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mercredi 16 août 2017
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Préambule du préaccord d’Alger: les observations du MP22

Le Mouvement populaire du 22 mars 2012 (MP22) a animé, samedi dernier, une conférence de presse, dont le but était d’exprimer ses vives inquiétudes sur le préambule du Préaccord d’Alger, relatif aux pourparlers de paix entre le gouvernement du Mali et des groupes armés sous la médiation de la communauté internationale, conduite par l’Algérie.

La rencontre, qui avait comme cadre le siège de la radio Kayira, était animée par le Secrétaire général et la trésorière du mouvement, qui sont respectivement Pérignaman SYLLA et Me Mariam DIAWARA.

Selon ses organisateurs, la rencontre vise à attirer l’attention des autorités maliennes sur «certaines incohérences qui apparaissent noir sur blanc sur le préambule du préaccord d’Alger» et qui jetteraient, craignent-ils, «les bases d’un futur éclatement de notre pays».

Aussi, soutiennent-ils, dans une déclaration lue par Pérignaman SYLLA, le document contient un certain nombre de points, ayant trait principalement au Préaccord d’Alger, qui méritent d’être corrigés pour préserver la paix et la quiétude dans le pays.

Dans le document du préambule dont la signature est annoncée dans les prochains jours, le  MP22 reproche au gouvernement de dédouaner les auteurs de la rébellion dans le Nord de notre pays.

«C’est déplorable qu’en aucun cas le gouvernement ne fait allusion aux conséquences de la rébellion dans le développement des localités du Nord du Mali».

Pourtant, indique la déclaration, «le retard de développement, dont les groupes armés font cas dans leurs revendications, est l’un des corollaires de leurs agissements répétitifs».

Pour les responsables du MP22, il serait important pour le gouvernement d’insister sur ces faits. Si non, le Préaccord, dans son contenu actuel, est en train de donner une justification théorique, du moins à cette dernière rébellion. Et il risquerait de conforter les groupes rebelles dans leurs positions.

En outre, en «Reconnaissant la nécessité d’une gouvernance conforme aux spécificités géo-historiques et socioculturelles de ces régions»,  le MP22 estime que le pays est en train de nager en plein délire. Car, pour les conférenciers, la gouvernance doit être générale, démocratique, transparente et égale pour toutes les régions du Mali.

En allant en contrevent de ces principes, les responsables du MP22 se demandent si le gouvernement ne chercherait pas à soulever les autres régions du pays en se proposant d’accorder des privilèges aux régions du Nord?

Aussi, c’est avec colère qu’ils ont lu sur le Préambule du document que les autorités maliennes auraient reconnu «les dérives qui ont été à l’origine de la marginalisation d’une composante de notre peuple».

Pour le MP22, on peut certes, «parler de marginalisation de composantes socioéconomique de notre peuple, mais en aucune manière, il n’est question dans notre pays de la marginalisation ethnique». Alors, le gouvernement doit revoir sa copie. Parce que le Préaccord, tel que rédigé confirmerait certaines thèses, défendues par les groupes rebelles.

De même, le MP22 est opposé à la prise «en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance».

L’argument, avancé par M. SYLLA, tient du fait qu’elle donne plus de privilèges aux communautés des régions du Nord.

A son avis, le Mali est «un tout et sa gestion doit être la même partout et pour tous les Maliens».

Ainsi, au regard de ces incohérences, le MP22 déduit que le Préambule du Préaccord d’Alger est la preuve d’une capitulation du gouvernement face aux groupes rebelles, malgré tous les discours sur l’intégrité territoriale de notre pays.

En conclusion, le MP22 prévient qu’un accord signé sur la base de ce Préambule serait une lourde hypothèque qui pèserait sur l’avenir de notre pays.

Par Sikou BAH




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