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mardi 17 juillet 2018
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Plan de sécurisation intégrée: la priorité au centre du Mali

71 attaques sur l’ensemble du territoire, dont un plus grand nombre au centre : 15 à Mopti, 8 à Gao, 7 à Ségou, 4 à Tombouctou, 2 à Koulikoro et enfin 1 à Ménaka. C’est du moins, le bilan dressé par le secrétaire général de l’ONU dans son dernier rapport sur la situation de notre pays.
Au fait, si l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale apporte des éléments de réponse à la crise sécuritaire qui a éclaté au nord de notre pays en 2012, au Centre où se propagent l’insécurité résiduelle et la psychose djihadiste, les autorités s’attèlent à l’élaboration d’un Plan de sécurisation intégrée des régions du centre (PSIRC).

L’insécurité au centre constitue de nos jours une sorte d’épée de Damoclès sur la tête des autorités et populations maliennes. Pour preuve : une des dernières attaques en date, perpétrée le mardi 9 janvier 2018 contre les FAMAS ayant fait un mort et des blessés dans leurs rangs, donne à réfléchir sur le niveau d’encrage et la détermination de ces obscurantistes.
Le centre du Mali, caractérisé par les activités d’élevage, de pêche et de l’agriculture, ne cesse de se rétrécir. En cause, la prolifération des attaques et menaces djihadistes dans cette partie du pays sous la coupe réglée du prêcheur djihadiste Amadou Kouffa et ses hommes. Pis, les écoles se ferment et se rouvrent, les convois militaires et civils sont attaqués, les habitants pris de panique ne savent plus où mettre de la tête. Cela au moment où le pays est à moins de 7 mois des échéances électorales générales de 2018 (présidentielle et les législatives). Lesquelles devant d’ailleurs être précédées des communales partielles et régionales.
En tout cas, tout porte à croire que ces sans foi ni loi, qui gagnent du terrain, ont des complicités très étroites avec certaines communautés au sein desquelles ils arrivent à se fondre plus facilement.
Si le prétexte de l’immensité de notre territoire reste le plus souvent évoqué par les stratèges, il n’en demeure pas moins que ces djihadistes sont des malfaiteurs qui ont besoin des autres pour survivre suite à leurs différents retranchements.

Enjeux d’une crise
C’est ainsi que mardi dernier encore, ils sont arrivés à frapper au cœur de notre vaillante armée, dans le cercle de Djenné. En effet, le 9 janvier dernier aux environs de 18 heures, entre les villages de Diabolo et Soala, à 7 km de la ville de Djenné, une équipe de la Garde nationale en patrouille dans la zone a été la victime d’une attaque par des hommes armés non identifiés. Les affrontements, rapporte-t-on, ont eu lieu sur le site du barrage de Djenné. Les assaillants seraient liés au prédicateur Amadou Koufa qui enregistrerait des disciples et adeptes dans le cercle pour y avoir fréquenté l’école coranique. Venus très nombreux à motos, les assaillants ont ouvert le feu sur la patrouille de la Garde nationale au niveau du site du barrage de Djenné.
De source locale, indique-t-on, nos vaillants soldats ont énergiquement riposté tuant plusieurs assaillants et blessant d’autres. Cependant, révèlent les mêmes sources, les djihadistes ont eu le temps d’exfiltrer leurs morts et blessés.
Aussi, précise-t-on, dans les échanges de tirs, un élément de la sécurité nationale, à savoir le chauffeur du pick-up, a été tué. Par ailleurs, 5 autres gardes ont été blessés et le pick-up brûlé par les assaillants.
Il faut dire que cette zone reste particulièrement convoitée par les djihadistes qui s’y font fréquemment signaler aux populations, à travers des attaques et intimidations, notamment la fermeture des écoles, l’obligation du port du voile, l’interdiction de certaines activités, etc.
Au cours d’une mission de la Division des Droits de l’Homme et de la Protection (DDHP) de la MINUSMA menée le 9 janvier dernier dans le cercle de Djenné, tous les acteurs rencontrés ont relevé la situation sécuritaire préoccupante qui règne, notamment avec la recrudescence des attaques commises par les groupes terroristes actifs dans la région, des cas récents de flagellations ayant même été répertoriés dans certaines localités. Ces cas d’intimidations, de tortures et d’autres formes de violences comportent des violations directes, des droits de l’homme et portent atteinte au droit à la sécurité de la population, de Djenné et limitent leurs libertés fondamentales.
Durant cette visite, la jeunesse a été un interlocuteur privilégié pour les experts des droits de l’homme de la MINUSMA, en particulier pour les sensibiliser à la radicalisation et à l’extrémisme violent. En effet, les activités économiques de la région étant au ralenti, depuis le début de la crise et la plupart des écoles étant fermées, les jeunes de Djenné sont privés d’éducation, mais aussi de sources de revenus, selon les personnes rencontrées. Même l’agriculture et l’élevage semblent des activités compromises.
« Aujourd’hui, nous avons peur de nous rendre dans les champs, car nous y risquons notre vie, il n’y a pas de sécurité », raconte un participant à la réunion à la Maison des Jeunes de Djenné.
Au regard de la gravité de la situation sécuritaire au Mali, et au centre en particulier, le Président IBK a instruit au gouvernement SBM d’agir très afin que les populations retrouvent très rapidement la quiétude et les enfants reprennent dans le meilleur délai le chemin de l’école.

Un gouvernement conscient
Pour preuve, la lutte contre l’insécurité grandissante au centre du Mali fait partie des priorités, se déclinant en 4 missions principales, assignées au gouvernement SBM. Il s’agira alors pour ce dernier de poursuivre et à intensifier la mise en œuvre de la Loi d’Orientation et de Programmation militaire (LOPM) et de la Loi d’Orientation et de Programmation sécuritaire (LOPS) ; d’accélérer sans délai l’opérationnalisation effective du Plan de Sécurisation Intégrée des Régions du Centre (PSIRC) et de garantir le retour de la quiétude dans cette partie du pays afin de permettre le retour effectif de l’administration, permettre aux enfants de se rendre à l’école en toute quiétude et aux populations de vaquer avec sérénité à leurs occupations.
Dans ce cadre, la Lutte contre le terrorisme et l’insécurité passe par une montée en puissance et en efficacité de nos forces armées et de sécurité.
Autres directrices édictées par le Président IBK au gouvernement pour le retour de la paix et la sécurité sont relatives à l’instauration d’un dialogue politique inclusif sur la situation sécuritaire dans le centre du pays, sans délai.

Le PSIRC pour imposer la quiétude
Pour concrétiser cette volonté politique du Président IBK pour le retour de la sécurité, une réunion de haut niveau, consacrée à la situation sécuritaire au centre du Mali, s’est tenu, le mardi 9 janvier dernier, autour du nouveau Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA. Cette rencontre a enregistré la participation de plus d’une vingtaine de membres du gouvernement, du chef d’état-major général des armées.
A travers la présente rencontre, le nouveau chef du gouvernement entend concrétiser les orientations du Président IBK, à lui notifiées lors du Conseil des ministres du 30 décembre dernier.
En effet, aux termes de cette rencontre, le gouvernement s’engage à déployer tous les moyens nécessaires pour rétablir la sécurité dans les régions de Mopti et Ségou où les groupes terroristes sévissent régulièrement contre les paisibles populations, les FAMAS et les forces étrangères.
De sources proches de la rencontre, le chef du gouvernement a d’ores et déjà instruit aux ministres en charge de la Défense ainsi que celui chargé de la sécurité, la mise en œuvre rapide du plan intégré de défense des régions du centre afin de redonner espoir aux populations confrontées quotidiennement aux affres du terrorisme et du banditisme armé.
De même, le chef de l’exécutif a engagé ses plus proches collaborateurs à accélérer, sans délai, l’opérationnalisation effective du Plan de sécurisation intégrée des régions du Centre (PSIRC). Ce, d’autant plus que les conditions de sécurité restent extrêmement préoccupantes dans cette partie du pays, en particulier dans les Régions de Mopti et de Ségou, où il y a eu davantage d’actes terroristes ou liés au terrorisme que dans l’ensemble des cinq régions du nord de notre pays.
Il faut noter que la plupart des attaques est revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, et d’autres sont peut-être le fait de groupuscules liés à l’État islamique du Grand Sahara.

Par Sidi Dao




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