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mardi 21 novembre 2017
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Promotion de la planification familiale au Mali: une attention particulière aux jeunes

En prélude au lancement de la 13e édition de la campagne nationale en faveur de la promotion de la planification familiale (PF), prévue du 24 août au 23 septembre, avec pour thème : « Une jeunesse responsable et engagée en faveur de la PF au Mali, un moyen pour atteindre le dividende démographique », le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, à travers la direction nationale de la Santé et ses partenaires, a organisé, hier mercredi, dans sa salle de réunion, une conférence de presse focalisée, sur un partage de messages à intérêt médiatique sur la planification familiale au Mali.

La conférence était animée par le Dr BORE Saran DIAKITE, chef de Division santé de la reproduction à la direction nationale de la Santé ; le Dr KEITA Fadima TALL, chef section santé des adolescents et jeunes à la DNS ; Mme KEITA Oumou KEITA, ancien Point focal national PF, personne ressource pour la DNS.
On y notait la présence d’autres partenaires du ministère en matière de promotion de la PF.
D’entrée de jeu, le Dr BORE a souligné que la journée de lancement de cette 13e édition était programmée pour ce matin, au Palais de la Culture de Badalabougou, sous le haut patronage de la Première Dame du Mali, KEITA Aminata MAIGA.
Cette année, il s’agira de mettre l’accent sur la mobilisation des jeunes et des femmes dans les zones à faible prévalence contraceptive.
Les objectifs ultimes de la campagne sont d’accroitre le nombre actuel d’utilisatrices de la PF, en mettant l’accent sur les méthodes contraceptives de longue durée d’action (MLDA) et de contribuer à réduire le taux de mortalité maternelle et infantile au Mali.
Selon le Dr BORE Saran DIAKITE, la planification familiale est l’ensemble des mesures prises par un individu ou un couple afin d’avoir le nombre d’enfants qu’il veut et de choisir le moment auquel il veut l’avoir tout en espaçant les grossesses d’au moins 2 ans.
Aussi, a-t-elle noté, la Planification familiale aide à éviter les grossesses à haut risque, qui sont dangereuses pour les mères et leurs enfants. En effet, selon les spécialistes, une grossesse est particulièrement à risque si elle se trouve parmi les « quatre trop » : mère trop jeune (moins de 18 ans) ; mère trop âgée (plus de 35 ans) ; naissances trop nombreuses (4 enfants ou plus) et naissances trop rapprochées (moins de 2 ans entre elles).
Par contre, a fait savoir le Dr BORE, la planification familiale contribue au bien-être de la communauté et des familles.
L’adoption généralisée de la PF, soutient la conférencière, peut influer sur le rythme de développement national, à travers le dividende démographique ; contribue à améliorer le statut des femmes, ainsi que la santé des femmes et des enfants ; et à responsabiliser davantage les hommes.
« L’on entend par dividende démographique la croissance économique résultant de l’évolution de la pyramide des âges de la population d’un pays », dira la conférencière.
Ainsi, estiment-elles, un dividende démographique survient lorsque la baisse du taux de natalité entraine des changements dans la distribution par âge d’une population.
Par ailleurs, soutiennent les conférencières, les méthodes contraceptives n’ont pas de conséquences sur la santé. Mais, elles peuvent avoir des effets secondaires qui, à leur avis, sont rares et peuvent être gérés rapidement.
« Les méthodes de contraception ne rendent pas stériles, mais le retour à la fécondité est plus ou moins rapide, selon les méthodes », ont-elle expliqué.
Selon les conférencières, notre pays s’est activement engagé dans un processus de repositionnement de la planification familiale depuis 2005 en vue de répondre de façon satisfaisante et novatrice aux énormes besoins non satisfaits en la matière. Toutefois, reconnaissent-elles, malgré les énormes efforts consentis et les ressources mobilisées, les résultats obtenus en matière de planification familiale au Mali sont en deçà des attentes.
« Le taux de prévalence contraceptive du Mali est parmi ceux des plus faibles d’Afrique (9,9 %). L’indice synthétique de fécondité est resté presque stable cette dernière décennie (6,1 enfants par femme). Et les besoins non satisfaits en planification familiale sont passés de 31 % à 26 % », ont rappelé les conférencières.
Pour elles, les facteurs socioculturels, les fausses rumeurs, la non-disponibilité de façon constante par endroit des produits contraceptifs, le coût élevé des méthodes de contraception, particulièrement celles de longue durée, en sont pour beaucoup dans la non-satisfaction des besoins de Planification familiale.
De même, la mortalité maternelle reste élevée dans notre pays qui enregistre 368 décès maternels pour 100 000 naissances. Pis, chaque année au Mali, environ 2 400 femmes meurent des complications de la grossesse et de l’accouchement. Et ce sont des milliers de femmes et de filles qui souffrent de complications comme la fistule.
Ces résultats nous interpellent tous à entreprendre des stratégies et des actions les plus pertinentes pour inverser cette tendance. Particulièrement, les jeunes couples qui doivent comprendre que la planification familiale leur assure l’harmonie et une bonne santé.
Notons qu’une caravane est en cours dans le District de Bamako pour informer et sensibiliser les jeunes et les femmes sur les avantages de la planification familiale. Aussi, sur le site de lancement, des services de la PF sont offerts gratuitement.
À propos de la récente mesure de la CEDEAO relative à la limitation des naissances, le Dr BORE a été très clair : « Le Mali, pays pro nataliste, n’ira jamais à la limitation des naissances, quelle que soit la pression qu’on lui mettra ».

Par Sékou CAMARA




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