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jeudi 21 novembre 2019
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‘‘Personne n’a intérêt à détruire ce pays’’

Le Palais des sports a abrité, ce dimanche 7 avril 2019, les travaux de restitution du forum des leaders religieux et chefs coutumiers du Mali sur la paix et la sécurité, dont le lancement officiel a eu le 13 mai à Bamako. Ces journées d’échanges dont le thème central était : « défendre notre humanité, notre foi et notre vivre ensemble », se sont déroulées dans toutes régions du Mali à l’exception de Kidal.

Au terme des travaux, les conclusions et recommandations qui porteront sur les pistes de solutions pour une sortie de crise seront transmises au Chef de l’État, aux partis politiques, aux organisations de la société civile.

L’ouverture des travaux était présidée par le président du groupement des leaders spirituels musulmans du Mali (GLSM), le Chérif Ousmane Madani HAÏDARA, en président de plusieurs leaders religieux et chef coutumiers venus des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Koutiala, Mopti, Tombouctou, Ménaka et Gao.

Organisé par le groupement des leaders spirituels musulmans du Mali (GLSM), ce forum, depuis son lancement en mai 2018, avait pour objectif de promouvoir la paix et la réconciliation nationale. Dans son mot de bienvenue, le doyen Bamoussa TOURE, le représentant des familles fondatrices a salué et remercié le groupement pour cette initiative salvatrice. Selon lui, en tant que Maliens, il faut se pardonner, se donner la main pour sortir le pays de l’ornière.

Le président de la commission d’organisation, Thierno Hady THIAM, vice-président du GLSM, a souligné que les leaders religieux ne peuvent être que des artisans de la paix. D’ailleurs, a-t-il fait savoir, ça ne peut en être autrement, car l’islam condamne l’apologie de la violence et de la haine. De même, a-t-il fait savoir, cette rencontre sera une occasion de faire la synthèse de l’ensemble des recommandations faites lors de la tournée des membres du GLSM dans la toutes les régions du pays. Pour lui, l’islam recommande aux musulmans d’être de bons citoyens. Sur cette tribune, il a interpelé l’ensemble des acteurs, notamment les partis politiques, les jeunes, les organisations de la société civile. Selon lui, ce qui s’est passé à Ogossagou n’est pas le fait des Maliens, et surtout des musulmans. Selon lui, la culture d’un Malien ne le permet pas mettre le feu au grenier à plus forte raison d’égorger une vieille personne, et pire une femme enceinte.

À la suite du président de la commission, les chefs de délégation des différentes régions se sont succédé à la tribune pour apprécier cette initiative du Chérif Ousmane Madani

Le chef de la délégation de Ménaka, Bajan Ag Hamatoun, autorité coutumière de Ménaka, a rappelé à toutes les légitimités traditionnelles ; les chefs religieux, tous ceux qui assument une responsabilité que le Mali est une grande nation et ne peut se complaire dans la crise. Selon lui, le Mali est toujours resté un peuple uni pour dire ensemble non à la France au moment des indépendances. Pour lui, nous devons nous impliquer pour éviter que le désordre et l’anarchie ne règnent pas dans notre pays.

« Les chefs traditionnels doivent défendre la paix », a-t-il insisté. « Il faut que tout le monde comprenne que nous avons le devoir de défendre et de protéger notre pays. Tant que nous restons sereins et unis, Dieu va nous donner la paix », est-il convaincu.

De son côté, Abdoul Madjid NASSER, chef de la tribu des Kel Antessar a invité les Maliens à se retrouver.

« On n’a pas besoin de la violence, le pays est fragile. Personne n’a intérêt à détruire ce pays, car c’est la seule patrie que nous avons », a-t-il prévenu. Enfin, il a indiqué que l’islam demande aux fidèles de respecter leurs dirigeants.

Dans une intervention, l’imam Chouala Bayaya HAIDARA a invité les Maliens à être solidaires avec les victimes des violences. Sur place, il a promis la somme d’un million de F CFA aux victimes d’Ogossagou.

Dans son intervention, le Chérif Ousmane Madani HAÏDARA a déploré les violences communautaires au centre du pays. Selon lui, nous avons vu les cas de certains pays qui ont connu la guerre civile, notamment, l’Angola, le Rwanda et que nous devons tout faire pour que cela n’arrive pas à notre pays. « Personne ne sait jusqu’où peut aller la violence », a-t-il mis en garde. C’est raison pour laquelle, en plus des bénédictions et des prières, nous devons nous mobiliser venir au secours des populations des zones qui vivent dans l’insécurité au quotidien. Dans ces zones, nos soldats sont victimes de coups bas, les populations victimes de violence gratuite. Du haut de cette tribune, le Chérif Ousmane Madani HAÏDARA a invité le chef de l’État à ouvrir davantage la porte du dialogue et du rassemblement.

« Il faut tendre la main à toutes les forces politiques de l’opposition, de la majorité, de la société civile autour du pays ». De même, HAÏDARA associe à cet appel les anciens chefs d’État, les anciens premiers ministres à ce dialogue ainsi que toutes les personnes-ressources pour se pencher sur l’état de la nation comme l’exige l’état de la nation.

Il s’est dit convaincu que c’est à travers un dialogue ouvert que nous allons nous en sortir. Par la même occasion, il a invité l’opposition à mettre un peu d’eau dans son vin face aux menaces évidentes sur l’unité nationale.

« Si votre ambition est de diriger le Mali, je crois qu’il n’en reste beaucoup de pays qui est aujourd’hui au bord du gouffre », a-t-il dit. Car, explique-t-il, depuis quelques années, le nord et le centre échappent au contrôle de l’Etat et Bamako même est menacé.

« Aujourd’hui, nous devons faire l’union sacrée autour de la patrie en danger », a-t-il conseillé.

Par Abdoulaye OUATTARA

 




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