Search
lundi 24 janvier 2022
  • :
  • :

Pénurie de gaz butane: des acteurs pointent du doigt la défaillance de l’Etat

Depuis plus de 15 jours, le gaz est devenu le sésame rare à Bamako et dans d’autres agglomérations. Et pour cause, les bouteilles sont rares. Un calvaire dont souffre les ménagères et sous les yeux indifférents du gouvernement qui ne fait rien pour décanter la situation.

Comme conséquences de cette situation, une rare bouteille de 6 KG de gaz butane est vendue à 5000, voire 6000 CFA à Bamako. Malgré tout, le gouvernement fait la politique de l’Autriche, en optant pour un silence radio qui ne dit pas son nom.
Nous avons fait le tour des points de vente de bouteilles de gaz, la triste réalité est que les bouteilles pleines de gaz sont un souvenir de longue date pour ces revendeurs qui sont en chômage technique pour l’instant.
Bassidi DEMBELE, revendeur de gaz Kalaban Kôrô qui range ses bouteilles vides de gaz butane devant sa boutique est obligé de faire retourner un bon nombre à cause des défaillances.
«Nous sommes dans cette situation depuis plus de 15 jours. L’usine dans laquelle je me ravitaille est en rupture de stock depuis près d’un mois. Je me débrouillais auprès d’un livreur qui me donnait un peu cher, même chez lui aussi, plus de gaz».
Plus loin à Baco-Djicoroni, seulement quatre bouteilles de gaz remplies sont devant la boutique d’Amadou DJIGUIBA qui les vend à des prix exorbitants, (6 000 CFA la bouteille).
«Ce n’est pas de ma faute, puisque les livreurs me l’ont donnée à 5250 FCFA. Je les garde pour mes deux clientes, qui sont toutes des restauratrices. Nous ne pouvons pas continuer ainsi, puisque la vente de gaz nous fait courir le risque de perdre nos fonds de commerce. Si le gouvernement se ne mêle pas dans cette histoire de gaz, beaucoup de femmes vont retourner dans la consommation du charbon, ce qui est néfaste pour notre environnement », a-t-il averti.
Modibo Toure qui ravitaille ses clients fidèles de gaz, malgré le contexte, nous explique comment il parvient à dénicher le précieux sésame.
«Il y a de nouvelles unités qui font tout pour remmener le gaz, à un prix cher. C’est auprès de celles-ci que je me suis fidélisé. Donc même si leur stock est petit, s’il y en a, ils me prévoient. Et moi aussi, je prévois mes clients. Je vous avoue que l’approvisionnement en gaz est devenu un véritable business de nos jours. Nous vivions de ce commerce, malgré les difficultés. Si ça continue, nous serons obligées de chercher autre chose pour subvenir aux besoin de la famille », a-t-il dit.
Motif ? Les importateurs n’ont pas assez d’argent pour s’approvisionner, argumente un importateur, ajoutant que c’est ce qui fait qu’on commence à sentir le manque de gaz sur le marché.
«Le gouvernement n’a pas payé les subventions depuis des mois. Les arriérés de 2021 aussi n’ont pas tous été payés. Le cumul de la dette se chiffre à environ beaucoup de milliards », a-t-il révélé.
Avant d’inviter le gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour payer les subventions allouées au gaz.
«Il doit mettre en place un fonds pour le gaz qui va permettre aux importateurs d’amener suffisamment de gaz sur le marché », suggère-t-il.
En tout état de cause, ce silence assourdissant des plus hautes autorités laisse planer un gros flou, en ce qui concerne les subventions allouées au Ministère de l’industrie et du commerce pour soulager les souffrances des Maliens.

PAR CHRISTELLE KONE




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *