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jeudi 20 septembre 2018
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Présidentielle 2018: il n’y a pas d’alternative à ce scrutin, dixit Moussa Mara

Interrogé sur la capacité de l’Etat malien d’organiser l’élection présidentielle prévue le 29 juillet 2018, Moussa Mara tempère : «La question que l’on doit se poser c’est comment organiser ces élections le moins imparfaitement possible. Il n’y a pas d’alternative à l’organisation de ce scrutin. (…) La situation sécuritaire est certes préoccupante en 2018, mais il faut que ces élections aient lieu.»

TV5MONDE : Serez-vous candidat à l’élection présidentielle de juillet prochain ?

Moussa Mara : Je fais partie d’un groupe qui prône un changement véritable dans notre pays et notre objectif c’est que ce groupe désigne l’un d’entre nous pour porter le flambeau. Nous sommes conscients que pour réformer en profondeur notre pays, il faut une alliance la plus large possible. Mais je ne parle pas nons plus d’une candidature unique de l’opposition.
Je me positionne comme ceux qui sont partisans d’une troisième voie dans l’opposition. Pas une alternance qui consiste à remplacer le président Ibrahim Boubacar Keita. Nous voulons un changement profond : un renouvellement et rajeunissement de la classe politique, des actions fortes contre la corruption notamment des élites, une décentralisation importante… Nous sommes une dizaine de personnalités politiques, anciens ministres et de nouvelles têtes aussi à vouloir une nouvelle gouvernance. Ce groupe a cette vocation. D’ici la fin du mois de mars, on désignera un candidat derrière lequel on se rangera tous.

TV5MONDE : La réforme constitutionnelle a tenu en haleine le pays. Vous aviez d’ailleurs participé à sa conception en tant que Premier ministre du Mali.
Vous pensez que c’était une bonne réforme ?

L’idée de la réforme constitutionnelle est indispensable pour 2 raisons. Notre Constitution date de plus de 30 ans. Elle contient des éléments dépassés qui nécessitent d’être révisés. L’accord de paix , sa mise en oeuvre, nécessite que l’on réforme la Constitution. Le projet porté par le président Ibrahim Boubacar Keita avaient des éléments positifs mais aussi des insuffisances importantes comme le renforcement inopportun des pouvoirs présidentiels.

TV5MONDE : La société civile a fait plier le régime d’Ibrahim Boubacar Keita sur cette réforme. Est-ce que ce ne sont pas finalement des figures comme Ras Bath et Master Soumy qui mobilisent cette jeunesse ?

Une bonne partie des aspirations des jeunes sont portées par la société civile et ses acteurs. Je pense que c’est positif. (…) Il est important pour la démocratie que la société civile existe au Mali. Cela prouve aussi les insuffisances importantes de la classe politique traditionnelle.

TV5MONDE : On revient sur votre bilan de Premier ministre. D’avril 2014 à janvier 2015, vous étiez le chef du gouvernement. Comment jugez-vous votre passage à la primature ?

Je pense que j’ai manqué de temps pour faire beaucoup de choses. J’ai passé 9 mois à la tête du gouvernement mais je n’ai pas à rougir des actions qui ont été posées. Vous savez le Premier ministre travaille sous les directives du chef de l’Etat au Mali. Nous sommes un régime très présidentiel. A mon modeste niveau, j’ai essayé de faire le maximum pour faire avancer l’action gouvernementale.

TV5MONDE : 5 ans après le début de l’intervention française au Mali.
Quel bilan tirez-vous ?

Le bilan de l’intervention française au Mali est un bilan positif. Il faut savoir dans quel contexte l’opération a été conduite. C’était un contexte où je pense que l’existence même du Mali était en jeu. Les groupes terroristes étaient déjà en train de déferler sur Mopti… Ca allait entraîner la désagrégation de l’Etat malien. L’intervention française a permis de rétablir l’Etat, d’étendre sa souveraineté sur le reste du territoire, de désorganiser les groupes terroristes. La mission a été remplie à cet titre.
En ce qui concerne l’autre objectif plus politique : que le pouvoir élu s’implique dans un processus de réconciliation véritable et dans une action de redressement étatique profond, cela n’a pas été fait à hauteur de souhait. On a signé un bon accord de paix mais le problème des accords d’Alger – signés en juin 2015 entre le gouvernement et les groupes armées- c’est qu’il n’est pas appliqué. Il faut l’appliquer de fond en comble, en priorité les réformes de décentralisation avec plus de pouvoir donné aux régions et périphéries. Ce sont ces réformes et la réfome des forces armées et de sécurité qui permettront de rétablir progressivement la sécurité au nord du pays et pour que le centre soit pacifié.

Source :TV5 monde




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