Prochaine Cop 22 à Marrakech: le Mali prépare activement sa participation

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La salle Marhaba de l’hôtel Salam a abrité, hier mardi, l’atelier de restitution de la 21e conférence des parties sur les changements climatiques (Cop 21) à Paris et en même temps le lancement de la Commission d’organisation de la Cop 22 qui se tiendra à Marrakech. La cérémonie était présidée par Mme Keita Aida MBO, ministre de l’Assainissement et du Développement durable, en présence des partenaires techniques et financiers et les représentants des structures rattachées au département en question. Les représentants de la société civile ont aussi participé massivement à cet atelier.
Permettre à chaque participant de faire des propositions pertinentes pour que la délégation malienne parte à Marrakech avec un fil conducteur concret, tel était le principal objectif de cet atelier qui a permis aussi de tirer les leçons de la COP de Paris.
La ministre a d’abord souhaité la bienvenue à l’ensemble des participants avant de rappeler que la délégation malienne de la Cop 21 était conduite par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. Elle était composée de 147 personnes, a indiqué la ministre. Selon Aida MBO, la mobilisation de cette forte délégation en valait la peine, car les changements climatiques constituent une réalité au Mali. Ils aggravent la dégradation de l’environnement, affectent les efforts du gouvernement pour la réduction de la pauvreté.
« La lutte contre les effets négatifs du changement climatique est dès lors une priorité nationale en vue de promouvoir le développement durable du pays », a soutenu Mme Keita. C’est pourquoi poursuit-elle, le gouvernement du Mali a affiché une ambition de contribuer à l’effort mondial de réduction du gaz à effet de serre, selon la ministre. Elle a par ailleurs invité les participants, qu’elle considère d’ailleurs comme les acteurs fervents de la lutte contre les changements climatiques, à ne négliger aucun point et à faire des réflexions concrètes pour aboutir à des propositions à la hauteur des attentes.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présentation de M. Yattara, de l’ONG Réseau-Climat, qui a expliqué le rôle important joué par la société civile dans les propositions lors des préparatifs de la 21 COP. Il a, à cet effet, cité quelques leçons à retenir pour les recommandations que la société civile a agrainées pendant la rencontre. Selon M. Yattara, le Mali était fortement impliqué dans les différents groupes de travail et a contribué pour que les recommandations répondent aux préoccupations des populations maliennes, dans le but de faire face aux conséquences des changements climatiques. La leçon apprise a été que notre pays a eu un problème de coordination entre les acteurs du gouvernement et ceux de la société civile. Cet atelier sera sans doute une occasion de corriger ces lacunes qui ont affecté le séjour de la délégation, même si au finish, tout est rentré dans l’ordre. Un autre dysfonctionnement que Mme la ministre a déploré est le manque de communication sur les efforts de l’ensemble des acteurs de la Cop 21 : « le Mali, à l’instar des autres pays, prépare le Cop 22. Il faut le dire, nous sommes en retard en comparaison aux autres pays. La raison est que les acteurs de la société civile et le gouvernement de ces pays communiquent et coordonnent leurs actions. À cet effet, je sais compter sur vous pour qu’à la fin de cet atelier, nous aussi, les Maliens puissent avoir quelque chose de concret pour Marrakech », a-t-elle dit avant de souhaiter un bon séminaire aux participants.
Quant à Monsieur Seni Nafo, le président du groupe africain de négociations du Cop 21, le Mali est en train de travailler sur la stratégie nationale de financement de l’environnement, la mise en place d’un fonds national de l’environnement. À cet effet : « nous sommes en train de voir avec les différents départements sectoriels, notamment celui l’énergie, un grand programme sur les énergies renouvelables, dont le solaire, brider tous les sites isolés dans le territoire du Mali environs 65 mégawatt, pour un budget de plus de 150 millions de dollars », a-t-il dit. Il a par ailleurs affirmé que le ministère de l’Environnement, de l’assainissement et du Développement durable va coopérer rapidement avec le ministère de l’Agriculture sur un grand projet qui concerne la fertilité des sols, l’irrigation.
« Je pense qu’on est sur le plan d’investissement d’à-peu-près d’une centaine de millions de dollars. Nous avons déjà mobilisé le financement pour les études de faisabilité de 3 millions de dollars, la requête va partir d’ici mi-septembre », a-t-il dit avant de rappeler que Paris c’était la COP de la décision et que Marrakech allait être la COP de la mise en œuvre. À cet effet, il a rassuré que le gouvernement malien est déjà en train de préparer le bilan pour ce qui a été mobilisé de ce qui reste à mobiliser pour avoir un chemin clair avant le jour J.

Par Christelle KONE et Bénédicte SOMBORO

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