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mercredi 16 août 2017
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Prévention et résolution de conflits de pêche: les pêcheurs de la région de Mopti s’engagent…

La pêche occupe 15% de la population active et vient au 3è rang des activités économique dans la région de Mopti. Mais, le sous-secteur est confronté à d’énormes difficultés, dont des contentieux de pêche (64 pendants ou non devant les tribunaux y compris la Cour suprême). Aux termes de deux jours de  travaux consacrés aux conventions locales de pêche dans la région, les acteurs du terrain s’engagent à prévenir et à éradiquer tous les conflits de pêche en 5è région.

La conférence sur les conventions de pêche vient de se tenir  à Mopti, sous la présidence du ministre du Développement rural, Bocari TRETA, du 8 au 9 décembre, a pris des engagements allant dans le sens de la gestion consensuelle des conflits de pêche. Ont pris part à cette rencontre régionale, en plus des services techniques du ministère du Développement rural, les représentants des associations et organisations de pêcheurs, des gestionnaires traditionnels en charge de la gestion des eaux (maîtres d’eaux, notabilités leaders communaux), les autorités administratives (préfets), les élus, les chefs secteurs de la pêche; les délégués locaux des chambres d’agriculture des cercles de Mopti, Youwarou, Ténénkou, Djénné, Bankass et Douentza.

Les présentations des différents chefs secteurs de la pêche ont révélé que la région de Mopti connait actuellement 64 contentieux de pêche, dont certains sont pendants devant les tribunaux y compris devant la Cour suprême.

Si les cercles de Douentza et Bankass ne comptabilisent aucun cas de conflit de pêche ce n’est pas le cas pour les autres cercles (Youwarou, Tenenkou, Djénné et Mopti).

En effet, chacun de ces cercles a son lot de litiges, pendant ou non devant la justice.

Ainsi, le cercle de Ténénkou tient la tête de peloton avec 26 contentieux, dont 7 dans la commune de Toguére-Coumbé, 8 à Togoro-Kotya, 6 pour Diondiori, 3 à Diaka et 2 pour Diafarabé; vient le cercle de Youwarou avec 19 conflits dont 9 dans la commune de Déboye, 1 pour Dongo, 2 à Dodjiga-Kormou, 2 pour Dodjiga et 5 à Bimbérétama; suit le cercle de Mopti avec 12 cas de litiges dont 4 dans la commune de Dialloubé, 3 Konna, 1 pour chacune des communes de Kounari, Sio, Soye, Ouroubé-Doubé et Korientzé; le cercle de Djénné ferme la marche avec 7 contentieux qui se rapetissent comme suit, commune de Kakala (1), commune de Kewa (3), commune de Pondori (1) et commune de Nema Badenya Kafo (2).

Aux termes de la conférence, un code de conduite pour la prévention, la gestion et la résolution des conflits en matière de pêche au niveau de la région a été adopté.

Ledit code de conduite pour la prévention des conflits vise à: faciliter et privilégier la concertation et  le dialogue en matière de gestion des ressources halieutiques et de développement de la pêche dans la région de Mopti; établir des principes et des critères pour la prévention et la gestion des conflits; promouvoir la gestion concertée des litiges et conflits liés aux pêcheries, conformément à nos us, coutumes et autres valeurs traditionnelles séculaires; servir d’instrument de référence pour aider les organes de gestion des pêcheries en les fournissant les orientations utilisables visant à prévenir les conflits autour toute activité ou action susceptible d’être source de conflits dans la gestion et l’exploitation des ressources halieutiques.

Tous les acteurs impliqués dans la gestion des plans d’eau, notamment: les gestionnaires traditionnels; les organisations professionnelles; les pêcheurs autochtones, allochtones et allogènes; les collectivités territoriales décentralisées; les autorités administratives et judiciaires; les services techniques de la pêche et toutes autres entités impliquées dans la filière pêche, devraient collaborer pour assurer l’application, la mise en œuvre et le suivi des objectifs et des principes du code.

Les services chargés de la pêche, les ONG impliquées et les autorités administratives compétentes, devraient promouvoir la compréhension du présent Code en adoptant au besoin des plans visant à favoriser sa diffusion, son application effective et son suivi.

Au titre du présent code de conduite, les communautés de pêche s’engagent à: «respecter les textes législatifs et réglementaires régissant la pêche et reconnaitre les organes de gestion des pêcheries comme le premier partenaire des communautés de pêcheurs en matière de prévention et de résolution des conflits; défendre par tous les moyens légaux les intérêts matériels et moraux des communautés de pêche; ne jamais travailler au détriment des organisations professionnelles de la pêche et de l’aquaculture; s’impliquer dans la mise en place et l’application des conventions locales comme instruments de gestion et de prévention des conflits de pêche dans toutes les zones de pêche de la région; appuyer les organes de gestion des pêcheries et toutes autres structures compétentes impliqués dans la prévention, la résolution des conflits et l’apaisement du climat social entre les communautés de pêche; pprivilégier les voies de résolution des conflits ci-après ( le règlement à l’amiable au niveau du village: par le conseil de village appuyé par les leaders religieux et coutumiers de gestion des eaux et toute personne  ressource; le règlement au niveau de la commune en rapport avec le conseil communal de pêche; le règlement au niveau local en rapport avec le conseil de pêche du cercle; le règlement au niveau régional en rapport avec le conseil régional de pêche); recenser tous les conflits de propriétés coutumières et/ou de litiges liés à l’exploitation des mares, chenaux et autres zones de pêche existants ou pendants auprès des tribunaux en vue de leur traitement par les instances citées ci-dessus; chercher le consensus qui résulte d’un dialogue permanent et constructif entre les leaders coutumiers «maîtres d’eau» et «Djoros» des pâturages), les pêcheurs sédentaires et les migrants en vue d’une exploitation apaisée des pêcheries; s’engager pour le développement à la base et la structuration des  organisations professionnelles de la pêche et de l’aquaculture; moraliser les conditions d’accès à la ressource, de mise en défens des pêcheries y compris les pêches collectives et les redevances perçues par les gestionnaires coutumiers; tenir compte de l’avis des organisations de femmes en milieu pêcheurs dans la prévention et la résolution des conflits; travailler résolument pour l’instauration de pratiques de bonne gouvernance dans toutes les organisations de pêche et d’aquaculture; s’engager à défendre sous toutes les formes légales une pêche et une aquaculture responsables et durables; protéger l’environnement fluvial et tous les autres écosystèmes aquatiques (plaines, mares, chenaux,…) contre toute forme de pollution ou dégradation qui porte préjudice à la ressource; s’engager à combattre la pêche illicite et les mauvaises pratiques de pêche comme la fermeture des lits du fleuve par les barrages de pêche; collaborer avec toutes les parties prenantes dans la gestion des pêcheries afin de garantir à la génération future un meilleur avenir de la ressource; respecter les engagements contractés».

Par Hamidou TOGO

 




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