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jeudi 19 avril 2018
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Pratiques esclavagistes en Libye: l’association TEMED condamne et interpelle

L’Association TEMED a animé, le mercredi 22 novembre, à son siège, sis à Magnambougou Faso Kanu, une conférence de presse pour condamner les pratiques esclavagistes en cours en Libye et interpeller la communauté internationale. La conférence était animée par le président de l’Association, Ibrahim Ag IDBALTANAT, en présence d’Ousmane MAIGA, Mariam COULIBALY, Idrissa AKLININE, tous membres de l’Association, et d’Abdias COULIBALY, membre de la Coalition nationale de lutte contre l’esclavage.

L’Association TEMED, créée en 2006, se donne comme mission la promotion et la protection des droits humains et la consolidation de la paix. Une association qui œuvre pour contribuer à l’avènement d’un véritable État de droit pour arriver au bien-être des Maliens.
Dans son allocution, le président de l’Association, Ibrahim Ag IDBALTANAT, a affirmé que l’on doit toujours se rappeler que tous les êtres humains sont des parents avec des liens de sang et que le racisme n’est pas humain.
Pour lui, cette pratique esclavagiste en Libye rappelle un passé lointain avec la traite orientale et atlantique. Cette affaire de la Libye, informe-t-il, existe depuis la mort de Mouammar KADAFHI et n’a jamais été une préoccupation des autorités africaines.
Le conférencier a dénoncé le silence des pays face à cette situation alors qu’ils sont représentés, tous en ce qui les concerne, en Libye, à travers leurs Ambassades. Aux dires de M. Ag IDBALTANAT, il a fallu un reportage de la chaine de télévision américaine CNN sur cette situation dramatique pour que les autorités se réveillent de leur sommeil : un réveil brutal, selon le conférencier, qui ne dit pas son nom.
« Nous condamnons ces agissements d’un autre âge et nous regrettons de voir que ce sont des Africains qui s’adonnent à cette pratique sur d’autres Africains », a fustigé le président de l’Association TEMED, avant d’interpeller les décideurs à prendre des dispositions pour mettre fin définitivement à cette pratique inhumaine. Pour lui, il est du devoir des dirigeants africains de faire en sorte que ces pratiques cessent.
Le président a saisi l’occasion pour dénoncer également la pratique esclavagiste qui persiste dans certaines localités de notre pays. Sur la question, il a informé que son Association, en collaboration avec le ministère de la Justice, a rédigé un projet de loi criminalisant l’esclavage au Mali. Malheureusement, a-t-il fait constater, ledit projet de loi dort toujours sur la table du conseil des ministres, alors que les députés de l’Assemblée nationale sont déjà favorables à l’initiative.
Le président de l’Association TEMED estime que le Mali, tout comme beaucoup d’autres pays africains, ne sont pas bien placés pour dénoncer l’esclavage en Libye, au moment où la pratique est réelle dans leurs pays. ‘’Rares sont ces pays qui font une lutte à l’interne contre l’esclavage, bien qu’il se passe sous diverses manières dans beaucoup de pays. L’on trouve que cette pratique est banale, c’est la raison pour laquelle, ce sont les Américains qui sont venus attirer les attentions, alors qu’elle se fait sous nos yeux’’, a dénoncé le conférencier.
Il a noté que des autorités maliennes soutiennent que tenir un discours sur l’esclavage, c’est bafouer l’honneur du Mali.
« L’on essaye de cacher une situation qui est bien réelle. L’on a l’impression que les décideurs sont complexés et pensent satisfaire une certaine opinion, ou ont peur de frustrer les esclavagistes. Ce ne sont pas les populations qui n’adhèrent pas à notre combat, mais plutôt les décideurs. Aussi longtemps que cette pratique existera, l’on ne pourra jamais parler d’État de droit ou de démocratie au Mali », a déploré Ibrahim Ag IDBALTANAT. Selon lui, les efforts de son association sont en train de porter leurs fruits. Ainsi, dit-il, à travers les sensibilisations faites par son Association, certains ont dédommagé leurs esclaves et les ont libéré.
Pour sa part, Ousmane MAIGA dira que TEMED a été la première association à lutter contre la pratique de l’esclavage au Mali, depuis qu’elle était considérée comme un sujet tabou. Selon lui, la communauté internationale doit aujourd’hui prendre des dispositions rigoureuses pour abolir l’esclavage, à travers le monde entier.
« La CEDEAO et l’UA doivent obliger les pays africains à prendre des lois incriminant la pratique de l’esclavage sous toutes ses formes », a lancé Ousmane MAIGA.
De son côté, Abdias COULIBALY, membre de la Coalition nationale de lutte contre l’esclavage, a noté que leur organisation s’est toujours battue pour l’adoption d’une loi contre l’esclavage. Selon lui, en 2016, lors d’une rencontre à l’Assemblée nationale, les membres de la coalition sont parvenus à convaincre les députés sur la nécessité de prendre cette loi. Face aux obstacles, malgré la pertinence du combat, M. COULIBALY dénonce un manque de volonté politique. Il a souligné que la Coalition ne se découragera jamais dans son combat pour la promotion des droits humains.
Idrissa AKLININE, a témoigné qu’en 2016, trois personnes ont été vendues par leurs maitres en raison de 1 million chacun, dans la région de Ménaka, à des Algériens. Des personnes qui sont toujours introuvables par leurs parents qui ne savent plus à quel saint se vouer. Pour lui, les autorités font la sourde oreille alors que la pire forme de l’esclavage se pratique au Mali.

PAR MODIBO KONE




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