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vendredi 23 octobre 2020
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Processus de valorisation: forces et faiblesses

‘’La problématique de la valorisation de la filière coton Mali’’ était, ce lundi 27 janvier 2020, le thème d’un panel initié dans le cadre de la 13e édition de la Foire d’exposition de Bamako (FEBK) qui a pour thème central ‘’la promotion du Mali par le Mali’’, décliné en ‘’valorisation de nos ressources’’. De ces débats, il ressort sur les 11 unités industrielles de transformation de coton recensées dans notre pays en 2006, seulement 5 fonctionnent aujourd’hui, les autres ont disparu. Aussi, nous transformons moins de 2% de la fibre.

Ledit panel était animé par : Baba BERTHE, DG de la CMDT ; Hamane ARBY, Trader international ; Lafia CAMARA, PDG de la société SOMACO. Cette rencontre a permis aux conférenciers de faire l’état des lieux du coton malien, de la phase de production à la commercialisation, en passant par sa transformation industrielle au plan local.

Au terme des échanges, les participants ont fait le triste constat de la disparation progressive des unités maliennes évoluant dans le secteur de la transformation industrielle de notre coton.

Des facteurs favorables

Le DG de la CMDT, Baba BERTHE a axé son intervention sur la production, le bilan et les perspectives de la filière coton au Mali. Parlant du bilan, il s’est montré insatisfait, malgré les prouesses réalisées par les producteurs cette année. Selon lui, la production cotonnière s’élève à 691 millions de tonnes cette année contre 656 millions de tonnes en 2018. Pour le DG de la CMDT, cette amélioration s’explique par une conjonction de facteurs avec en tête l’engagement des acteurs. En second lieu, il a cité la subvention des intrants par l’Etat malien qui a donné un coup de fouet à la production. Mieux, à l’en croire, la culture du coton tire, au Mali, vers le haut, la production céréalière à travers la rotation des cultures. S’agissant du prix du kilo du coton malien, il dira que celui-ci est fixé cette année à 275 FCFA. Un prix qu’il juge attractif dans notre sous-région où le prix le plus élevé sans subvention est de 300 FCFA.   

Parlant des difficultés, le DG de la CMDT a indiqué que la première faiblesse réside dans le rendement à l’hectare au Mali. Alors qu’en Grèce la production tourne autour de 4 tonnes/ha ; 7 tonnes en Australie et au Brésil ; cette année, on était à moins d’une tonne dans certaines zones de production du pays. A cela, s’ajoute, l’analphabétisme des producteurs qui refusent souvent de s’ouvrir aux nouvelles techniques culturales. La baisse des cours mondiaux du coton, le manque d’appui, des primes à l’exportation et la mauvaise pluviométrie sont aussi au nombre des facteurs limitants.

L’équation de la chaîne des valeurs

Parmi les solutions, le Baba BERTHE préconise qu’il faille amender les sols. «Il travailler à ce que l’Etat apporte sa contribution à l’amendement des sols», a-t-il proposé. Aussi, dans les perspectives, la CMDT envisage de faire en sorte que les paysans puissent bénéficier des irrigations d’appoint. «Nous sommes en contact avancé avec certains spécialistes sur la question», a rassuré Baba BERTHE.

S’agissant des aspects de commercialisation de notre production, ils ont été développés par Hamane ARBY, Trader international. D’entrée de jeu, le conférencier a indiqué que la commercialisation concerne la fibre et la graine. Pour ce négociant, il y a deux types de commercialisations, à savoir la commercialisation primaire (achat de coton aux paysans) et la commercialisation secondaire (égrainage). Depuis quelques années, a-t-il fait savoir, le Mali a décidé de ne plus exporter la graine du coton en raison de la demande nationale qui dépasse l’offre. « Et c’est au niveau des fibres que le Mali a plus de problèmes. Car, c’est là où on parle de la chaîne des valeurs au moment de l’exportation », a-t-il révélé. De ses explications, il ressort que le Mali vend sa fibre à travers des négociants qui ne sont pas Maliens. « Car les outils destinés à la commercialisation et les risques liés au cours du coton sont très élevés », a-t-il souligné. Aussi, la CMDT ne peut pas vendre elle-même, car elle transfère tous les risques liés à la monnaie aux négociants. Toutefois, il se réjouit du fait que le coton malien est aujourd’hui vendu à 8 FCFA plus cher sur le marché international que tous les autres cotons d’Afrique à cause de sa qualité. Selon lui, Le Bangladesh est la première destination du coton malien.  À défaut de transformer, on commercialise. Pour que cela marche, il faut une labélisation, et le marketing.

Le défi de la transformation locale

Lafia CAMARA, PDG de SOFACO, spécialisée dans le coton hydrophile, a basé son intervention sur les aspects de transformation locale. Selon lui, le coton joue un rôle important dans le développement de notre pays. Cependant, à peine 1% subit une transformation locale. La grande majorité est exportée sous forme de matière première. Ne nous contentons pas de l’acquis. Même si la CMDT est une merveille, il faut transformer. Faisant l’état des lieux, M. CAMARA a rappelé qu’en 2006, on a enregistré 343 unités industrielles dont 11 seulement transforment le coton. De nos jours, seules 5 de ces entreprises survivent.

L’accessibilité à la matière première et le coût de l’électricité constituent les principaux défis auxquels fait face ce secteur. «Si l’usine fonctionne sur l’électricité, je paie 400 à 500 000 FCFA/mois. Mais en cas de coupures intempestives, il faut investir plus de 1,5 millions de FCFA dans l’énergie pour faire tourner l’usine», a dit M. CAMARA. A ces difficultés s’ajoute le manque de ressources compétentes ; la concurrence déloyale. «Nous avons l’un des marchés les plus ouverts », a-t-il déploré.

Comme solutions, il a préconisé la subvention de l’électricité, l’accès au financement, l’intensification de la lutte contre la concurrence déloyale. «Transformer le maximum de la production nationale au plan local nous met à l’abri de la fluctuation des cours mondiaux», a-t-il conseillé.

Mme Mariétou DICKO, a développé les aspects de l’artisanat. Selon elle, l’artisanat du Mali est très prisé à l’extérieur. Son cri de cœur est que la CMDT fasse la part belle à l’artisanat malien.

Par Abdoulaye OUATTARA




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