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samedi 24 juin 2017
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Prix des produits pétroliers et les tarifs d’électricité: les orientations du conseil national des prix

La première réunion de l’année 2015 du Conseil national des prix a eu lieu, hier jeudi, dans la salle de réunion du ministère du Commerce et de l’Industrie, sous la présidence du ministre Abdel Karim Konaté. Trois grands points étaient inscritsà l’ordre du jour de cette rencontre trimestrielle : les prix des produits pétroliers, le désengagement progressif de l’État dans le secteur gazier et le niveau d’application de la tarification sociale du prix de l’eau et de l’électricité, conformément à une promesse faite par le gouvernement à l’UNTM.

Au sortir de cette réunion qui avait fait appel à des techniciens des domaines concernés pour éclairer la lanterne des membres de cette organisation, plusieurs recommandations ont été prises.

Sur la question du prix des produits pétroliers, il a été retenu que la baisse des prix des produits pétroliers n’est pas proportionnelle aux prix pratiqués sur le marché international. En effet, depuis le mois de juillet 2014, le baril du pétrole a baissé au moins de 50% sur le marché mondial. Dans les faits, le consommateur malien ne ressent pas encore cette baisse.

Selon le directeur adjoint de l’Office national des produits pétroliers (ONAP), Ibrahim Dansogo, des efforts ont été faits par les services compétents. Cependant, a-t-il expliqué, cette répercussion ne peut être instantanée pour plusieurs raisons. Car, le pétrole étant un produit complexe suit un processus pour être raffiné avant d’être disponible aux consommateurs. Donc, le processus de raffinage est un facteur qui augmente le coût. A cela s’ajoute, le temps d’arrivage des commandes qui nous viennent également de l’extérieur. Lorsque les opérateurs font leurs commandes, le produit prend du temps avant d’être chez nous, a-t-il expliqué. En plus de ces facteurs, le coût du transport n’a pas baissé.Selon le Directeur adjoint par intérim de l’ONAP, la hausse actuelle du dollar ne plaide pas également en faveur d’une marge de réduction du prix des produits pétroliers pour les pays de la zone CFA. Un autre facteur non moins important, selon lui, concerne aussi, la marge de fournisseurs et les impératives liées aux recettes de l’État. C’est en fonction de tous ces facteurs que les prix sont fixés.

Aussi, pendant les périodes  de crise, l’État subventionne ces mêmes produits à des coûts de plusieurs milliards, donc avec la baisse du prix du baril, il sera important de laisser une marge pour renforcer les finances publiques, a-t-on indiqué.

Malgré l’ensemble de ces facteurs, des efforts ont été faits pour aboutir à des réductions des prix à la pompe même si celles-ci ne sont pas proportionnelles aux réalités du marché mondial.

Le Conseil national des prix prend acte des efforts faits et demande au gouvernement de poursuivre sur cette lancée, conformément aux réalités du marché mondial. Par ailleurs, les transporteurs ont été invités à revoir leurs tarifs en fonction des efforts de réduction enregistrés au niveau de la pompe.

Concernant le deuxième point, c’est-à-dire, le désengagement de l’État dans le secteur gazier, le Conseil national des prix approuve, la décision de sortie progressive du gouvernement sur 5 ans pour permettre aux opérateurs de s’autoréguler. En effet, depuis 2011, cette proposition avait été faite. Mais, le processus a été interrompu en 2012 avec la crise. Il a été prouvé que le gouvernement injecte, chaque année au moins 7 milliards de francs CFA pour la subvention du gaz alors qu’il ne profite qu’à moins de 7% de la population.

À partir de cette année 2015, l’État se désengagera de façon progressive, les ressources générées (environ 40 milliards sur les 5 ans) serviront à appuyer les opérateurs à se développer, à promouvoir les énergies renouvelables et les foyers améliorés en milieu rural ainsi qu’à la régénération de la faune et de la flore…

Mais, d’ici là, il a été recommandé l’audit des subventions jusque-là faites par l’État.

Sur la question du respect de la nouvelle tarification des prix de l’eau et de l’électricité, comme souhaité par l’UNTM, en fonction des consommations et de revenus des ménages, les membres du Conseil ont été informés que cette préoccupation a été prise en compte par EDM. À partir déjà de janvier-février, au plus tard, les consommateurs constateront cette baisse sur leurs factures, a expliqué le directeur du CREE, Moctar Touré.

Par rapport aux prix des produits de première nécessité, il a été donné de savoir que les marchés ont été bien approvisionnés ce dernier trimestre. Aussi, les stocks disponibles au niveau des grossistes permettent d’être optimiste pour les mois à venir, nous a confié le ministre du Commerce. Pour ce qui est des prix pratiqués sur le marché, il a été constaté qu’ils sont relativement stables et souvent inférieurs à ceux des années précédentes et à la même période.

La seule inquiétude constatée concerne le lait à poudre qui a connu une légère hausse (7%) par rapport à l’année précédente et à la même période.

Ces efforts des plus hautes autorités ont été salués par les partenaires sociaux qui composent le Conseil : l’UNTM,la CCIM, le Conseil malien des chargeurs, le patronat, les associations de consommateurs.

Par Sidi DAO

 

 




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