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lundi 19 avril 2021
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Pénurie d’eau: 230 milliards pour soulager les populations

Depuis plusieurs semaines les populations de la capitale et de plusieurs villes sont confrontées à une pénurie d’eau potable. Les ménages ne savent plus à quel saint se vouer pour étancher leur soif. Des nuits blanches et des longues files d’attente pour la précieuse denrée sans laquelle la vie n’est pas possible.
Quels sont les causes réelles de ce déficit cruel d’eau ? Qu’envisage l’Etat pour le résoudre ?

La sortie sur le terrain ce vendredi du ministre de l’Energie et de l’Eau a été l’occasion pour lui de cerner les difficultés qui entravent l’approvisionnement de nos populations en eau potable et de proposer des alternatives et palliatives crédibles pour soulager les populations en attendant la fin des chantiers titanesque qui juguleront le déficit. Un déficit dû en grande partie à la mauvaise gestion des infrastructures dans certaines localités mais surtout au manque ou à l’insuffisance d’investissements structurants dans le secteur depuis 20 ans.
La crise d’eau à Bamako et ailleurs au Mali ne date pas d’aujourd’hui. Cette année a la particularité d’enregistrer des températures caniculaires qui exacerbent le besoin d’approvisionnement en eau des populations. L’explication n’est ni simpliste ni une fuite en avant de la part des responsables chargés du secteur.
A la SOMAPEP et la SOMAGEP, les deux entités chargées de la gestion et de l’approvisionnement en eau potable, on persiste et on signe qu’il ne s’agit point d’une crise conjoncturelle due à une indifférence des autorités. Mais qu’il s’agit plutôt d’une crise structurelle liée à un manque d’investissement dans le secteur sur près de 20 ans. Dans certains cas, il s’agit de mauvaise gestion imputable aux collectivités décentralisées.
En effet, dans certaines communes (décentralisation oblige), l’État avait délégué la gestion des infrastructures d’eau potable aux collectivités. Des concessions qui dans bien des cas se sont soldées par un fiasco consécutif à une mauvaise gestion. Obligeant l’Etat à intervenir, souvent en catastrophe pour faire le pompier, dans certaines de ces localités. Entre autres exemples, on peut citer les cas de : Nara (groupe et pompe en panne) Kolondièba (système de pompage en panne), Kéniéba (2 forages, groupe et pompe en panne), Yélimané (réparation du château), Naréna (mise en place d’un forage, d’un système de pompage solaire complet, d’un château de 10m3, 200 m de réseau et 5 bornes fontaines).
Pour faire face au déficit dans un secteur aussi vital que l’approvisionnement des populations en eau potable, le gouvernement, à travers, le ministère de l’Energie et de l’Eau, a donc initié des projets structurants et mobilisé pour leur réalisation plus de 230 milliards à travers le budget d’Etat et des financements extérieurs.
Ces projets structurants concernent l’approvisionnement en eau potable de la ville de Bamako et des villes de Kayes, Kati, Sikasso et Koutiala.
En effet, en matière d’accès à l’eau potable, cette année 2016 a marqué le démarrage effectif des travaux de deux projets structurants élaborés par le gouvernement du Mali. Il s’agit des projets structurants d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de la localité de Kabala plus connu sous le nom de projet de Kabala et du projet d’appui dano-suédoise (PADS) au programme sectoriel de l’eau et assainissement (PROSEA).
Ces derniers travaux rentrent dans le cadre du renforcement de l’alimentation en eau potable des villes de Kayes, Kati, Sikasso et Koutiala, conclu en 2015. Le marché comprend le renforcement des installations de production, le renforcement des réseaux de distribution existants et l’extension des réseaux de distribution en lien avec le projet PADS PROSEA, composante hydraulique urbaine.
Si au regard de l’état d’avancement des travaux, la pénurie d’eau potable pourrait être un triste souvenir à la fin de cette année même pour les populations de Kayes, Sikasso et Koutiala, celle de Bamako et Kati doivent encore attendre la fin du chantier titanesque de Kabala, prévue pour la fin 2018.
La mise en service de la première phase de la nouvelle station de traitement de Kabala permettra de produire et de distribuer 144 000 m3/J, à partir de la fin 2018 et d’augmenter la capacité actuelle de production de la ville de Bamako de 72 %. C’est alors que tous les besoins en eau de toutes les populations de la capitale seront complètement couverts. Toutes choses qui vont combler le déficit actuel entre l’offre et la demande. Une offre qui est aujourd’hui de l’ordre de 200,5 millions de litres par jour contre une demande de l’ordre d’environ 250 millions de litres d’eau par jour, soit un déficit d’environ 50 millions de litres/jour.
Dès 2018, Kabala sera opérationnelle, dans sa première phase, et produira déjà 144 000 m3/j (144 millions de litres), soit un peu plus du double des 50 millions de litres de déficit.

De gros besoins à satisfaire
On estime les besoins des trois millions de Bamakois en eau potable à 144 millions de litres par jour. Il est clair qu’on est aujourd’hui en deçà du compte. Et la forte chaleur de cette année n’arrange les affaires de personne, ni des populations encore moins de la SOMAGEP.
Aussi, cette dernière procède-t-elle par des solutions palliatives en vue de soulager nos populations les plus vulnérables du District à travers la distribution d’eau : opération citerne lancée depuis le début de ce mois d’avril.
Cette opération, selon le patron de la SOMAGEP, est : «une opération gratuite initiée par la SOMAGEP, en collaboration avec le ministère de l’Énergie et de l’Eau et la SOMAPEP. Nous avons un certain nombre de citernes qui tournent autour des quartiers concernés et la distribution se fait comme suit : deux citernes de 55 000 litres matin et soir par endroit de telle sorte que les populations aient le temps de consommer et de stocker de l’eau tous les jours ».

À quand le bout du tunnel ?
L’objectif de la sortie de vendredi dernier était surtout de rassurer les populations en générale, celles de Bamako et de Kati en particulier de l’engagement du Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA et du gouvernement de soulager notre pays du stress hydrique, a confié le ministre.
Le ministre de l’Énergie et de l’eau a assuré les populations que les dispositions actuellement prises permettent d’affirmer que pour la ville de Bamako, la mise en route des nouvelles infrastructures en fin 2018 permettra de faire face à hauteur de 95 % à l’ensemble des besoins contre actuellement 65 %.
Dans le souci de communiquer vrai, le ministre Mamadou Frankaly KEITA tient à souligner que pour résoudre définitivement le déficit de production en eau potable de la ville de Bamako, les investissements envisagés par le gouvernement et ses partenaires permettront d’augmenter la capacité de production de la capitale à environ 500 000 m3, à partir de Kabala, à l’horizon 2032.

Par Sidi Dao




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