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mardi 19 septembre 2017
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Processus référendaire: les intimidations du camp du « non »

La Plateforme « An tè A bana, touche pas à ma constitution » a réussi encore à mobiliser des milliers de personnes, le samedi dernier, pour dire non à la révision de la Constitution tout en demandant au Président de la République, IBK, d’abandonner purement et simplement son initiative. Mais l’objectif de mobiliser un million de manifestants à Bamako était loin d’être atteint par les organisateurs. Selon la Police, les manifestants étaient estimés à près de 10 000 individus.

Les partisans du « Non » à la révision constitutionnelle ont marché le samedi dernier de la Place de la Liberté à la Bourse du travail de Bamako. Cette marche était la 3e grande mobilisation du camp du « Non » à la révision constitutionnelle. Elle a mobilisé des milliers de personnes qui scandaient des slogans hostiles au régime.
« IBK dégage » ; « IBK, on vous dit non à la révision constitutionnelle » ; « Non au référendum » ; « Non à la partition du pays » ; « Non à la division du Mali » ; « Oui à l’unité du Mali », étaient entre autres propos scandés par les marcheurs habillés en T-shirt rouge, couleur du « non » à la révision constitutionnelle.
D’autres brandissaient des banderoles et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: « Ne touche pas à ma constitution » ; « Non à la révision constitutionnelle » ; « Non à la partition du pays » ; « Carton rouge à IBK » ; « IBK dégage » ; « trop c’est trop » ; «Non au tripatouillage constitutionnel» ; « Vive la Constitution du 25 Février 1992 », etc.
La marche qui est partie de la Place de la Liberté pour prendre fin à la Bourse du travail de Bamako était conduite par des responsables de partis politiques de l’opposition et des responsables de la société civile malienne. Il s’agit notamment de Soumaila CISSE, de Zoumana SAKO, de Modibo SIDIBE, de Tiébilé DRAME, de Amadou THIAM, de Daba DIAWARA, de Hammadoun Amion GUINDO, d’alias Ras KEBE.
Le chef de file de l’opposition, Soumaila CISSE, a déclaré que cette mobilisation est un avertissement au Président de la République afin qu’il revienne sur sa décision de révision de la Constitution du 25 Février 1992.
« Nous sommes un million de personnes à sortir ce samedi 15 juillet à Bamako pour dire non à la révision constitutionnelle», a estimé Soumaila CISSE, le leader de l’opposition politique. Avant de dire : « Il faut rester toujours mobilisé à chaque fois qu’on vous fait appel ».
Selon le 1er vice-président de la Plateforme, Amadou THIAM, non moins député de l’ADP-Maliba, cette manifestation était synchronisée avec des marches dans plusieurs grandes villes du pays et de l’extérieur.
« Je vous dis qu’en plus de Bamako, des populations de plusieurs localités du pays et d’ailleurs ont marché pour dire non à la révision de la Constitution. S’il faut comptabiliser l’ensemble de ces manifestants, je vous dis que nous sommes plus de 2 millions de Maliens aujourd’hui (Ndlr : le samedi 15 juillet) à demander à IBK d’abandonner son projet », a fait savoir M. THIAM.
Il a ensuite mis en garde le régime en déclarant : « Si le gouvernement ne renonce pas à sa démarche, la manifestation qui va suivre celle-là fera très mal».
Quant à Tiébilé DRAME, il n’est pas question pour notre pays d’accepter une Constitution venue de l’étranger. Il conseille ainsi à IBK de retirer purement et simplement son projet, et de réunir les parties prenantes : les associations ; les jeunes ; les femmes ; l’opposition ; la majorité ; les opérateurs économiques ; les femmes entrepreneurs; les syndicats. Ce, explique-t-il, pour réunir toutes les forces vives du pays autour du présent et de l’avenir immédiat du Mali.
Avant la fin de la manifestation, la Plateforme « An tè A bana, touche pas à ma constitution » a donné lecture de sa déclaration dans laquelle elle interpelle le Président IBK et l’invite à surseoir à sa tentative de révision de la Constitution.
Selon la Plateforme, la grande mobilisation est le témoignage éloquent de la détermination des forces vives du Mali à combattre le mépris, l’arrogance, l’autisme et les tentatives d’instaurer dans notre pays un « pouvoir personnel rétrograde ».
Aussi, soutient-elle, la mobilisation de ce jour un autre signal fort, très fort et un carton rouge au Président de la République, au gouvernement et, au ministre de la Réforme de l’État qui sont allés chercher à l’étranger une constitution qu’ils voudraient substituer à celle adoptée par le peuple souverain du Mali au lendemain de la Conférence nationale, de toutes les forces vives du pays.
Toujours, dans sa déclaration, la Plateforme s’en prend à l’Arrêt de la Cour constitutionnelle qui, selon elle, déforme les faits du moment où elle estime que l’intégrité du territoire national n’est pas violée alors que de Korienzé à Ténenkou en passant par Youwarou et à Kouakourou, les représentants de l’État ne sont plus à leur poste de travail.
Elle conclut sa déclaration en invitant le Président à retirer son projet, à renoncer à cette révision constitutionnelle, tout en respectant les droits démocratiques du peuple malien.
Et la Plateforme pense réussir son combat lorsque le Président de la République retira purement et simplement son projet.

Par Sikou BAH




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