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mercredi 24 janvier 2018
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Primature: SBM ne doit pas décevoir

Nommé à la tête du nouveau gouvernement, depuis le 30 décembre 2017, à la suite de la démission surprise d’Abdoulaye Idrissa Maiga, le tout nouveau titulaire de la Primature, SoumeylouBoubeyeMaiga, a pris ses instructions auprès du chef de l’Etat, à travers une lettre de cadrage qui lui fait obligation de réussir sur quatre chantiers prioritaires, comme circonscrire la montée de l’insécurité au centre et tenir des élections les moins contestables possibles voire acceptées par tous. SBM est-il capable de relever ces défis à moins d’une année de l’échéance ?

La rentrée des classes du nouveau gouvernement, dirigé par Soumeylou Boubeye Maïga, est effective, depuis le vendredi dernier, suite à la tenue du premier conseil des ministres sur les hauteurs de Koulouba, sous la présidence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keita. Une rencontre durant laquelle le président IBK a tracé à SBM et sa dream-team les grandes lignes de ses chantiers prioritaires (La poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger ; l’endiguement de l’insécurité grandissante dans le centre du pays ; la satisfaction de la demande sociale par l’accélération de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgences sociales ; l’organisation d’élections transparentes, crédibles et apaisées), avant de les envoyer à l’exercice de leurs fonctions : relever ces challenges à l’aune des élections générales qui se profilent à l’horizon.
Certes, le nouveau Premier ministre arrive à une période où le pays est assailli par plusieurs défis d’ordre politico-économico-sécuritaire, qui fait que sa tâche n’est point de tout apparente facile. Mais, à l’évidence, bon nombre d’observateurs sont convaincus que le défi est à la dimension du nouveau Premier ministre qui n’a donc pas le droit de décevoir. Car disposant, dans son équipe, des hommes et des femmes bien connus des Maliens pour leur sérieux, leur acharnement au travail, leur passion pour ce qu’ils font pour le Mali.
Il est aussi vrai que le désormais ancien Secrétaire général de la présidence vient à la Primature dans un contexte national difficile où le doute, l’appréhension, voire le pessimisme, commencent à gagner les esprits. Les Maliens, dans leur grand nombre, même s’ils ne mettent pas en cause la capacité du président de la république à remonter la pente, se posent néanmoins beaucoup de questions. Mais, comme disait le regretté ministre des forces armées et des anciens combattants, le Dr Boubacar SY : « on accepte des responsabilités pour faire face à des situations difficiles et trouver des solutions à des problèmes que l’Epoque et la Nation posent ».
Voilà pourquoi au lieu de gaspiller le temps, à lui imparti, le nouveau chef de l’exécutif se devrait de se hâter pour conforter sa légitimité devant le parlement en présentant aux députés sa déclaration de politique générale ou son programme d’action gouvernementale en vue de mettre en œuvre les missions à lui confiées par le locataire de Koulouba.De ce fait, l’une des premières priorités auxquelles le PM devrait s’attaquer, à notre sens, est sans nul doute l’urgence de trouver les voies et moyens pour circonscrire l’insécurité grandissante dans le nord du pays et surtout dans le centre avec son corolaire de morts tragiques des soldats de l’armée malienne ainsi que ceux des forces internationales sans compter les enlèvements et autres braquages des populations sur le long des tronçons. De ce tableau macabre, l’année 2017, qui vient de s’achever, aura été, comme l’a révélé le Parena, dans un récent communiqué, la plus sombre et la plus meurtrière avec pas moins de 716 personnes tuées.
C’est donc l’urgence qui commande l’action du PM en matière sécuritaire, à prendre vite, et même très vite, à bras-le-corps cette situation qui risque d’entraver l’organisation et la tenue des prochains scrutins sur le territoire national.
Il n’est pas possible pour le PM et son équipe de transiger sur ce terrain d’autant qu’ils doivent se convaincre que tout flop électoral est synonyme de dérapage politique dans le pays avec ses conséquences imprévisibles sur la vie des institutions. Autant donc pour SBM de se rappeler dès à présent les interrogations et les inquiétudes de la classe politique et la nécessité de trouver un consensus avec toutes les sensibilités du pays sur la question avant qu’elle se transforme en contentieux. Il le sait d’autant plus qu’en tant que chef de l’Administration, chargé d’organiser les élections, aux termes du code électoral, tout échec lui serait imputable.
« Le maçon est jugé au pied du mur », a-t-on coutume de dire. Il faut reconnaître à la vérité que, dans ce gouvernement, sous l’ère SBM, il existe du bon, du moins bon et du mauvais, en termes de qualité et de compétence. Compte tenu de l’urgence autour des défis, il est certain que le nouveau PM ne bénéficiera d’aucune période de grâce.
En tout état de cause, de par son parcours, jusque là apprécié par les Maliens, l’on peut fonder un véritable espoir sur le nouveau Premier Ministre afin qu’il puisse imposer la nouvelle feuille de route, pour en produire des actes concrets et vigoureux, à son équipe ; quitte à recadrer certains ministres.

Par Mohamed D. DIAWARA




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