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samedi 22 juillet 2017
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Pourparlers inclusifs d’Alger: la jeunesse malienne fait entendre sa voix !

La plateforme des jeunes du Mali « Anw tè son», le creuset de toutes les sensibilités de la jeunesse de la majorité présidentielle, de l’opposition et de la société civile, a organisé, samedi et dimanche dernier, les journées de réflexion sur la contribution aux pourparlers inclusifs d’Alger. Objectif affiché: fédérer les visions et les solutions des jeunes du Mali en apportant des éléments susceptibles de mieux accompagner les négociateurs et l’équipe de médiation, tout en garantissant une acceptation par tous des futurs accords.

A la recherche de solutions à la crise sécuritaire que traverse notre pays, depuis les événements de mars 2012, plusieurs résolutions et déclarations furent prises par l’ONU, des décisions pertinentes ont été également prises par l’Union Africaine, la CEDEAO et l’OCI. Une feuille de route des négociations dans le cadre du processus d’Alger a été signée, le 24 juillet, consacrant ainsi le démarrage des négociations à Alger.

Un Mali laïc et indivisible

Les parties intervenues dans la crise du Mali ont tous réitéré leur respect à l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la forme républicaine et à la laïcité du Mali et ont réaffirmé leur engagement pour un règlement pacifique du conflit.

La plateforme des jeunes du Mali «Anw Tè Son», en tant que force fédératrice des différentes organisations de jeunes et de toutes les forces vives de la jeunesse, avaient, le 26 octobre 2014, signifié à l’opinion nationale et internationale sa volonté d’appartenir à un pays laïc, un et indivisible.

Aujourd’hui, elle consacre toutes ses forces à la gestion de la crise au nord du Mali, en s’engageant dans une démarche résolument participative pour un avenir de paix pour tous les Maliens.

Dans le cadre du processus des négociations et à la fin de la troisième phase des pourparlers d’Alger, la médiation a proposé aux différentes parties un document intitulé «les éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali «.

Pour sa part, la plateforme des jeunes «Anw tè son», est décidée à rester mobiliser pour servir d’aiguillon à toute dynamique salvatrice pour le Mali.

Car, pour ces jeunes, il n’est pas normal, à cette période de la crise, au moment où la famille a des problèmes, au moment où la nation a besoin de tous ses fils et filles, de se marginaliser, se mettre à l’écart de l’avenir du pays qui se joue actuellement à Alger ou de tomber dans des calculs politiciens.

Comme l’a dit l’autre: « Quand la famille brûle, on ne s’occupe pas de l’écurie ».

La jeunesse malienne semble bien comprendre cela, à  travers cet adage.  Appartenant aussi bien à la majorité présidentielle, à l’opposition qu’à la société civile, toutes ont décidé de conjuguer leurs efforts afin que la voix de la couche juvénile, avenir du présent et du futur du pays, soit perçue, entendue et vue à Alger.

Voix et voie des jeunes du Mali

Ce faisant, unis comme un seul homme, les jeunes du Mali ont décidé de poursuivre leurs efforts en respectant le quatrième couplé de l’Hymne national: «La voie est dure, très dure, Qui mène au bonheur commun. Courage et dévouement ! Vigilance à tout moment ! Vérité des temps anciens, Vérité de tous les jours. Le bonheur par le labeur, Fera le Mali de demain».

Ainsi, fort d’une analyse pertinente de la situation et des préoccupations émises par nombre d’acteurs, et après une large concertation avec ses membres, ses différentes commissions de travail, la plateforme a organisé les présentes journées de réflexion sur le document de la médiation intitulé «les éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali «.

L’objectif, selon ses initiateurs, est de construire une vision commune et largement partagée avec l’ensemble des jeunes sur le document en vue de contribuer à une gestion durable de la crise.

Il s’agissait, spécifiquement pour les jeunes du Mali, de s’approprier du document de la médiation ; de contribuer à améliorer la lisibilité de certains points y afférents; de mieux prendre en compte des intérêts spécifiques de la jeunesse.

Durant ces deux journées de réflexion, les travaux se sont déroulés de façon à libérer l’expression de différents groupes sur la question des éléments de l’accord et aboutir conséquemment à des propositions. Ceci, à travers la mise en place de quatre commissions thématiques (Questions politiques et institutionnelles ; Défense et sécurité ; Développement économique social et culturel ; Réconciliation, Justice et questions humanitaires) qui se sont planchées sur le document.

Devoir de génération

En ouvrant les travaux, l’honorable Moussa TIMBINE a rappelé la portée historique de l’événement qui n’est autre, selon lui, qu’un devoir de génération, un exercice de gratitude envers la Nation qui a vu naitre et qui a tout donné à chacun collectivement et individuellement.

« Ces journées de réflexion sont donc un acte de solidarité de la jeunesse du Mali envers notre pays et envers tous ceux qui ont souffert et qui continuent de souffrir de cette crise qui n’aurait jamais dû naitre sans l’égarement de certains d’entre nous », a-t-il indiqué.

En exprimant sa gratitude à la Communauté Internationale pour ce qu’elle continue de faire en faveur de notre pays et pour la dignité de notre peuple, l’élu de la Nation a souligné que la jeunesse du Mali reconnait, certes, en ce document un grand effort fourni, pour apporter la paix et la stabilité à notre pays, mais que son diagnostic plus approfondi s’impose à elle pour contribuer à prendre en compte toutes les aspirations du peuple malien qui demeure plus que jamais mobilisé et vigilant quant à son avenir politique qu’il veut juste équitable et profitable de façon égalitaire à tous les fils du pays.

Cet exercice, insiste-t-il,  ne remet nullement en cause la bonne foi des amis du Mali qui l’ont rédigé. Bien au contraire, il les aide à mieux nous aider en faisant de nos réalités un tableau de bord incontournable et inaliénable du processus de négociation.

« Nous sommes donc dans notre rôle, étant ceux-là au nom desquels cet Accord sera signé », a déclaré le président des jeunes du parti présidentiel pour qui, il s’agit de s’assurer de l’applicabilité des futurs accords et de leur conformité à notre ardent désir d’unité, de fraternité et de paix pour tous et pour chacun.

Tous des Maliens

En décidant de de contribuer comme cela se doit à mieux éclairer les négociateurs sur le soutien et l’accompagnement de la jeunesse malienne à leurs efforts louables et salutaires, l’honorable TIMBINE a tenu à rassurer : « Et il n’y a nulle part, sur notre territoire, des Maliens ennemis à d’autres Maliens. Nos incompréhensions sont parfois dues à la configuration de notre instrument de Gouvernance, mais jamais à des adversités ou à des ressentiments innés entre nos communautés ». Avant de rappeler à juste titre la composition de la Plateforme « Anw tè Son », qui  en est une très belle illustration, où Kidal s’adosse à Kayes, Tombouctou à Ségou, Sikasso à Gao, Mopti à Koulikoro et, où Bamako tend la main à la diaspora. Comme pour dire, il n’y a pas de haine au Mali, mais l’amour, de l’hospitalité, et la solidarité entre les Maliens.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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