Polémique sur les autorités intérimaires: la CMA se défend et accuse…

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Les responsables de la Coordination des mouvements armés (CMA) ont animé, hier, mardi 18 octobre, une conférence de presse, à l’hôtel Al Farouk, pour apporter des précisions sur le décret pris en conseil des ministres sur la mise en place des autorités intérimaires, mais aussi pour se démarquer de la position de la CPA et de la CMFPR II qui rejettent ledit décret.

Le principal conférencier était le président du comité de suivi de l’accord de la CMA, Sidi Brahim Ould SIDATT, en présence de plusieurs membres de la Coordination.
Après avoir salué l’avancée récente dans l’application de l’accord de paix et de réconciliation, à travers un décret pris en conseil des ministres, le vendredi dernier, Sidi Brahim Ould SIDATT est bien formel sur le fait que le décret sur la concrétisation de la mise en place des autorités intérimaires est une avancée notable du processus de paix.
Le conférencier a également félicité le gouverneur de Kidal et les autorités du pays pour les efforts consentis dans le cadre de l’ouverture des classes à Kidal.

Les remarques de la CMA
Selon les responsables de la CMA, dans certaines régions, comme Ménaka, Kidal, Taoudéni et Tombouctou, le décret pris par le gouvernement est en porte en faux avec l’Entente qui a été signée le 19 mai dernier.
M. SIDATT a expliqué que l’Entente précise que la taille de l’autorité intérimaire, au niveau régional et du cercle, est égale au conseil qu’elle remplace. Or, souligne-t-il, pour la région de Tombouctou, il y a 12 conseillers régionaux. De ce fait, estime-t-il, la taille de l’autorité régionale dans cette localité doit être également de 12 conseillers.
« À Tombouctou, au lieu de 12 conseillers, le gouvernement a mis 13 ; au niveau de Kidal, au lieu de 11, il a mis 13 ; à Ménaka, qui a été déterminante pour l’Entente, au lieu de 15, le gouvernement y a décidé de porter le nombre à 17 », a martelé le conférencier qui en a profité pour demander aux pouvoirs publics de revoir le décret afin qu’il soit conforme à l’esprit du texte de l’Entente.
« La CMA, dans le souci de donner une chance à la mise en œuvre de l’accord, avait accepté au sein de sa délégation au comité de suivi de l’accord des individus en vue de prendre part aux travaux des sous-comités et du CSA. Ces individus n’ont jamais signé une entente d’appartenance à la CMA et encore moins qu’ils soient mandatés par celle-ci afin de parler en son nom et/ou la représenter à quel que niveau que ce soit », a expliqué le conférencier qui s’est fait plus tranchant sur le rapport de force au sein de la CMA. À ce sujet, il dira ceci : « En dehors des Mouvements membres (MNLA, HCUA, MAA) et des personnes, dument mandatées, aucune déclaration ou communication, concernant la mise en œuvre de l’accord ou des questions y afférentes, n’engage la CMA ».
C’est bien pour pourquoi, a-t-il averti, la CMA condamne les « déclarations intempestives et infondées faites en son nom par des individus qui ne sont pas membre de la CMA ». Comme quoi la clarification s’impose à la CMA au sujet du décret du gouvernement sur la mise en œuvre des autorités intérimaires.

PAR MODIBO KONE

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