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samedi 18 novembre 2017
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Primes de licenciement et d’ancienneté: l’ambassade du Canada au banc des accusés

Le Collectif des travailleurs licenciés de l’Unité d’appui à la coopération Canado-Malienne (UAP-CCM), qui courent derrière leurs primes de licenciement et d’ancienneté, depuis plus d’une année, a animé, hier lundi, à la Maison de presse une conférence de presse. À la faveur de cette rencontre avec les journalistes, le porte-parole du collectif, Hanourou CISSE, a annoncé qu’il allait assigner en justice l’Ambassade du Canada pour non-paiement de leurs primes qui s’élèvent à 72 millions de FCFA.

Ils étaient nombreux, des membres de ce collectif, à prendre part à la conférence qui était animée par leur porte-parole Hanourou CISSE. L’objectif de la conférence de presse était de porter à la connaissance du public, à travers les médias, la violation du Code du travail par la coopération canado-malienne. En effet, selon les membres du collectif, des travailleurs de l’Unité d’appui à la coopération Canado-Malienne (UAP-CCM) de l’ambassade du Canada au Mali ont été licenciés sans prime. C’est-à-dire qu’après de nombreuses années de services rendus à l’ambassade, ces travailleurs ne sont toujours pas remis entièrement dans leurs droits de licenciement et primes d’ancienneté. Il s’agit, selon le conférencier, d’une violation du code de travail de notre pays.
Les conférenciers ont saisi l’opportunité pour lancer un ultimatum à l’ambassade du Canada au Mali afin qu’elle s’acquitte, dans les jours à venir, de cette obligation, au risque de voir ces anciens employés saisir la justice.
Selon la présidente du collectif, Mme BATHILY Sira DIOP, ils étaient une trentaine de travailleurs à l’Unité d’appui à la coopération du Canada qui avait pour mission de renforcer la coopération entre le Canada et le Mali. Elle a expliqué qu’en plus du Mali, la même unité existait dans plusieurs pays. D’après la conférencière, c’est la fermeture de cette Unité qui justifie leur licenciement.
« Il y a une année, le Canada a décidé de fermer son programme de l’Unité d’appui à la coopération dans ses pays d’intervention. C’est suite à cette fermeture que nous avons été licenciés par notre employeur pour des motifs économiques, en juillet 2016. Puisque nous avons été licenciés par notre employeur, nous sommes aussi en droit de réclamer de ce qui nous revient légalement. C’est pourquoi nous avons saisi l’inspection de travail afin que nous puissions rentrer en possession de nos droits, conformément au code du travail de notre pays », a rappelé la présidente du collectif.
Quant au porte-parole des licenciés, il a indiqué que l’inspection du travail a sonné l’ambassade du Canada au Mali pour mettre les membres du collectif dans leur droit. Le Collectif, selon lui, revendique 112 millions FCFA au titre de primes de licenciement et d’ancienneté pour services loyalement rendus. Sur les 112 millions de FCFA, M. CISSE a fait savoir qu’ils ont fait un premier décaissement partiel d’un montant de 32 millions de FCFA, sur recommandation de l’inspection de travail de notre pays.
Il a regretté que depuis le paiement de cette première tranche, les victimes de ce licenciement courent derrière le reliquat des 73 millions de FCFA, malgré les différentes correspondances adressées au ministère des Affaires étrangères, au Secrétariat général de la présidence du Mali et à l’Association malienne des droits de l’homme.
En tous cas, M. CISSE assimile le non-paiement de cette somme à une mauvaise foi de l’ambassade du Canada. Aussi, comprennent-ils mal qu’un pays comme le Canada, dont la réputation en matière de respect des droits de l’homme est de notoriété, puisse fouler ainsi au pied les droits de pauvres travailleurs qu’il a « utilisé » pendant plusieurs décennies.
Alors, le collectif, à travers son porte-parole, se dit déterminé à aller jusqu’au bout de cette affaire afin que les personnes victimes soient dans leur droit. En plus des 72 millions de reliquats, le collectif réclame la somme de 3 millions de FCFA pour chacun des travailleurs licenciés pour le préjudice moral et matériel subi par cet état de fait.
Enfin, puisqu’ayant épuisé tous les moyens de recours de gestion du différend à l’amiable, M. CISSE a annoncé que dans les jours à venir, le collectif se verra dans l’obligation d’assigner en justice l’ambassade du Canada au Mali pour violation du code du travail de notre pays.

Par Sikou BAH et Sandy TOURE (stagiaire)




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