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samedi 17 avril 2021
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La perfidie de l’oubli, l’imposture de la posture messianique

Un des pères de cette démocratie avait mis en garde dès l’entame contre les sauveurs suprêmes ou de guides dont fallait se méfier comme ceux que décrivent les saintes écritures : ‘’gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en habit de brebis, mais au dedans sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez’’ (Evangile selon Saint Mathieu, 7-15 à 20).
Point n’est besoin, face au drame ignoble qui se joue et à l’impuissance collective, de s’émouvoir et d’exiger comme l’éditorialiste du 22 mars 1991que laisse tomber le masque l’assassin d’enfants aux mains souillées dont le seul tort a été de croire en l’avenir radieux du Mali et… Il suffit seulement à ceux qui désespèrent, comme le conseille le poète, d’écouter et de scruter plus souvent les faits et les actes que les leaders. Alors écoutons dans le landerneau politique, pardon dans … « le Vent Le Buisson en sanglots : c’est le Souffle des ancêtres », la complainte, le cafardage et la charge de celui qui était chargé de la parole dire que ce n’est pas lui qui a mis devant sa demeure des enfants du bon Dieu comme bouclier humain, ce n’est pas lui qui a fui pour aller se cacher…
Dans son discours à la journée mondiale de la Paix en janvier 2002, l’évêque du Saint-Siège, Jean Paul II a dit que « la prétention qu’a le terrorisme d’agir au nom des pauvres est une flagrante imposture ». L’imposture devient immonde lorsqu’en démocratie des charlatans transforment leur office au service de leur ambition en tribune au nom du peuple usurpant ainsi la souveraineté de celui-ci. Qu’est-ce que le peuple pour eux ? ‘’Un âne qui se cabre’’ selon la formule de Hugo.
La situation actuelle de notre pays commande clairvoyance et exigence. Car, malgré tout, ce qu’on lui reproche le Vieux Le Pen a raison lorsqu’il dit « un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence ».
Pourquoi ne pas rendre hommage au génie de cet homme d’État, qui a été le communicateur d’un jour du Symposuim organisé par ERES en 2000 ici à Bamako ? 20 ans après, les mises en garde de Alpha Oumar KONARE garde toute leur pertinence au point de vous inviter à la cogitation et la délectation ! Relisez : « l’avancée du processus démocratique souffre aussi beaucoup des divisions des militants du mouvement démocratique. Mais, disons-le, le plus souvent, ces dissensions sont dues à des expressions d’ambitions personnelles de leaders qui croient avoir été mal payés, oui mal payés. Parce qu’il s’agit de cela pour certains pour le travail fait, pour le sacrifice consenti. D’expressions d’ambitions personnelles qui se camouflent dernière des considérations idéologiques. Ils ne croient en réalité pas à l’expression du suffrage populaire. Leur seul parcours suffit à leur présence, pour eux, au sommet. Le peuple est ingrat ou immature. Les vainqueurs en dehors d’eux ne sauraient être que des usurpateurs. Quelle prétention !
Des prétextes pour duper, pour mystifier la population, notamment les jeunes avec des réputations, des images de combattants certainement établis, devenant ou devenus pas des anciens combattants, mais des contre combattants. S’il a alors été aisé et bon de jouer aux gardiens du temple. Mais quel temple quand on n’a pas réussi l’épreuve du pouvoir ? Quand on a eu, ou quand on a eu peur de l’épreuve du pouvoir et l’épreuve de la gestion des autres, des différences, du pluralisme, des réalités, de la transparence.
Les militants de l’ombre, pour nous, sont fondamentalement les militants de la lumière. Les gardiens du temple, pour nous, sont ceux-là toujours sur la brèche, capables de critique et d’autocritique. Les gardiens du temple, pour nous, sont des combattants recyclables, se remettant toujours en cause, sans complaisance, incapables de haine et de méchanceté, tenant leur place. Toute place, à eux confiée, avec humilité, ne rejetant pas toujours la faute sur les autres. Capables d’évaluer leur parcours, leurs erreurs, leurs fautes. Les gardiens du temple autoproclamés sont les détenteurs de la vérité voguant sans principes au gré de leurs ambitions personnelles, de leurs intérêts claniques et de leur amertume. Les gardiens du temple, les vrais, assument leur rôle de responsables ou de faiseurs de responsables ; c’est-à-dire de véritables militants.
(…) Certains en appellent à des sauveurs suprêmes, à des recours, aux forces armées, oubliant que le temps des sauveurs suprêmes était révolu. Malheur aux sauveurs suprêmes !
Tous les arguments sont alors bons pour justifier les coups de force. »

PAR BERTIN DAKOUO




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