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vendredi 22 septembre 2017
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Pratiques «antipédagogiques» à la FSEG: le SNESUP exige la révocation du doyen

Les responsables du SNESUP (Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique) ont tenu, hier mercredi, une conférence de presse dans la salle des professeurs de l’ENSUP. Au cours de cette rencontre avec les hommes de média, les responsables dudit syndicat ont exigé la révocation, sans condition, du doyen de la FSEG (Faculté des Sciences économiques et de Gestion), Ousmane Papa KANTE, accusé de s’adonner à des pratiques « antipédagogiques » au niveau de cet établissement universitaire. Dans le cas contraire, le SNESUP projette une grève illimitée à partir du 25 juillet prochain.

Cette conférence de presse était animée par le secrétaire général du syndicat, le Dr Abdou MALLE, entouré de plusieurs autres membres de son bureau, dont le Dr Mamadou BA ; Moussa SANGARE ; Oumar Guédiouma TRAORE, etc.

Échec des négociations
La conférence d’hier fait suite à l’échec des négociations entre le gouvernement et les responsables du syndicat les 11 et 12 juillet dernier autour de la gestion du préavis de grève déposé le 4 juillet 2017. En conséquence, le SNESUP observe, depuis mardi dernier, une grève de 72 heures qui doit prendre fin aujourd’hui.
À moins de 24 heures de la fin de ce mot d’ordre de grève, les deux parties semblent encore loin de s’accorder les violons et le SNESUP menace de passer à la vitesse supérieure avec la projection d’une grève illimitée à partir de ce 25 juillet 2017.
En tout cas, c’est ce qui ressort de la conférence de presse animée, hier mercredi par le secrétaire général du SNESUP, le Dr Abdou MALLE, à l’ENSUP.
Dans son exposé liminaire, M. MALLE a fait savoir que le présent préavis de grève du SNESUP fait suite à un constat de non-respect des engagements pris par le Gouvernement dans le Protocole d’accord du 18 mai 2017 obtenu au bout d’une grève illimitée de 44 jours consignée dans le PV du 12 juin 2017.

10 points de revendications
Le cahier de doléances du SNESUP s’articule autour de 10 points, à savoir : la révocation immédiate du Doyen de la Faculté des Sciences économiques et de Gestion, le Pr Ousmane Papa KANTE de ses fonctions pour des pratiques antipédagogiques ; la restitution immédiate des cours aux enseignants permanents de la FSEG ; le payement immédiat de deux mois d’heures supplémentaires effectuées par les enseignants permanents de la FSEG ; la mise en place d’une administration provisoire à la FSEG ; l’audit de la Gestion du Doyen et du vice-Doyen de la FSEG ; la prise immédiate d’une ordonnance pour l’application de la grille plancher 640 et plafond compter du 1er juin 2017 et de la grille plancher 666 et plafond I460 pour compter du 1er janvier 2017 ; la mise en place immédiate de la commission bipartite d’examen des dossiers des 502 travailleurs contractuels pour leur test de recrutement prévu pour le mois d’août 2017 ; la signature immédiate des arrêtés de la hiérarchisation des omis du 16 juin 2015 et de la capitalisation des publications des chercheurs de l’IER recrutés en 2008 pour leur juste transposition ; l’adoption immédiate du nouveau statut « Enseignant-Chercheur » ; l’éradication de la violence dans l’espace universitaire.

Les faits
S’agissant de la grève en cours, le conférencier a souligné que le SNESUP a déposé un préavis de grève de 48 heures le 30 mai 2017, conformément aux conclusions de l’Assemblée générale unitaire du 27 mai 2017 pour exiger la révocation immédiate du Doyen la FSEG, Papa KANTE de ses fonctions pour des pratiques.
Selon lui, les négociations des 9 et 12 juin 2017 ont abouti la signature d’un Procès-verbal en deux points, à savoir : la suspension du Doyen de la FSEG de ses fonctions dans le souci de faire l’état des lieux et de rendre fonctionnels les organes de gestion de la FSEG. De même, il avait été décidé la restitution immédiate des cours aux enseignants permanents de la FSEG.
Dans une lettre en date du 12 juin, a-t-il fait savoir, le recteur avait entériné la suspension du Doyen de ses fonctions avant de se rétracter plus tard.
Ainsi, le 14 juin 2017, le Recteur a notifié au chef du département en charge l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Pr Assétou Founé SAMAKE MIGAN, que seul le ministre en charge Enseignement supérieur est compétent pour suspendre un Doyen de ses fonctions conformément aux textes de fonctionnement de l’Université des sciences sociales et de Gestion de Bamako (USSGB).

Le ministre en cause
Malheureusement, regrette le conférencier, le ministre n’a toujours pas signé cette lettre de suspension du Doyen de la FSEG pour remplacer celle du Recteur afin d’être en phase avec les textes de fonctionnement l’USSGB.
C’est pourquoi le syndicat accuse le ministre ainsi que le recteur de l’USSGB, le Pr Samba DIALLO, d’une gestion chaotique, qui a produit des conséquences très graves au niveau de cette faculté, en termes d’insécurité où les enseignants sont permanemment menacés d’agression physique.
Pour illustrer cette situation regrettable qui prévaut au niveau la FSEG, il a cité en exemple, le cas du Dr Moussa SANGARE dont les vitres de la voiture ont été brisées le jeudi 15 juin 2017 dans l’enceinte de la FSEG.
Malgré le fait que le doyen, selon M. MALLE, a reconnu les faits qui lui sont reprochés par le syndicat, devant les conciliateurs le 12 juin 2017, le SNESUP regrette de constater que le recteur Samba DIALLO se livre à ce qu’il qualifie de dilatoire, plutôt que d’assumer sa responsabilité.
Au-delà, du recteur, le syndicat pointe un doigt accusateur sur le chef du département qui refuse de s’impliquer véritablement dans la résolution de cette crise.

Pratiques antipéagogiques :
Selon le responsable syndical, le doyen a reconnu de devant la commission un certain nombre de faits qu’on peut qualifier de pratiques « antipédagogiques », dont, entre autres : la fermeture des salles de classe en 2015-2016 durant 4 mois pour revendiquer plus d’heures supplémentaires ; l’organisation des examens oraux payants à 10 000 F CFA par heure d’enseignement ; l’usage de la police pour empêcher les enseignants d’accéder aux salles de cours.
À ces pratiques anti-pédagogiques, s’ajoute le dysfonctionnement des DER et de l’Assemblée de Faculté.
Pour le SNESUP, ces faits sont suffisamment graves pour que le Doyen et le Recteur soient immédiatement révoqués pour engager procédures judiciaires contre eux.
Car, a dit le Dr Abdou MALLE, à travers ces faits, ils sont de véritables fossoyeurs avérés de l’Enseignement supérieur.
Au regard de l’inaction de Mme la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ainsi que du Premier ministre, le SNESUP n’a d’autre choix que de déclencher une grève illimitée pour nettoyer la FSEG d’une administration pourrie et incompétente, mais surtout pour assainir l’École des pratiques dangereuses, a soutenu le conférencier.
Par ailleurs, le SNESUP a rejeté la proposition d’une Assemblée extraordinaire de Facultés comme solution aux problèmes de la FSEG.
Cette assemble n’a jamais fonctionné, depuis élection de Ousmane Papa KANTE, il y a six ans a la tête de la FSEG.
D’ores et déjà, le 30 mai 2017, le SNESUP, suivant une lettre adressée à madame la ministre du Travail, exige le départ du doyen de la FSEG (Faculté des Sciences Économiques et de Gestion), depuis le lundi 12 juin.

Par Abdoulaye OUATTARA




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