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dimanche 20 août 2017
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Performance de notre système éducatif: les 11 objectifs du Président IBK

Le président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, a présidé, hier mardi, la cérémonie de la rentrée solennelle des institutions de l’enseignement supérieur au Palais des sports, à Hamdalaye ACI 2000. IBK a exhorté les étudiants et les professeurs au travail pour gagner la bataille de la lutte pour l’excellence, dans le monde du savoir.

La rencontre a enregistré la présence du Premier ministre, Moussa MARA, et plusieurs membres de son gouvernement dont le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Me Mountaga TALL. On y notait également la présence des partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation, les représentants des représentations diplomatiques accréditées dans notre pays, le corps professoral et de nombreux étudiants des grandes écoles, des instituts et des facultés des universités de Bamako et de Ségou.

Ce rendez-vous marquant la rentrée solennelle 2014-2015 des universités publiques et privées, des grandes écoles et instituts était placé sous le thème: «Quel Enseignement supérieur pour le Mali?».

Le programme comportait l’exposé d’une leçon modèle dispensée par le Pr Samba DIALLO, recteur de l’Université des Sciences sociales et de gestion de Bamako, en lieu et place du Pr Doulaye KONATE qui n’a pu faire le déplacement pour ses raisons de santé, nous a-t-on indiqué.

Selon le ministre de l’enseignement supérieur, le sous-secteur a connu des problèmes vitaux et traverse encore de graves difficultés évoquées, sans complaisance, lors des Concertations nationales sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Mali. Ces concertations, selon le ministre, ont mis l’accent sur: l’insuffisance d’enseignants en qualité et en nombre; le faible développement de la recherche; le manque d’éthique et de déontologie; les effectifs pléthoriques; l’insuffisance d’infrastructure d’accueil; la faiblesse du pilotage et de la gouvernance…

 

Mission comprise

A ces problèmes se sont longtemps ajoutées de longues et profondes crises sociales: grèves, rétention de notes, années tronquées, perlées ou blanches…, a regretté Me TALL.

«A vrai dire, de par l’ampleur et la persistance de ces problèmes, le sous – secteur de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique a quelquefois semé le doute sur sa capacité à assumer ses missions voire sur son utilité et sa pertinence», a-t-il fait savoir.

Par rapport à la mission à lui confiée par le président de la République, à travers le département de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a commencé par la pacification de l’espace universitaire. Car, dit-il, c’est le fondement de l’édifice que nous voulons bâtir.

«A cette fin, la première action posée a été de faire de l’ensemble des acteurs de l’ESRS, une famille unie autour d’objectifs assignés par vous-même et dont dépendent dans une large mesure le devenir de la Nation. Il a fallu, à cette fin, renforcer la confiance entre l’ensemble des acteurs de l’ESRS et leur confiance en la réussite de la mission confiée. Dans cette optique toutes les Universités, Rectorats, Décanats, Grandes Ecoles, Instituts, Directions, Services rattachés  Amphithéâtres,  et même les salles de cours et de Travaux Dirigés ont été visitées. Ces déplacements ont été suivis  de discussions avec les Recteurs, doyens, Chefs de DER, personnel enseignant et chercheurs, personnel administratif, syndicats enseignants et estudiantin. Avec tous et après des débats fructueux nous avons convenu d’une responsabilité commune pour le devenir de l’ESRS. Ce dialogue social constant permet  à notre famille d’avoir l’honneur et le plaisir de se trouver devant vous, aujourd’hui, pour cette rentrée académique solennelle que nous célébrons pour la première fois sous la haute présidence du Chef de l’Etat», a-t-il expliqué.

 

Une année prometteuse!

Le ministre s’est réjoui que la rentrée académique ait démarré de manière ‘’effective’’, depuis le 1er octobre, dans la plupart de nos facultés et grandes écoles.

En démarrant la rentrée dès le 1er octobre, l’enseignement supérieur malien essaie de renouer avec la normalité, a dit Me TALL.

«Il veut avoir une année bien démarquée, comme  partout ailleurs, en semestres consacrés aux cours, en congés et vacances. Bref une année normale!», a-t-il soutenu.

Le ministre a sonné devant le président de la République, la fin des années tronquées, perlées, en accordéon, blanches…

Renforcer la confiance au sein de l’école et en l’école, c’est aussi ériger la transparence en règle absolue, selon le ministre TALL. C’est ainsi, dit-il, que l’attribution des bourses a été faite sur la base stricte du mérite avec zéro réclamation. Aucun passe-droit n’a été accordé et nul n’a été sevré d’une bourse méritée. De même, les examens et concours organisés n’ont quasiment pas été contestés et les rares réclamants ont tous été reçus et des explications claires données, a fait savoir Mountaga TALL.

L’année académique, qui commence, sera surtout la première année d’un nouveau système, d’une nouvelle configuration du paysage de l’enseignement supérieur, sous le label du renouveau, a-t-il promis.

 

Vers des pôles régionaux universitaires

Face à la demande d’enseignement supérieur, de plus en plus importante, Me TALL prône l’ouverture de nombreux chantiers universitaires. Sur la liste, il a évoqué les pôles universitaires régionaux à Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal. Il se propose même de se rendre prochainement dans certaines de ces localités pour identifier des sites.

Le ministre n’a pas manqué d’évoquer l’épineuse question  d’éthique et de déontologie au sein de nos établissements. Il promet ce déficit sera combler avec l’apport de l’ensemble des acteurs du sous-secteur.

«La majorité des acteurs de l’ESRS refuse de le considérer comme inéluctable.  Ensemble, nous avons donc convenu de le combattre et ce combat déjà engagé commence à donner des résultats, ainsi que l’atteste le bon déroulement des examens et concours de cette année. Il reste encore des poches de résistance que nous ne laisserons pas prospérer», a-t-il indiqué.

Sur la question, un Projet de texte est déjà dans le circuit d’adoption.

Le ministre de l’enseignement supérieur pense qu’il faut aussi ouvrir l’Université au monde extérieur et en particulier le secteur privé et la société civile. Quant à l’Agence Qualité de l’enseignement supérieur, il a soutenu, verra très prochainement le jour.

Sur la problématique du faible développement de la recherche, le ministre a pointé, entre autres, du doigt sur le sous-équipement des laboratoires de recherche, le vieillissement du corps des chercheurs. Mais, il a souligné, par la même occasion, la non valorisation des résultats de recherche et l’expertise des Institution d’enseignement supérieur (IES) pour le développement. Malgré ces pesanteurs, notre pays dispose de nombreux Centres d’excellence et de chercheurs de renommée internationale établie, s’est-il réjoui.

 

Carte blanche au ministre

Si des progrès quantitatifs ont été, ces dernières années, enregistrés dans le secteur de l’éducation avec des taux bruts de scolarisation de 82% pour le premier cycle de l’enseignement fondamental, 48,8% dans le second cycle, 14,8% dans l’enseignement secondaire, force est de reconnaître, le Président IBK avoue, que la qualité de l’enseignement s’est profondément dégradée.

«Depuis 15 ans, la société malienne regarde sans réagir son école s’effondrer. L’école malienne traverse une crise majeure, qui deviendra demain une crise sociale profonde si  rien n’est fait pour la conjurer», a alerté le chef de l’État.

Pour son redressement, IBK s’est fixé des objectifs: la revalorisation de la fonction enseignante, la rationalisation de la gestion administrative du personnel enseignant, la modernisation des programmes d’enseignement, le renforcement des infrastructures du réseau scolaire, le développement de l’enseignement des sciences et techniques, le développement de l’utilisation des TICE (technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement), le renforcement du partenariat avec le Secteur privé, l’amélioration de la gestion administrative de l’enseignement fondamental, le développement d’une formation professionnelle de qualité, l’autonomisation et l’efficience éducative de l’enseignement supérieur, et enfin la mise en œuvre de contrats de performance et la généralisation de l’alphabétisation des adultes.

Pour y arriver, le président a indiqué que l’action du gouvernement sera placée dans le cadre d’une vision globale. Il s’agit, selon lui, de voir l’école malienne recouvrer le plus rapidement possible les deux vocations essentielles d’un bon système éducatif: construire un bon citoyen et lui procurer une formation qui puisse lui permettre d’avoir un emploi.

Au cours de cette rentrée solennelle, le président s’est engagé à augmenter le nombre d’emplois dans l’enseignement supérieur et d’infrastructures d’accueil pour améliorer les capacités d’encadrement et l’environnement d’apprentissage.

Quant à la recherche, elle sera par ailleurs l’un des premiers secteurs auxquels seront consacrés les investissements d’avenir, a-t-il soutenu.

«J’ai demandé que soit accélérée la mise en œuvre du Fonds Compétitif pour la Recherche et l’Innovation Technologique (FCRIT). Nous avons engagé des réformes du cadre juridique et institutionnel de l’enseignement supérieur pour renforcer l’autonomie mais aussi la recevabilité des établissements d’enseignement  supérieur», a martelé le président de la République.

Par Sidi DAO

 




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