Politique de gratuité des soins de santé au Mali: la CAD Mali plaide pour la référence évacuation

La Coalition des alternatives africaines, dette et développent (CAD-Mali) a animé, mercredi dans l’après midi, à son siège à Djélibougou, une conférence de presse sur les problèmes liés à l’effectivité de la politique de gratuité de certains soins, prônée par les plus hautes autorités de notre pays.

Une occasion mise à profit par les responsables de l’organisation d’exprimer leurs préoccupations vis-à-vis de la légèreté des pouvoirs publics, en matière de mesures de lutte contre la maladie à virus Ebola.

La conférence était principalement animée par le directeur exécutif de la CAD-Mali, Souleymane DEMBELE, Fousseyny TRAORE,  responsable du plaidoyer et la représentante de l’ONG Diakonia.

Selon Fousseyny TRAORE, plusieurs engagements pris par l’Etat en faveur de nos populations ne sont pas exécutés à hauteur de souhait. Parmi ces mesures figure la gratuité de certains soins de santé (césariennes, paludisme chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans).

«La mesure de gratuité des soins de santé pour certaines couches sociales doit être plus effective, si l’on veut préserver la cohésion sociale au mieux, dans notre pays», a expliqué M. TRAORE.

C’est dans ce contexte, soutient-il, que la conduite du contrôle citoyen de l’action publique de la CAD a permis, entre autres, à mettre à la disposition des Organisations de la société civile (OSC) des outils de suivi et de gratuité des soins de santé ; de faciliter la mise en route, dans le district sanitaire de Ouélessebougou, d’une nouvelle formule de financement des soins de santé dits gratuits, dénommée «la référence évacuation des femmes en besoin de césarienne ».

Dans cette démarche, préconisée par la CAD, les communes et les communautés jouent un rôle déterminant dans ce volet référence-évacuation santé, avec le risque cependant, d’accroitre le niveau de financement de la prise en charge de la santé par les ménages qui y assument déjà 71% des dépenses de santé, a ajouté le conférencier.

Pour Souleymane DEMBELE, la politique de la gratuité des soins de santé est handicapée surtout par l’insuffisance du niveau de ravitaillement des structures, concernées en intrants ; la confusion dans les rôles entre les acteurs, etc.

C’est pourquoi, la CAD Mali  œuvre dans le district sanitaire de Ouélessebougou pour rendre fonctionnels les comités paritaires de santé et relever le niveau des débats sur la question du ravitaillement suffisant en intrants, cela à travers l’analyse des responsabilités, la mise en cause des statistiques de population à la base, la dotation en kits de soins), a-t-il expliqué.

Car, révèle-t-il, certains CSCOM finissent leur dotation d’un an au bout d’un mois.

Aussi, la CAD Mali veut-elle, mettre en lumière les limites de fond et de la forme des messages véhiculés par le gouvernement sur ces politiques. Car,  constate-t-on, ce qui est annoncé et ce qui est offert dans certains Centres de santé ne sont pas conformes. Toute chose qui est à la base de nombreux conflits entre patients et personnels de santé, a regretté M. DEMBELE.

Selon les responsables de la CAD Mali, il y a lieu de se rendre compte que la gratuité de la césarienne ne serait effective que lorsque l’évacuation des femmes enceintes des centres de santé de leurs villages vers d’autres d’échelon supérieur.

Et la prise en compte des pathologies post-opératoires pour ces cas de césariennes devient une réalité.

D’autres difficultés, liées à l’effectivité de la césarienne, sont relatives, à son avis, surtout au non remboursement à souhait par l’Etat des préfinancements en kits effectués par les centres de santé, la faible application des articles 10 et 11 de la loi hospitalière de 2002.

Sur l’ensemble de ces défis qui entravent la non effectivité de la gratuité des soins de santé, la CAD-Mali et ses partenaires, ainsi que d’autres acteurs engagés envisagent d’interpeler le gouvernement à trouver des solutions au bénéfice des populations cibles ;  à encourager le gouvernement et le Parlement à effectuer un audit de l’évaluation publique des processus et des impacts de ces politiques de gratuités ;  travailler à la mise en place d’une coordination spécifique des fonds et intrants alloués aux politiques de gratuité des soins de santé ;  et amener le gouvernement à prioriser le financement desdites politiques par des ressources propres de l’Etat et de collectivités territoriales, tel que mentionné dans le PRODESS III.

Enfin, la CAD Mali interpelle le gouvernement et les services de santé de notre pays sur la nécessité d’actions vigoureuses et responsables face à la menace de la maladie à virus Ebola.

Par Sidi DAO

 

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