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samedi 21 mai 2022
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Pourparlers d’Alger: la menace Boko Haram plane sur les débats

Le caractère d’urgence qui prévaut sur la nécessité d’un Mali stable a été largement ressenti, à Alger, à l’ouverture du 5e round du dialogue inclusif inter malien, présidé par le chef de file de la médiation, Ramtane Lamamra. C’est dans ce sens que le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye DIOP, a beaucoup insisté sur la nécessité d’aboutir à un accord de paix définitif au Mali. De la conviction du chef de la délégation gouvernementale, la menace terroriste qui pèse sur l’Afrique atteste d’une telle nécessité.

Cet appel du négociateur en chef de l’équipe gouvernementale se justifie par la situation de blocage qui persiste dans la conclusion d’un tel accord à cause de la mauvaise foi maintes fois manifestée par les groupes séparatistes et leurs alliés qui jouent au dilatoire au lieu de s’engager véritablement dans les négociations sur les questions de fond.
Or, après le quatrième round de pourparlers sous l’égide de l’équipe de la médiation et après avoir dépassé le stade des préalables, il faut aller carrément vers un accord de paix global et définitif. Cela, d’autant plus que les tensions et les suspicions, qui peuvent encore persister, ne doivent en aucun cas influer sur l’aboutissement du processus d’Alger. Voilà pourquoi le représentant de la Cédéao, à l’ouverture des travaux, a rappelé : «L’accord pour lequel nous sommes ici n’est pas une solution en soi, mais pour aboutir à une solution, il nous faut cet accord.» L’urgence d’aboutir à un résultat est aussi ressentie dans le discours du représentant de l’UE : «Il y a une volonté commune, beaucoup d’idées ont été exprimées, maintenant il faut concrétiser. Il ne faut pas chercher la perfection. Un texte existe, il ne faut pas chercher sans cesse à le raffiner.»
Pourquoi cette urgence ? Les représentants du Tchad, du Nigeria apportent à leur tour la réponse : «Face à la menace du bandit de grand chemin Boko Haram, l’Afrique, mais aussi la communauté internationale ont tous besoin d’un Mali stable où règne une paix durable.»
Les différentes parties du conflit malien n’ont pas d’ailleurs manqué de manifester leur volonté. D’abord, le chef de la délégation du gouvernement qui a indiqué que le document n’est certes pas parfait, mais qu’il constitue une base solide pour aller vers un accord de paix, quitte à le parfaire plus tard. Et d’ajouter qu’au regard du retour en force des terroristes sur le territoire national, de l’hybridation des acteurs du crime organisé, de la multiplication des agressions contre les Forces nationales et internationales, il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour contrer cette menace qui vise à anéantir notre Nation et tout le Sahel.
Pour le chef de la diplomatie, les parties maliennes ont, aujourd’hui, l’obligation de parvenir à la paix, par une prise de conscience collective et la sauvegarde de nos valeurs fondamentales communes qui ont permis des siècles durant à nos populations de vivre en harmonie avec nos croyances et nos convictions, et ce, dans le respect de la dignité humaine.
« Nous devrions éviter de devoir léguer aux générations futures un lourd héritage de souffrances qui serait la preuve accablante de notre incapacité à maitriser et à résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés », a-t-il conseillé à ses frères et sœurs des mouvements armés à qui, il a tendu la main pour parvenir à la paix.
Une chose est sure : le gouvernement, selon son négociateur en chef entame ce nouveau round plus que jamais confiant et déterminé à apporter aux étapes à venir une contribution décisive dans l’intérêt de toutes les communautés du pays.
« Le Gouvernement du Mali s’y est déjà préparé. Il poursuivra avec ardeur son élan et l’amplifiera dans la vision du Président de tous les Maliens, Ibrahim Boubacar KEITA, dont la dédicace pour la paix n’a d’égale que sa détermination à défendre l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali », a-t-il conclu.
Par Mohamed D. DIAWARA




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