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samedi 18 novembre 2017
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Promotion des industries et compétitivité des produits: l’OPI dresse un catalogue des productions maliennes

L’Organisation patronale des industriels du Mali (OPI) sous l’égide du ministère du Développement industriel, a tenu, samedi dernier, son assemblée générale annuelle. Elle a profité de l’occasion pour présenter le catalogue des produits industriels fabriqués au Mali, dans le but d’encourager les Maliens à consommer d’abord malien et amener à orienter la Commande publique en faveur des productions nationales, un geste de patriotisme économique.

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre du Développement industriel, Mohamed Ali Ag Ibrahim, en présence du président de l’OPI, Cyril ACHCAR. On y notait également la présence des présidents du Conseil national du patronat (CNPM), Mamadou Sinsi COULIBALY, et de la Chambre de commerce d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf BATHILY.
L’Organisation patronale des industriels est le groupement professionnel des « industriels de la manufacture » crée le 5 juillet 1975 et qui regroupe 130 unités installées recensées dans le secteur « formel », 70 % d’entre elles sont actives, c’est-à-dire à jour de leur cotisation, a expliqué son président.
Elle participe avec les entreprises minières et celles du bâtiment & TP à 22 % dans le PIB du pays. Cependant, prise séparément, la manufacture fait – 6 % du PIB (source INSTAT 2015) contre 11 % la moyenne des pays de l’UEMOA.
Selon Cyril ACHCAR, c’est cette situation alarmante qui a conduit l’OPI à l’élaboration d’un programme de mandature intitulé « le livre blanc de l’industrie » au mois de juin 2013 à la faveur de l’élection présidentielle puis devenu « le livre blanc de l’industrie, tome 2 » à la faveur de la dernière élection du bureau de l’OPI en juin 2015.
Après avoir remercié le gouvernement, à travers le ministre du Développement industriel, pour son grand attachement à la promotion de l’industrie nationale, dont il a fait preuve, depuis plus de 18 mois ; Cyril ACHCAR a annoncé au grand public, venu assister à cette cérémonie, la parution du Catalogue des produits industriels « made in Mali ».
La motivation profonde de la réalisation de ce « Catalogue des Produits industriels made in Mali », est de faire connaitre les principaux produits fabriqués au Mali au bénéfice des consommateurs sans oublier le plus grand d’entre eux à savoir l’État et sa commande publique.
Il s’agit aussi d’encourager l’investissement productif, montrer les produits fabriqués du Mali, valoriser la production locale ‘’ Made in Mali ‘’, orienter la Commande publique en faveur des productions nationales, encourager le patriotisme économique et séduire les consommateurs.
L’impact attendu de l’initiative du Gouvernement, à travers la mise en œuvre du dispositif de la commande publique, soutient-il, peut s’avérer déterminant au plan de la croissance économique et de l’amélioration de certains équilibres macroéconomiques du pays.
Selon le président de l’OPI, l’économie malienne se remet difficilement des conséquences de la crise de mars 2012, prolongée, hélas, par une guerre larvée et persistante qui entraîne le morcellement du territoire national en rétrécissant par ce fait le marché national : ‘’vendre à Mopti est devenu compliqué, vendre à Tombouctou n’est plus qu’un souvenir… ‘’.
La promotion des achats publics de biens et services, produits localement, marque ainsi le début d’un processus d’incitation à fabriquer localement pour faire face aux besoins réels de notre Administration publique en matière de biens d’équipement, de consommables et de consommations, est-il convaincu.
Il a invité l’ensemble des industriels du Mali à faire preuve de plus de dynamisme et d’ingéniosité pour adopter une position concurrentielle permettant d’offrir à l’État, à travers la commande publique, des produits compétitifs, de bonne qualité et à des prix abordables.
Au sujet de l’AG, le président a indiqué que l’année écoulée avait été significative dans la vie de l’organisation avec la poursuite du processus de dialogue public-privé. Tout chose ayant conduit entre autres à l’inscription dans la loi de finance 2017 de la déductibilité du TAF sur les investissements productifs, l’avènement d’un fonds d’investissement en sus du fonds de garantie auprès du FGSP, la relecture partielle du décret sur la répartition des produits amendes, confiscations, pénalités frais de poursuite et de primes sur les saisies et fraudes, même si le processus de réforme doit continuer pour que la mesure impacte réellement sur l’industrie.
Le président reconnait des difficultés réelles pour le secteur, en témoigne le taux de 6 % représentant la part de la manufacture dans la formation du PIB.
Le secteur fait également face aux problèmes de fraudes et de concurrence déloyale, l’état des zones industrielles, l’absence d’énergie ou les coupures à répétition de l’EDM, la cherté de l’argent pour les investissements industriels et le manque de disponibilité de la matière première locale, illustrent à suffisance la situation difficile de l’industrie.
« La balance commerciale reste déficitaire de plus de 400 milliards de FCFA, preuve s’il en fallait que nous développons plus nos voisins que nous ne nous développons. Cette situation interpelle également les Industriels ! Il s’agit de changer la structure même de notre économie », a martelé M. ACHCAR.
La bonne santé des entreprises industrielles est, dit-il, d’abord la base pour un pays qui désire l’émergence : une croissance robuste, de la création d’emplois et plus de recettes fiscales.
À la suite de ce tableau de la situation de l’industrie dans notre pays, le président du CNPM a identifié des goulots d’étranglement avant de prodiguer des conseils.
Selon lui, pour l’émergence de nos unités industrielles, il faut mettre fin au commerce traditionnel ; travailler énergiquement pour l’amélioration de la qualité des produits de nos industries…
Aux patrons d’entreprises, le président du patronat, Mamadou Sinsi COULIBALY, a souligné que leur comportement ne devait pas être ostentatoire de leurs produits.
Le ministre du Développement industriel s’est félicité de l’édition du catalogue des produits maliens par l’OPI., qui concerne pas moins de 57 unités industrielles dans les secteurs de l’agro-industrie, l’emballage, le plastique…
Le ministre Mohamed Ali Ag Ibrahim a salué un secteur dont le génie est à préserver à tout prix. Toutes les activités du département, a-t-il indiqué, sont orientées vers la vision du président IBK de faire du secteur secondaire, un moteur de développement. Car toutes dépenses et achats effectués ailleurs constituent des emplois perdus pour notre pays. C’est pourquoi il a réitéré la disponibilité du gouvernement, à travers son département, à apporter tout le soutien nécessaire pour que les produits maliens puissent être agressifs et compétitifs sur le marché.

Par Sidi Dao




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