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jeudi 3 décembre 2020
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Pratique de l’esclavage moderne au Mali: concepts et cadres juridiques

dans le cadre de leur collaboration, Studio Tamani et l’Ambassade du Royaume Uni ont initié un atelier de formation sur l’esclavage moderne au Mali. Cet atelier de trois jours a été organisé pour renforcer les connaissances des journalistes et correspondants de studio Tamani sur cette pratique qui est une réalité dans notre pays.

La cérémonie d’ouverture a eu lieu, hier lundi 10 février, à la Maison de la presse, en présence de Martin FAYE, directeur de Studio Tamani ; Me Kadidia TRAORE DOUCOURE de la CNDH, Mme Jenny JONES de l’ambassade du Royaume uni…

Cette formation est axée sur les connaissances de base sur les concepts et cadres juridiques relatifs à l’esclavage moderne. Durant trois jours, les experts vont entretenir les journalistes et correspondants de Studio Tamani sur la réalité quotidienne de l’exploitation des enfants, l’exploitation des adultes et les différentes réalités des groupes socio-culturels au Mali.

La formation a pour objectif de sensibiliser les journalistes de Studio Tamani sur les différentes formes d’esclavage moderne au Mali et la manière de traiter ces thématiques dans le respect des personnes concernées. De même, il s’agira de fournir aux journalistes et correspondants les connaissances de base leur permettant d’avoir un esprit critique sur les concepts et cadres juridiques relatifs à l’esclavage moderne, mais également des informations factuelles sur les réalités quotidiennes de l’exploitation des enfants, l’exploitation des adultes et les différentes réalités des groupes socio-culturels présents au Mali. Les journalistes devront mettre en pratique ces initiatives à travers la réalisation de magazines pour la rédaction.

Dans ses mots introductifs, le directeur de Studio Tamani, Martin Faye,  a rappelé qu’il s’agit de développer une campagne de masse pour sensibiliser les Maliens sur les questions liées à l’esclavage familiale. Selon lui, cette campagne a été lancée en décembre dernier pour prendre fin au mois de mars prochain. Il a expliqué qu’à travers cette formation, il s’agit de voir comment insérer cette problématique dans les programmes afin de diffuser des messages de sensibilisation dans les langues nationales. Le but recherché étant d’amener les journalistes à mieux maîtriser les concepts pour convaincre les populations.

Me Kadidia TRAORE DOUCOURE de la CNDH a rassuré de l’accompagnement de son organisation en vue de sensibiliser les journalistes sur la pratique de l’esclavage au Mali.

À son tour, la représentante de l’Ambassade du Royaume uni, Jenny JONES, a indiqué qu’il s’agit de lutter contre une pratique ancrée au Mali et au Niger. Elle a soutenu que ce sujet sensible mérite d’être traité en ce sens que les questions de droit de l’homme s’appliquent à tout le Monde.

Les thèmes développés pour la première journée de la formation sont : la définition de l’esclavage moderne : travail forcé-traite-asservissement. Il a été expliqué par le Dr Ali MAIGA du CNDH.

Le deuxième module exposé par Younoussa TOURE du CNDH a porté sur l’esclavage dans les différents groupes socio-culturels du Mali, perspective historique.

Enfin, le dernier thème de cette première journée développé par Thierno Hady THIAM du CNDH a porté sur : quel argumentaire religieux contre l’esclavage familial ?

Les thèmes de la deuxième journée de formation sont entre autres : comprendre le phénomène de l’esclavage familial : acteurs, attitudes et pratiques ; le mariage forcé ; le travail des enfants. Ils seront exposés respectivement par Arkia TOURE de Studio Tamani, Coumba BAH experte genre et Fatoumata MARIKO.

Pour la troisième journée, les thèmes qui seront développés sont : le travail des filles travailleuses domestiques et le phénomène de la mendicité. Ils seront exposés par Coumba HAH et Aissata BOCOUM, ancienne présidente du Parlement des enfants.

L’esclavage moderne est une notion très large. Trois pratiques constituent le travail forcé aux fins d’exploitation de la main d’œuvre, à savoir le travail forcé, la traite d’êtres humains et l’asservissement par la dette.

Ces trois notions associées ou utilisées individuellement constituent l’esclavage moderne dans le secteur privé. L’esclave moderne inclut également les travaux dangereux pour les enfants et autres ‘’pires formes de travail des enfants’’, le mariage forcé, le travail forcé aux fin d’exploitation sexuelle, le travail forcé imposé par l’Etat (sanction politique, discrimination raciale…) et l’esclavage traditionnel. L’esclavage moderne est présent au quotidien dans la société malienne, mais a besoin d’être identifié comme tel et décrypté pour être traité correctement par les médias.

C’est pourquoi, dans le cadre du projet « Studio Kalangou et Studio Tamani : traitement journalistique du phénomène de l’esclavage », fiancée par DFID, cette formation de trois jours a été organisée à l’intention des journalistes de la rédaction de Studio Tamani et des correspondants. Elle permettra de sensibiliser les journalistes sur les différentes facettes de la question et leur permettre de traiter les sujets sur l’esclavage moderne avec plus de pertinence.

PAR MODIBO KONE




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