Prévention contre le diabète: l’appel au dépistage volontaire

En prélude au lancement de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre de chaque année, le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, à travers la direction nationale de la Santé, en collaboration avec la Fédération nationale des diabétiques du Mali (FENADIM) et l’ONG Santé Diabète et leurs partenaires, ont organisé, hier jeudi, dans la salle de conférence de l’OMS, une conférence de presse sur le thème de l’édition 2016 : «les yeux sur le diabète».

Placée sous l’égide du représentant du directeur national de la santé, la conférence était animée principalement par le Pr Assa TRAORE, chef de division endocrinologie et diabétologie de l’Hôpital du Mali ; en présence d’El hadj Balla KOYATE, président de la FENADIM ; le directeur technique de l’ONG Santé Diabète, et la représentante de l’Association malienne de lutte contre le diabète.
Selon la principale conférencière, à l’image de ce qui se passe à l’échelle mondiale, le Mali fait également face à une véritable épidémie de diabète.
Selon la Fédération internationale du diabète (FID), rapporte-t-elle, 415 millions de personnes sont déjà atteintes de diabète dans le monde. Cette maladie est responsable de plus de 5,1 millions de morts, sans compter les complications invalidantes qu’elle entraine, telles que les amputations, le coma diabétique, la cécité, la mise sous dialyse.
«L’avenir semble encore plus alarmant », préviennent les conférenciers, puisque les projections de la FID estiment que le nombre de personnes touchées par le diabète devrait dépasser les 650 millions d’ici à 2040, dont 80 % de ces patients résideront dans les pays à revenus faibles et intermédiaires.
Avec une prévalence de 3,8 % de la population adulte (20-79 ans), le continent africain n’est pas épargné par l’épidémie de diabète. Le Continent connaîtra la progression la plus importante prévalence, au cours des prochaines décennies : l’Afrique passera en effet de 14,2 millions de diabétiques en 2015 à 34,2 millions en 2040.
Le Mali, ont-ils souligné, n’échappe malheureusement pas à ce schéma puisque le pays présente une prévalence de diabète avoisinant presque les 5 % de la population adulte.
Les raisons principales de cette transition épidémiologique avancées sont entre autres, l’urbanisation galopante, la modification des modes de vie (sédentarité et alimentation).
Au fait, les populations urbaines ont un accès plus facile à des produits alimentaires importés, dont la concentration en graisse et en sucre est plus forte, on parle alors de transition nutritionnelle, expliquent les spécialistes.
Par ailleurs, l’utilisation généralisée de moyens de transports motorisés par les citadins qui pour beaucoup s’affairent à des métiers moins physiques qu’en zone rurale, réduit considérablement l’activité physique.
« Très souvent associé aux pays occidentaux, le diabète s’est donc transformé en enjeu majeur de santé publique en Afrique et notamment au Mali », notent les conférenciers.
Le thème de cette année est « Les yeux sur le diabète ». Le diabète est une situation chronique qui a un impact au quotidien sur la vie de millions de personnes et sur leurs familles, à travers le monde. En raison de l’importance d’une alimentation équilibrée au quotidien et d’une activité physique régulière dans la prévention et la prise en charge du diabète, il est extrêmement important que les populations reçoivent des informations et une éducation de qualité. Il est possible d’éviter la plupart des cas le diabète de type 2 (représentant 90 % de diabète) et d’éviter les graves complications du diabète en adoptant un style de vie sain et en promouvant un environnement de vie qui encourage et facilite un tel comportement.
Les activités de cette campagne 2016 seront consacrées à « l’engagement des pouvoirs publics, de la société civile et leurs partenaires pour limiter les impacts négatifs du diabète et des facteurs de risques ».
Au cours de cette campagne, deux messages clés doivent être portés à la connaissance du public : Le dépistage du diabète de type 2 est important pour en modifier son cours et réduire le risque de complications. Le dépistage des complications du diabète est une partie essentielle de la gestion de tous les types du diabète de type 2.

Par Sékou CAMARA

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