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mercredi 22 novembre 2017
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Prix UNESCO-MADANJEET SINGH 2014: le Malien Ibrahim Ag Idbaltanat lauréat

Notre compatriote, Ibrahim Ag IDBALTANAT, président de l’association TEMEDT, a été l’un des lauréats du Prix UNESCO-Madanjeet Singh 2014 pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Il a reçu son prix, le 14 novembre dernier, au siège de l’UNESCO.

Acteur engagé dans la lutte contre les inégalités sociales, Ibrahim Ag IDBALTANAT, à travers son travail comme militant de la société civile, contribue à élargir l’accès aux services sociaux de base et à l’éducation des groupes défavorisés, des femmes, des enfants, des descendants d’esclaves.

Pour l’encourager, l’UNESCO lui a décerné un prix qui comprend un chèque de 50 000 dollars (soit environ 25 millions de FCFA) et un diplôme.

«Le Jury du Prix a souhaité reconnaître votre contribution exceptionnelle à la consolidation de la paix et à la résolution des conflits entre les différents groupes de la société malienne, à travers le dialogue, le respect de la diversité culturelle et la participation inclusive de tous les membres de la communauté dans le processus de prise des décisions. Le Prix salue également votre engagement, de longue date, et un travail courageux en tant que militant de la société civile pour la promotion des transformations sociales positives, de l’inclusion sociale et de la justice, ainsi que vos efforts pour aider les groupes les plus marginalisés et les plus défavorisés de la société, y compris les femmes, les enfants, et les descendants d’esclaves au Mali», avait indiqué le maître des cérémonies à la tribune de l’UNESCO.

«…ce n’est pas que ma modeste personne que vous distinguez aujourd’hui. Au-delà de l’activiste qui ne serait allé nulle part sans l’aide des autres, vous distinguez des personnes dévouées des communautés du Mali, en particulier des communautés du Nord de mon pays, sans distinction d’ethnies, de tribus, de sexes, de religions ou d’âges. Vous distinguez aussi ma famille, mes collègues de TEMEDT, de GARI et tous nos soutiens, leur accompagnement a été déterminant pour être là aujourd’hui», a déclaré le lauréat.

Avant 1985, a-t-il rappelé, il a mis fin à ses ambitions de carrière, pour retourner enseigner aux enfants dans les paillotes et sous les arbres.

‘’Je n’étais pas seul. J’étais avec des amis convaincus, mobilisés, entièrement dévoués à la cause de leurs frères et sœurs. Beaucoup d’entre ces amis sont restés mobilisés; vivant au milieu des leurs, ils n’ont pas eu la notoriété qui m’a été donnée. Mais ce sont eux qui méritent aujourd’hui ce prix Madanjeet Singh pour la promotion de la Tolérance et de la Non-violence. En 1985,  lorsqu’à la tête d’un petit groupe dont le bétail venait d’être décimé par l’une des sécheresses les plus impitoyables du Sahel, je proposais de dompter une nature ingrate avec des ouvrages de conservation des eaux et des sols. J’étais en compagnie d’autres ressortissants du Sahel qui ne voulaient pas s’avouer vaincus ou dépendre de l’aide alimentaire de la Croix-Rouge. Ce prix qui m’honore et dont je suis fier est aussi et surtout le leur’’, a martelé  Ibrahim Ag IDBALTANAT à l’UNESCO.

L’autre lauréat du prix Madanjeet Singh 2014 est le Chilien Francisco Javier Estéves VALENCIA.

Par ailleurs dans une interview à la presse de l’UNESCO, Ibrahim Ag IDBALTANAT  a déclaré : ‘’L’esclavage est illégal au Mali, ce qui est très important, mais les pratiques de servitude et d’esclavage par ascendance persistent encore dans plusieurs localités au pays. Ce système social, même s’il ne comprend plus la capture et la vente d’êtres humains par d’autres, impose une perte des droits fondamentaux (à l’héritage, à la propriété, à la rémunération contre le travail accompli, parfois à disposer de la garde de ses enfants) et en plus, il est à la base d’une discrimination sociale.

La continuité de ses pratiques met en évidence le fait qu’un système social traditionnel encore prime dans certains endroits sur le système républicain moderne, et que dans ce contexte un véritable progrès social et l’épanouissement de chaque personne ne peut être atteint.

Le problème de la pratique de l’esclavage est difficile à résoudre pour des raisons liées avec les modes de vie communautaires, héritées des traditions séculaires, perpétrées parfois par des élites locales.

L’esclavage par ascendance peut se présenter sous des aspects différents. On peut encore trouver des cas d’esclavage de condition extrême tel qu’il a été pratiqué au 12e siècle (l’esclave est un bien de son maitre, il est hérité, espère entrer au paradis par la bénédiction de son maitre, n’a pas la responsabilité de ses enfants).

De façon plus modérée, l’esclave est séparé du maitre, dispose d’une certaine autonomie ; ses enfants sont au service du maitre au besoin ; un échange de biens est fréquent généralement au bénéfice du maitre.

Par ailleurs, ce système permet au maître de marchander des voix pour les leaders politiques (bourrage des urnes avec détention illégale des cartes d’électeurs par les chefs de fraction ou de village).

Par Hamidou TOGO

 




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