avoir engagé le parti dans une voie contraire à son orientation politique initiale sans aucun égard pour l’opinion de ses cadres et militants engagés, en totale manifestation de mépris pour l’intérêt général de notre peuple.

Et chaque fois que les militants ont démasqué les intensions inavouées qui se cachaient derrière certaines prises de position, la réponse à toujours été : « oui ! C’est le Parti qui a décidé – oui ! C’est le Parti qui a décidé ». On dit attendre  le congrès ou le comité central qui tranchera si nous devons rester dans cette voie confuse ou quitter.

Et pendant ces assises, on joue à noyer les débats dans des discussions oiseuses ou dans des conflits personnels pour éviter toute analyse concrète aboutissant à des conclusions justes. Et le même processus continue. Alors à quoi on joue ?

SADI soutient aujourd’hui ceux qui sont en train de fouler au pied l’indépendance et la souveraineté de notre PATRIE.

Or, comme l’adage le dit : «il n’y a pas de brouillon en politique».

Chers congressistes

Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de se débarrasser de la double politique réactionnaire qui consiste à dire des choses et à faire le contraire. Il faut rester fidèle à la lutte pour désaliéner les masses seules capables de changer toutes situations.

Conformément à cette logique, j’ai tenté plusieurs fois en tant que premier responsable de la jeunesse SADI, de rencontrer officiellement le Bureau Politique SADI pour organiser des échanges avec la délégation de la jeunesse SADI afin de trouver les voies et moyens pour sauver le pays en évitant de prendre telle ou telle position contraire à notre ligne. Je me suis toujours heurté à une obstruction systématique et mes démarches sont restées sans issue. Mais dès que surgissaient des questions liées à la subjectivité personnelle de certains dirigeants, en somme de questions personnelles la rencontre était vite tenue.

Chers congressistes

De nombreux militants honnêtes, dévoués et désintéressés savent que certains premiers dirigeants SADI ne font qu’entretenir le clanisme haineux à travers un travail fractionnel honteux, cela pour leurs propres intérêts et non celui du Parti et du Mali.

Au niveau de la direction nationale de SADI, très peu sont ceux qui s’opposent fermement et à visage découvert à ces actions. Et c’est malheureux de le dire : c’est cela qui restera la réalité tant que certains dirigeants continueront à transformer dans les faits,  SADI à une entreprise privée ou patrimoniale.

Chers congressistes

Pour SADI et pour notre PATRIE, j’ai pris longuement patience, en espérant que certains comportements changeraient devant l’évidence de leur inanité et pour l’intérêt du pays. Aujourd’hui, force est de constater qu’il ne s’agit ni d’erreurs ni de hasard mais de positions conçues, exécutées sciemment en toute connaissance de cause. Dans ces conditions tout changement est impossible.

Le MALI a besoin d’être sauvé et sa dignité restaurée. L’actualité oblige tout militant sincère qui a compris de réfléchir pour décider comment faire autrement la politique.

C’est pourquoi, ici et maintenant, je démissionne de SADI et de tous mes mandats tout en restant fidèle à mes convictions politiques conformes à la ligne qui, surement, aboutira à faire du Mali un pays d’hommes et de femmes libres et dignes.

Chers congressistes

En tant que jeune, en tant que militant progressiste, en tant que responsable, j’invite les militants honnêtes, sincères, désintéressés, disponibles, sérieux  qui se sentent trahis aujourd’hui, ainsi que les patriotes qui veulent réellement progresser de rejoindre sans plus tarder ceux qui réfléchissent à la création d’une organisation Patriotique qui occupera la place laissée vacante par SADI. Ce qui va nous permettre de faire en sorte de réengager le  combat sous d’autres formes.

Il est possible qu’au sein de SADI, ou en dehors, des femmes et des hommes ne comprennent pas cette position aujourd’hui.

Cela, tout simplement parce que tout le monde ne peut pas aboutir aux mêmes conclusions à la fois et en même temps. Mais, ce qui est sûr, c’est que la vérité s’imposera à tous tôt ou tard.

L’idéal est sacré et mérite le don total de soi. Pour ma part et sans démagogie je resterai fidèle à la ligne et  au combat engagé par nos glorieux devanciers et que poursuivent dans tous les pays Africains, leurs dignes héritiers.

C’est pourquoi je quitte SADI aujourd’hui, l’âme en paix, fier d’y avoir livré des combats que je ne renie pas, heureux d’y avoir connu et côtoyé des militantes et des militants courageux et honnêtes, à qui j’exprime mes profonds sentiments de respect et de reconnaissance.

Sans haine et sans rancœur, je poursuis les idéaux qui m’avaient conduit vers SADI et dont le respect impératif m’impose de m’orienter ailleurs.

A bas la démagogie, à bas la double politique réactionnaire, à bas la politique de génuflexion,

Vive la fidélité aux idéaux progressistes, Vive la Révolution,

En avant les militants conséquents,

La victoire est certaine.

Vive le Mali dans une Afrique libre et digne,

Je vous remercie.

NB: Les titres et intertitres sont de la rédaction

 




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