Préparatifs des élections communales 2016: les femmes politiques affûtent leurs armes

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Dans le cadre des préparatifs des élections communales 2016, prévues en novembre prochain, nous avons rencontré des femmes de certains partis politiques de la place sur les avantages qu’elles peuvent tirer de la nouvelle loi No 2015-052, portant promotion du genre, en matière d’accès aux fonctions nominatives et électives, dans notre pays. Elles sont de l’ADEMA/PASJ, du RPM et le l’URD à nous faire part de leur opinion favorable sur ce nouveau texte.
Décryptage !

La nouvelle loi promise par le candidat IBK, votée par les députés de l’Assemblée nationale et promulguée par le président de la République constitue pour nos interlocutrices une véritable arme de combat que les femmes individuellement et au sein des organisations féminines vont user pour leur promotion dans les postes nominatives et électives.
Selon Mme Koné Kadidia Touré, secrétaire exécutive de l’Union des femmes du bureau national du RPM, cette loi sera une opportunité dans certaines localités du Mali où la tâche est très difficile pour les femmes, à causent des réalités socioculturelles.
« Les femmes du Mali doivent se taper la poitrine pour l’adoption de cette loi qui est une première dans notre pays. Que le président de la République en soit vivement remercié. Nous sommes fières, nous les femmes du RPM, de notre président pour sa volonté réaffirmée dans la promotion des femmes », a-t-elle dit, avant de révélé que le président IBK avait toujours refusé des listes nominatives ou électives qui ne contenaient pas de femmes.
Elle a en effet, rassuré que bon usage sera fait de cette loi, car au sein du RPM, une campagne de sensibilisation aura lieu pour donner l’information à toutes les femmes du parti, même dans les zones les plus reculées.
« Elles seront informées et formées sur les enjeux et les avantages de cette loi. Nous veillerons aussi au respect de cette loi. Nous n’allons pas nous battre contre qui que ce soit. Mais nous allons nous faire entendre, car la loi, c’est la loi et force doit rester à la loi. Il faut reconnaître aussi que sans nous, il n’y a pas d’élection », a-t-elle martelé. À Mme Koné de rassurer que le parti fera la sensibilisation son cheval de bataille, dans les coins les plus reculés du Mali, en faisant comprendre qu’être femme n’est nullement un handicap pour devenir maire.
« À Bamako ou dans les capitales régionales, ça va un peu. Mais au-delà de ces grandes circonscriptions, les femmes ont tout un tas de problèmes de se faire élire comme maire. On va faire comprendre aux gens qu’une femme peut être maire et respecter les réalités de sa communauté », a-t-elle dit.
Quand à Mme Konté Fatoumata Doumbia, présidente de l’Union des femmes du bureau national du parti ADEMA/PASJ et non moins maire de la commune I, elle aussi a félicité le président de la République pour cette loi.
« Je voudrai, dans un premier temps, féliciter les autorités pour avoir pris des dispositions règlementaires en vue de promouvoir la participation des femmes dans les instances électives et nominatives », a-t-elle dit. Selon Mme Konté, cette loi fait partie du combat des femmes de notre pays, depuis un certain temps. Elle a rappelé que depuis les années 1995, les femmes étaient en train de se battre pour avoir une loi, dans ce sens, sans succès.
« Ce quota de 30 % était crucial, sinon l’idéal, c’était 50 %. Il y a eu au moins quelques tentatives pour avoir cela. Mais malheureusement, ça n’a pas marché. Par la grâce de Dieu et avec l’engagement des autorités actuelles, on a pu avoir ce quota. Je pense que l’important pour toutes les leaders femmes, c’est de s’impliquer pour que cela soit une réalité au sein de leur parti respectif. Nous allons travailler à ce que les femmes soient en une bonne position sur les listes électorales », a-t-elle affirmé.
Pour ce qui concerne l’ADEMA-PASJ, dont elle est la présidente de l’Union nationale des femmes, Mme Konté assure de tout mettre en œuvre, en collaboration avec les responsables de la direction nationale du parti et les responsables des femmes, pour que cette loi soit une réalité pour chaque femme de l’ADEMA-PASJ, qui désire se présenter à une élection. Selon, la maire de la CI du District de Bamako, cette loi est arrivée à point nommé, car ce n’était pas facile pour les femmes, même dans sa commune.
« Je prends l’exemple de ma commune dont je ne suis pas du tout fière, dans ce cadre. Parce que sur une liste de 45 conseillers, il y a moins de 7 ou 8 femmes. C’est une liste qu’il faut reprendre. Je me réjouis qu’il y ait cette loi. Nous allons tout mettre en œuvre pour reprendre les listes dans ce sens. Je pense que cela ne posera plus de problème. Car la loi, c’est la loi », a-t-elle dit.
Cependant, Mme Konté trouve que seule cette loi ne suffit pas pour aider les femmes politiques. Car il faut les aider financièrement pour qu’elles aient une position.
« Ce qui est intéressant avec les femmes, c’est que quand elles sont dans les partis, leur engagement ne fait pas défaut, mais elles sont souvent bloquées par des problèmes de supports de campagne, donc des problèmes financiers. Or, il faut quand même un minimum de capacité financière et l’accompagnement des organes exécutifs au niveau des partis politiques. Quand le parti est convaincu qu’une femme au niveau de la commune peut apporter un plus, moi je pense que la direction nationale doit tout mettre en œuvre pour l’aider », a-t-elle conseillé. Elle a, par ailleurs encouragé les femmes à se mobiliser pour qu’elles puissent participer massivement à ces élections communales, parce que l’opportunité est là et ‘’la balle est dans le camp des partis politiques et des organisations de femmes’’, a-t-elle dit.
Quant à Oumou Diakité, une militante de l’URD (Union pour la République et la démocratie) à Kita, elle affirme que cette loi va encourager d’autres femmes comme elle à s’intéresser à la politique.
« On m’a expliqué qu’avec cette loi, les hommes du parti ne peuvent plus nous marginaliser. Vraiment, IBK merci pour cette loi qui est salutaire et pour les femmes de la majorité et celles de l’opposition », a-t-elle martelé.
Signalons que les élections communales sont prévues pour le 20 novembre 2016
Au Mali, plus de 50 % de la population qui constitue des femmes sont marginalisées sur les listes de compétitions des formations politiques. Par conséquent, elles sont sous représentées dans les instances de décision. Ainsi, sur les 703 communes du Mali, seulement 8 femmes ont été élues maires, lors des dernières élections communales de 2009. À moins de trois mois des élections communales, les femmes politiques sont sereines grâce à la nouvelle loi portant promotion du genre. À ce titre, les femmes de la mouvance présidentielles et de l’opposition n’ont qu’un mot à l’endroit du président de la République, un grand « Merci ».

Par Christelle Koné

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