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dimanche 9 mai 2021
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Prime spéciale COVID: la Protection civile au bord de la grève

A l’instar du personnel de santé mobilisé ainsi que des éléments des forces de sécurité et de défense affectés à la surveillance du couvre-feu et des lieux d’attroupements éventuels, une prime spéciale doit être payée aux agents de la Protection civile (Sapeurs-Pompiers), selon un engagement du Gouvernement de la République du Mali. Pendant que les autres sont en train d’être payés en intégralité, le ministère de la Sécurité veut payer la Protection civile par tranche. Faute d’accord sur le paiement en intégralité, pour la date butoir de ce lundi 19 avril, la Section syndicale de la Protection civile qui dénonce une ‘’maltraitance’’ de la part du département de la Sécurité et de protection civile et le Syndicat national des fonctionnaires de la Protection civile déposeront demain un préavis de grève. Voici ce que dit Bruno COULIBALY, le Secrétaire général de la Section syndicale de la Protection civile.

S’adressant à ses militants, il a rappelé l’ultimatum est ce lundi 19 avril 2021 pour que le département apporte une réponse satisfaisante en ce qui est du paiement en tranche unique de la prime spéciale. Pour lui, les autorités font semblant de s’activer pour apporter une réponse ; mais il n’y a aucune avancée tangible.
Pour le secrétaire général de la Section syndicale, il ne s’agit pas pour eux de faire la manche, de quémander quelque chose auprès du ministère de la Sécurité et de la protection civile ; mais plutôt d’un droit. « C’est un décret du Président de la République qui nous a octroyé cette prime. Nous ne réclamons que notre droit. D’un, on ne nous a pas parlé de tranches. De deux, la santé s’est investie dans la lutte contre la maladie à COVID-19 au même titre que la Protection civile. La Protection civile était en contact direct avec les populations, en contact direct avec les malades, en tout cas four et au moulin et même lors des pulvérisations, nous savons ce que la Protection civile a fait. Au moment de tirer profit de la situation, nous ne pouvons accepter d’être relégués au second plan. Ce serait une insulte envers la Protection civile. Nous n’irons pas avec le dos de la cuillère. Monsieur le ministre de la Sécurité, si vous m’entendez, nous ne sommes pas dans des histoires de tranche, parce que le décret ne nous a pas parlé de cela. On a payé l’argent de la santé, on n’a pas parlé de tranche ; pourquoi votre département seulement ? J’ai l’information qu’hier samedi 17 avril 2021, la Police a commencé à percevoir son argent, les mêmes 150 000 FCFA. Pourquoi ? Est-ce que dans le décret on a parlé de tranche? »
Face à ce traitement à deux vitesses d’agents de l’Etat engagés dans le même combat, le Secrétaire général de la section syndicale de la Protection civile s’interroge : « le ministre de la Santé serait-il plus compétent que le ministre de la Sécurité ? Les agents de la santé ont eu leur argent au complet, pendant qu’on est en train de nous payer par tranche. Rien ne peut expliquer cela, nous ne sommes pas d’accord et nous ne serons jamais d’accord. »
En outre, souligne Bruno COULIBALY, la Protection civile a sa spécificité. « Dans lutte contre la maladie à Coronavirus, la Protection civile a travaillé à son niveau, même ceux qui sont dans les bureaux travaillent étroitement avec les hommes de terrain. Dans le décret on dit de prendre en charge tout le personnel de la Protection civile, sauf ceux qui sont en suspension. Le décret est assez clair pour qu’on tente de le tripatouiller. Comment peut-on venir prendre 200 personnes, et décider de leur payer 150 000 FCFA, nous disons non », s’est-il insurgé.
Occasion pour lui de battre le rappel des troupes : « tenez-vous prêts, la guerre sera déclenchée le mardi, parce que la fin de l’ultimatum, c’est le lundi. Nous ne travaillerons pas sur la base suppositions, mais il nous faut quelque chose de palpable, de tangible. A l’ensemble du personnel, tenez-vous prêts, la guerre ne fait que commencer. Nous ne demandons que l’application intégrale du décret. L’argent que nous réclamons ne sort des poches de personnes, c’est l’Etat malien qui paie et c’est l’Etat qui s’est engagé à travers son Président de la République. Un seul département ne peut pas faire exception. Donc tenez-vous prêts ».
Le secrétaire général du Syndicat national des fonctionnaires de la Protection civile, le Lt-Colonel Sinaly BERTHE a dénoncé que sur les 207 000 FCFA que chaque agent devait percevoir, les autorités n’ont payé que 150 000 FCFA et même pas tous les agents concernés. Il rappelle que la Protection civile est un corps qui une vocation humanitaire qui ne réagit qu’en désespoir de cause. Mais cette fois-ci, trop c’est trop. Ils ne toucheront aucun kopeck tant que le problème de paiement ne sera pas réglé au fond. Faute d’accord aujourd’hui, tranche le secrétaire général, le préavis de grève sera demain mardi sur la table du ministre du Travail.

PAR BERTIN DAKOUO




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