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mardi 21 novembre 2017
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Plateforme anti référendum: déja la fissure ?

Ils se sont mobilisés, en grand nombre, à la Place de la Liberté, pour marcher, le 17 juin dernier, contre le référendum initié par les autorités nationales. Le mardi 27 juin dernier, soit 10 jours plus tard, ils n’étaient que quelques dizaines à la Pyramide du souvenir, au cours d’une assemblée générale, pour décider de la nouvelle conduite à tenir contre le projet gouvernemental. Déjà, des discordances étaient perceptibles quant à l’orientation du combat à mener.

Malgré la mesure de report à une date ultérieure du référendum initialement prévu pour le 9 juillet prochain, la Plateforme anti-référendum, qui avait réussi une mobilisation impressionnante, le 17 juin dernier, entend maintenir la pression. Elle demande désormais le retrait pur et simple du texte en échange de l’arrêt de ses manifestations. Pour maintenir la pression sur le gouvernement, la Plateforme ‘’An tè a banna. Touche pas à ma Constitution’’ avait projeté une nouvelle marche le 1er juillet prochain à Bamako et dans toutes les régions du pays. La même mobilisation était prévue dans certains pays à l’étranger.
Mais depuis le mardi dernier, il y a une modification dans cet agenda. Au lieu d’une marche, c’est désormais un meeting et uniquement à Bamako. Les manifestations dans les régions et à l’étranger ont été effacées du chronogramme. Pourquoi ? Un certain signe d’essoufflement se fait sentir certainement dans les rangs de « Antè A Bana ». Aussi, une masse critique des marcheurs qui se sont fait avoir parce que ne connaissant pas véritablement le sens de la mobilisation et même ignorant le contenu du texte proposé au vote du peuple souverain, ne semble plus prête à tomber dans le même travers de l’Opposition.
Pire, au sein du groupe qui se compose d’hommes politiques et de responsables d’associations de la société civile, notamment de jeunes, l’on ne semble plus raisonner de la même manière quant à l’orientation à donner au mouvement.
La frange jeune de la société civile estime que sa mobilisation et son combat doivent être menés contre la classe politique dans son ensemble qui a montré ses limites, depuis l’avènement de la démocratie dans notre pays.
À l’opposé, la composante politique du mouvement, qui voit dans cette position une menace, n’entend pas se lasser faire. Elle n’a pas tardé à réagir en faisant comprendre aux jeunes que sans elle, il n’y aurait pas de coordination, ni financement du mouvement, donc point de mobilisation.
Cette réflexion d’un participant à la rencontre du mardi dernier à la Pyramide du souvenir illustre bien ce micmac qui gagne le mouvement « An tè A bana » : « Si la plateforme « Antè a bana ne s’assume pas face à son calendrier et son objectif pour faire plier vite ce régime, nous lançons une nouvelle plateforme. On en a marre des reports et changements de calendrier ».
Dans le camp de la plateforme dénommée ‘’Touche pas à ma Constitution’’, ces jeunes ne veulent pas laisser les premières places aux vieux briscards de la politique.
« Nous ne voulons pas des politiques devant, parce que nous avons compris depuis très longtemps qu’ils ont toujours des agendas cachés », a expliqué à RFI Amara Sidibé du mouvement « Trop c’est trop ».
Mohamed Youssouf Bathily du Collectif pour la Défense de la République de renchérir : « Il s’agit démocratiquement de ne plus laisser le monopole des affaires à une élite. La classe politique traditionnelle, à la limite, a échoué et à l’heure du bilan il y a encore beaucoup d’attentes qui restent non satisfaites ».
Le gouvernement a annoncé le 21 juin dernier le report du référendum sur la Constitution à une date ultérieure non officiellement précisée. Il ne s’agit pas, selon le Président IBK, d’un renoncement au projet, mais pour des raisons judiciaires : « la décision de report est d’ordre judiciaire. Saisi par l’Opposition malienne qui savait avoir ce recours sans qu’il soit besoin de prendre la rue, de donner la tribune à des gens qui n’ont absolument aucune espèce de respect de quoi que ce soit. Ce recours était ouvert et c’était su et il n’a pas été tenté en vain. La Cour constitutionnelle, dans son rôle, a estimé devoir examiner ce recours et pour ce faire, elle a besoin de temps, pour plus de rigueur. Elle a donc estimé devoir nous saisir aux fins de report au 23 juillet ou au 30 juillet, le temps qu’elle examine ce recours-là et qu’elle opine sur le droit absolu. Mais entre-temps, qu’on ne trompe pas le peuple malien. Ce n’est pas l’affaire d’IBK. Non ! C’est l’affaire du Mali, c’est l’affaire de la paix au Mali ».

Par Sidi DAO




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