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mardi 12 décembre 2017
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Premier congrès ordinaire de l’ASMA-CFP: l’ASMA est un partenaire stratégique parmi les autres»

Dix-huit mois après sa naissance, l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-Cfp), a tenu le samedi, 6 et dimanche, 7 décembre 2014, son premier congrès ordinaire, au Palais de la culture Amadou Hampathé BA. Ce, à un moment crucial de l’histoire de notre pays marqué par des épreuves de toutes sortes.

Le parti de Soumeylou Boubèye MAIGA n’a pas fait dans la demi-mesure pour réussir son premier congrès ordinaire avec la présence des délégués venus de l’ensemble des sections de l’intérieur du pays et d’autres pays de la sous-région. Plus d’une vingtaine de partis politiques ont tenu à venir témoigner de leur amitié à l’ASMA-Cfp, et singulièrement à son président Soumeylou Boubèye MAIGA, en qui ils reconnaissent un des pères fondateurs de la démocratie moderne dans notre pays.

Des touches particulières

L’on a pu noter, dès l’entame du congrès, quelques touches particulières  du parti comme par exemple ce slogan de campagne présidentielle « le Mali d’abord » auquel l’ASMA-Cfp a ajouté « le Mali toujours ».

Par rapport à l’ordre du jour du congrès, il y apparait également une volonté de sortir des sentiers battus des congrès ordinaires où il est généralement question de relecture des textes, de mise en place d’une nouvelle instance dirigeante, d’adoption des résolutions. L’ASMA s’est démarqué de ce schéma classique en prévoyant la « définition de la ligne politique ». Impératifs du moment l’exigent ou volonté de faire la politique autrement ? Le choix est loin d’être anodin pour être superbement ignoré.

A l’ouverture du congrès, plusieurs partis politiques se sont succédé à la tribune pour adresser leurs messages aux congressistes.

Le président de l’Alliance pour la République (APR), l’ancien ministre de la Santé, Oumar Ibrahim  TOURE, non moins président de l’Alliance pour le Mali (APM).

L’APM salue la reprise

de coopération avec le FMI

En sa qualité de président de l’APR, M. TOURE a félicité l’ASMA pour la tenue et la réussite de son premier congrès ordinaire. Il a salué son souci constant d’animer l’espace politique.

Comme président de l’APM, il a rappelé l’appartenance à la CMP de ce regroupement composé de 11 partis politiques solidaires, respectueux les uns des autres et qui ne demandent que l’avancée du Mali. Le soutient de l’APM au Président IBK et à son gouvernement est sans ombrage, a martelé M. TOURE. Certes, a-t-il reconnu, les difficultés du moment sont énormes, les défis sont grands ; mais ils ne sont pas au-dessus des capacités et de la volonté de les surmonter.

«Nous avons les ressorts pour les vaincre et nous les vaincrons », a assuré le président de l’APM.

Par ailleurs, il a salué le Président IBK pour la reprise de la coopération avec le FMI et l’ensemble des partenaires techniques et financiers de notre pays.

Il a rappelé que le groupe parlementaire APM se compose de 28 députés qui appliquent avec engagement leur soutien au Président de la République.

SBM, la plaque tournante de l’Adema

Intervenant au nom de l’Adema-Pasj, Moustaph DICKO n’a pu s’empêcher de faire un rappel historique. Il a ainsi soutenu que si l’Adema avait perdu le pouvoir en 2002, certes cela pouvait s’expliquer par les conséquences des dissensions internes, la création du « Groupe des 10 », les consignes contradictoires ; mais, essentiellement, il y avait le livret de profession de foi du candidat imprimé en vert et blanc qui n’étaient pas les couleurs nationales et dans lesquelles les gens ne se reconnaissaient pas.

«Quand j’ai vu ça, je me suis dit que tout est perdu », a-t-il fait savoir.

Remontant plus loin dans l’histoire, il a évoqué le douloureux souvenir du congrès de 1994 dans la même salle du Palais de la culture où feu le professeur Mamadou Lamine TRAORE a été poussé au bout de l’exaspération. Fataliste ou pas, Moustaph DICKO pense que les dissensions allaient continuer au sein de l’Adema-Pasj jusqu’à ce que les gens ne parlent plus le même langage. Mais pour lui, si le fond reste le même, c’est l’essentiel.

Parlant de SBM avec qui il partage une longue histoire, il a dépeint un grand stratège. Les couleurs de son parti (rouge et blanc) font qu’en arrivant de la salle du congrès, il n’était nullement dépaysé parce que ce sont les mêmes couleurs de l’Adema-Pasj. Au fond, a-t-il soutenu, SBM est de l’Adema ; il est un chef de l’Adema. Il a soutenu sans ambages que parmi toutes les réussites de l’Adema, la part de SBM a été immense par sa capacité d’organisation.

L’ASMA, un partenaire

privilégié du RPM

Pour le représentant du Rassemblement pour le Mali (RPM), Youba BABY, membre du Bureau politique national, le congrès de l’ASMA-Cfp sera historique en raison des thèmes inscrits à son ordre du jour. Il a souligné que le pays traversait des moments difficiles ; mais que c’est ensemble, que le RPM et les militants de l’ASMA-Cfp et ceux d’autres partis politiques qui ont élus le Président IBK, qu’il faut le relever.

  1. BABY a fait savoir qu’en allant à ce congrès, il s’agissait d’aller apprendre la solidarité ; apprendre à travers les réponses qui seront apportées aux questions politiques, organisationnelles…

En outre, a-t-il soutenu, quelles que soient les difficultés, la conscience de la redevabilité envers le peuple est fortement ancrée ainsi que la volonté de ne pas décevoir ses attentes.

Avant de terminer, Youba BABY a fait savoir que le Rpm considérait l’ASMA-Cfp comme un partenaire stratégique parmi les autres partenaires stratégiques.

Deux interventions ont eu lieu du côté du parti ASMA-CFP, à savoir celles du secrétaire général et du président Soumeylou Boubèye MAIGA.

Un parti né avec ses 32 dents

Le secrétaire général, Amadou Baba CISSE, qui a rappelé que l’ASMA-Cfp est un parti de solidarité a aussi indiqué que sa quête porte sur un Mali avec toute sa dignité et son honneur ; un Mali solidaire où tous sont traités sur le même pied d’égalité. La bataille de l’ASMA-Cfp, a-t-il ajouté, c’est un Mali juste avec tous ses enfants.

Bien dans son rôle de secrétaire général, M. CISSE, a souligné le parcours élogieux de du jeune parti, l’ASMA-Cfp, qui, en seulement 18 mois d’existence revendique 5 députés au sein de l’APM qui est la deuxième force parlementaire après le RPM; 217 conseillers municipaux, dont 24 maires et 2 présidents de conseils de cercle.

Il a par ailleurs signalé que l’ASMA-Cfp était signataire de la Convention des partis politiques de la majorité présidentielle (CMP).

Dans la même veine, pour témoigner du soutien, dès les premières heures, de son parti, au candidat Ibrahim Boubacar KEITA, en 2013, l’ASMA avait réussi une mobilisation géante au Palais de la culture Amadou Hampathé BA. Un exploit qu’il vient de rééditer à l’occasion de son premier congrès ordinaire dans la même salle de spectacle du Palais de la culture.

Au cours du congrès, a fait savoir le secrétaire général, les délégués devaient procéder à l’adoption des textes du parti ; dégager la ligne politique ; mettre en place une nouvelle direction politique.

La rafale de l’ancien ministre de la Défense

A la suite du secrétaire général, c’est sous un déluge d’applaudissements que le président de l’ASMA, Soumeylou Boubèye MAIGA, s’est présenté à la tribune pour délivrer son message. Dès l’entame de ses propos, en langue nationale bamanan kan, il a fait remarquer que son parti n’est pas un rallié ; mais bien un allié qui a soutenu le candidat IBK en 2013 dès les premières heures. Ce, parce qu’il avait cru en ce qu’il a dit et écrit. Pourquoi un tel rappel ? Parce que, a justifié SBM, la situation est difficile en ce moment et que c’est dans l’épreuve qu’on reconnait ses vrais amis. En ce qui est de l’ASMA, a-t-il assuré, son amitié, sa confiance vis-à-vis du chef de l’Etat demeure. Toutefois, a-t-il souligné, la collaboration se fait aussi dans la vérité. Son parti, a fait savoir SBM, reste constant dans sa position.

Usant de métaphore, il a expliqué que le Président IBK avait pris le pays alors qu’il était empêtré dans des difficultés et que si en plus de ces difficultés, il doit traverser des flammes, il va lui falloir sauter par deux fois. Aussi, a-t-il demandé de faire des bénédictions pour le pays ; mais également pour le Président IBK « pour qu’il soit avec son esprit ».

Faisant référence à une gestion très décriée au sein de l’opinion nationale et même internationale, SBM a simplement rappelé qu’à chacun sa place. Pour étayer son affirmation, il a une nouvelle fois eu recours à une métaphore : si l’on confie le tam-tam public à quelqu’un qui ne sait pas le jouer, au moment de le faire, les pas de danse ne seront pas harmonieux, il y aura problème. Il n’a pas faire davantage de commentaire, comme pour dire que chacun s’y retrouvera.

Sans le faire ouvertement, SBM a réagi aux accusations portées contre lui à propos des « surfacturations », d’ « irrégularités » dans l’affaire des contrats d’équipements des FAMA et d’achat de matériels et pièces de rechange, en appelant ses militants au calme, à la sérénité. Manifestement très sûr de lui, il a assené ses vérités sous le couvert d’une métaphore : Le chien peut aboyer quand le porc-épic passe, il peut même le pourchasser ; mais il ne saurait en aucune manière être question pour lui de le mordre. No comment. Le sonrhaï de Gao doit fière chandelle à ses oncles maternels pour lui avoir légué tant de sagesse populaire.

Réflexions sur l’avenir du pays

Intervenant en français, le président de l’ASMA-Cfp, Soumeylou Boubèye MAIGA, a rappelé que le congrès de son parti se tenait à un moment crucial de notre histoire, avec un pays plongé dans un climat dominé par l’anxiété, l’incertitude, la perte de confiance et sans se voiler la face, la déception. Pour lui, c’est le moment plus que jamais pour les militants de se montrer convaincus de la validité de leurs choix et de persévérer dans leur engagement. Ce, pour préserver les acquis et restaurer la confiance en la capacité de bâtir la société de justice et de progrès qu’attendent les Maliens.

SBM a partagé ses réflexions sur trois questions capitales pour l’avenir du pays.

La première concerne le retour à la paix et la réussite de la réconciliation nationale. Il propose des arrangements sécuritaires pour permettre le redéploiement de la puissance publique en vue d’apporter les prestations nécessaires aux populations ; des mesures transitoires de confiance et de coordination pour faciliter le redéploiement des FAMA ; la mise en œuvre d’un vaste programme de réconciliation intra et intercommunautaire, visant à réinstaurer la concorde civile, notamment par le désengagement de tous ceux qui renoncent à la violence ; l’identification et la réalisation des actions prioritaires de développement, notamment en matière d’infrastructures et de relance des économies locales. SBM privilégie un dialogue organisé sur tout le territoire national et qui impliquera toutes les forces vives maliennes.

La deuxième réflexion se trouve au cœur du Projet présidentiel. SBM a rappelé, à cet effet, qu’aucun Etat ne peut être viable s’il ne se donne pas les moyens d’assurer sa sécurité, de garantir à tout moment l’intégrité de son territoire, de protéger ses citoyens et leurs biens. Au-delà de l’affrontement par les armes, l’engagement militaire est avant tout une confrontation de volontés, de ressources morales et psychologiques.

La troisième conviction de SBM découle, tant de son vécu citoyen que de l’expérience des responsabilités confiées par l’Etat.

« Aucune nation ne peut se relever dans la dissension permanente, l’anathème et la désunion. La reconstruction du Mali doit prendre appui sur une des principales forces de notre pays, l’unité dans la diversité », a-t-il soutenu.

Au cœur des épreuves que traverse le pays, SBM exhorte les militants de l’ASMA à faire preuve de courage, de constance et de sang-froid pour corriger les erreurs et rectifier les trajectoires. Exprimant son engagement, SBM a fait savoir : « L’ASMA-Cfp, notre parti, travaille à ce que de l’épreuve, naisse le renouveau. Nous sommes profondément persuadés que la situation va changer. Parce que nous savons que les Maliens aujourd’hui désorientés ne succomberont pas à la fatalité. Parce que nous savons que nos compatriotes ont conservé la capacité de reprendre en main leur destin. Parce que nous savons que nos concitoyens restent déterminés à construire un Mali de progrès et de justice, un Mali d’égalité de chances pour toutes ses filles et pour tous ses fils ».

Par Bertin DAKOUO




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