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jeudi 26 avril 2018
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Pollution des eaux de surface au Mali: le PCA-GIRE à la recherche de solutions

Face à la gravité de la pollution des cours d’eau au Mali, le Programme conjoint d’appui à la gestion intégrée des ressources en eau (PCA-GIRE), en partenariat avec les Ambassades des Pays-Bas et de la Suède au Mali, a organisé, hier jeudi, à l’hôtel Maeva de Bamako, un atelier sur la qualité de l’eau de surface au Mali.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier était présidée par Amadou DIALLO, conseiller technique au ministère de l’Énergie et de l’eau, en présence de l’Ambassadeur des Pays-Bas dans notre pays, Yolke OPPEWAL ; la coordinatrice du PCA-GIRE, Mme CISSE Youma COULIBALY. On y notait également la présence des directeurs régionaux de l’Hydraulique et responsables des Laboratoires d’eau de Bamako, Kayes, Ségou, Sikasso, Mopti ; une délégation venue de la Guinée Conakry ainsi que d’autres organisations nationales et internationales impliquées dans la gestion de l’eau.
Le diplomate néerlandais s’est réjoui de voir l’ensemble des acteurs mobilisés autour des enjeux de cette question aussi délicate que la qualité de l’eau de surface. Les acteurs, selon lui, au cours de cette rencontre, doivent mener la réflexion sur le problème de pollution, les solutions à apporter, ainsi que les synergies à développer entre eux pour le suivi de la qualité de l’eau.
Selon lui, il est établi qu’au Mali comme dans d’autres pays du sahel, les civilisations se sont bâtis le long des cours d’eau et avec elle la vie économique par l’exploitation des ressources en eau et connexes.
L’ambassadeur a tenu à partager cette pensée : « De la source à l’embouchure, l’eau n’est plus la même ; elle se charge de tout ce qu’elle charrie ; ses caractéristiques biochimiques, voire sa couleur changent ; elle devient la résultante de tout ce qu’on a ou l’on s’y est retenu de jeter ».
Pour lui, aujourd’hui plus que jamais, il est urgent d’agir. D’ailleurs, c’est pourquoi son pays s’est engagé aux côtés du gouvernement du Mali, depuis plusieurs années, pour développer avec la Suède, le Programme conjoint d’appui à la gestion intégrée des ressources en eau (PCA-GIRE), qui est une approche holistique de gestion durable des eaux à l’échelle des bassins versants.
Le second programme, intitulé BAM GIRE, a-t-il révélé, est en cours sous l’implémentation de Wetland International. Par ailleurs, est persuadé M OPPEWAL, les actions conduites par l’ABN et AKVO permettront de suivre la qualité de l’eau de surface à Bamako par l’utilisation de smartphones et des drones sous-marins.
En conclusion, l’ambassadeur néerlandais a réitéré sa disponibilité à poursuivre efficacement avec l’ensemble des acteurs le combat pour adresser les défis et priorités nationales pour répondre aux besoins pressants des populations à la base en matière de gestion intégrée des ressources en eau et la sécurité alimentaire en lien avec l’accès à la santé en général.
Quant au président de séance, il a rappelé que le constat qui s’impose est que les principaux cours d’eau et leurs affluents, malgré leur pouvoir auto-épurateur lié à l’hydraulicité, sont de plus en plus soumis à diverses sources de pression exacerbant le phénomène de pollution des eaux de surface. Il s’agit entre autres des déchets organiques humains et animaux, eaux usées domestiques, d’activités artisanales (teinturerie, tannage) des abattoirs, des dragues ; des engrais organiques et chimiques et des produits phytosanitaires ; des rejets ou effluents industriels souvent non contrôlés au niveau des centres urbains.
En 2017, a rappelé M DIALLO, dans le cadre du suivi programmé par le Laboratoire national des eaux, la direction nationale de l’Hydraulique et Wetland International, deux campagnes de prélèvement et d’analyse d’échantillons d’eau de surface ont été effectuées pendant les périodes d’étiage et de crue.
Selon Amadou DIALLO, au total, un réseau constitué de 78 points de prélèvements d’eau a été constitué sur toute l’étendue du territoire. Cela a permis de disposer des résultats sur l’état de la qualité de l’eau de surface au Mali et aussi d’avoir une bonne connaissance des points vulnérables.
La rencontre du jour, qui s’inscrit dans le cadre du partage des résultats obtenus, permettra d’échanger sur les principes d’un réseau de prélèvements d’eau ; de présenter de façon détaillée la méthode adoptée ; de partager et de discuter les résultats des analyses sur la qualité de l’eau ; d’identifier les différentes stratégies pour réduire la pollution en particulier celle des grands pollueurs.

Par Sékou CAMARA




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