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dimanche 20 août 2017
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Pèlerinage 2014 de la filiale gouvernementale: les pèlerins dénoncent les difficultés vécues

La Coordination des pèlerins maliens de la filière gouvernementale, édition 2014, qui se veut citoyenne, a animé, hier jeudi, à l’hôtel Radisson Blu, une conférence de presse, dont l’objectif était de dénoncer les calvaires vécus aux lieux Saints de La Mecque, et demander aux autorités maliennes de baisser les prix de pèlerinage qui sont les plus élevés de la sous-région.

Le principal conférencier était El hadj Moussa Ben Deka DIABATE, porte-parole de la Coordination. Il avait à ses côtés, d’autres nouveaux El hadj et Hadja, notamment, Modibo CAMARA et Mme DAOU Maimouna DEMBELE. On y notait la présence d’autres pèlerins de la filiale gouvernementale (le doyen Madou DIARRA de l’Essor) toutes victimes de la mauvaise organisation du pèlerinage 2014 à La Mecque.

Selon le conférencier, cette année la filiale gouvernementale a amené 1 000 pèlerins à La Mecque, moyennant le paiement de la somme de 2 740 000 FCFA (y compris le prix de mouton, qui est 50 000 FCFA. Mouton qu’ils n’ont pas vu, mais seulement un reçu en arabe leur a été remis).

Les 1 000 pèlerins de la filiale gouvernementale ont été répartis en deux convois de 500 personnes, dont 60 à 80 % sont des vieilles personnes, devant être accueillies à Médine, première étape du périple par une seule personne. Imaginez le désordre ?

Mais, pour M.DIABATE, leur calvaire a commencé depuis Bamako, où ils ont accusé un grand retard dans l’embarquement.

Déjà, à ce niveau, il a révélé que de la Maison de Hadj, sis à Hamdallaye, à l’aéroport de Bamako Senou, chaque pèlerin est facturé à la somme de 25 000 FCFA.

À Médine, où les pèlerins doivent faire, selon les rites du pèlerinage, 40 prières, ils n’ont pas pu les faire, parce qu’ayant accusé un jour de retard, le propriétaire de l’hôtel où ils logeaient leur a obligé de quitter ces lieux, car le délai contractuel qu’il avait les responsables maliens est arrivé à terme.

Dans cet hôtel, ont-ils indiqué, ils étaient 5 à 6 par chambre, où les toilettes ne sont jamais nettoyées, et les draps des lits n’ont jamais été changés.

À cela, s’ajoutent la mauvaise qualité hygiène et la quantité insuffisante des repas qu’on leur servait.

À la Mecque, après un long voyage dans des cars vétustes non ventilés, encore moins climatisés, les pèlerins de la filiale gouvernementale ont été hébergés dans un hôtel de 15 étages. Leurs chambres commencent à partir du 6è (l’administration de l’hôtel occupant les 5 premiers étages). Là également, ils étaient 7 à 8 personnes à partager la chambre. L’hôtel en question ne dispose que de 3 ascenseurs et il est situé à 3 km de la Kaba où ils doivent aller faire par jour les cinq prières.

Les conférenciers ont avoué que 40 % des pèlerins n’ont pas pu faire normalement le déplacement.

Pour le voyage de La Mecque à Mina puis à Arafat, ils ont attendu de 10 h à 23 h. Pour le transport des 1 000 pèlerins, il n’y avait que 2 vétustes cars. La distance entre Mina et Arafat est de 8 km. À la fin du vrai rite du pèlerinage qui se fait à Arafat, les pèlerins de la filiale gouvernementale se sont répartis en trois groupes: le premier a emprunt à leur frais d’autres moyens de transport; le 2è a marché à pied; et le 3è a attendu les cars.

Les conférenciers ont vivement fustigé le comportement et les propos de Therno Hady THIAM qui publiquement aurait traité les Maliens de «soulards et de délinquants sexuels» qui seraient plus favorables à dépenser dans l’alcool et les femmes que dans l’islam.

Par ailleurs, soutiennent les conférenciers, le prix de pèlerinage au Mali est le plus cher de la sous-région; pour preuve, il est de 2 740 000 FCFA au Mali, contre 2 400 000 FCFA au Sénégal; 1 900 000 pour la Côte d’Ivoire: 2 000 000 pour le Burkina Faso; et 1 800 000 pour le Niger.

Dans la même dynamique, ils ont dénoncé la pléiade d’agences de voyages (114) dont 80 % n’ont pas d’hôtels pour faire loger leurs pèlerins.

Pis, certaines agences de voyages, interdites par les autorités saoudiennes, changent de nom avec la complicité de l’État.

D’ailleurs, ils ont même cité nommément des cas.

En tous les cas, préviennent-ils, si les autorités maliennes ne font attention, le Mali, par le mauvais comportement de certains, risque de se voir interdit au pèlerinage à La Mecque.

D’ailleurs c’est attirer leur attention et prévenir les autres Maliens des calvaires qu’ils encourent que cette année, ils ont décidé de créer une coordination.

D’après les conférenciers, la situation est pareille tous les ans. Et, ils l’assimilent à une fatalité et aux souffrances inhérentes même à la pratique du Hadj.

Par Sékou CAMARA

 




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