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jeudi 20 janvier 2022
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Prorogation de la transition: le sordide jeu de l’obstruction

Alors que c’est maintenant, plus que jamais, que doit se matérialiser la devise nationale, ‘’Un Peuple- Un But-Une Foi’’, en raison de la forte pression que fait peser la CEDEAO sur notre pays sur la durée de la transition et l’organisation d’élections, une portion de l’opinion politique ne s’embarrasse point de charger les autorités de la Transition de décision unilatérale, occultant qu’elle n’est que la résultante de son boycott. Quelle est la base de la légitimité du nouveau chronogramme soumis à l’organisation communautaire ?

Telle une épée de Damoclès, notre pays est exposé à la tempête des sanctions économiques et financières depuis que l’organisation communautaire a eu connaissance des conclusions des Assises Nationales de la Refondation, niveau national, tenues à Bamako, les 27, 28, 29 Décembre 2021. Cela est une lapalissade qui ne devrait souffrir de laisser une quelconque brèche à l’unité nationale.

Paradoxalement, alors que le sort de notre pays se discutera ce 9 janvier, à l’occasion d’un sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO, des voix discordantes s’élèvent au plan national pour dénoncer une décision unilatérale des autorités de la Transition. Une accusation difficilement recevable pour différentes raisons.

La première est que ce sont les participants aux Assises Nationales de la Refondation qui se sont prononcés pour la prorogation de la transition afin de pouvoir réaliser les réformes institutionnelles structurantes et, par conséquent, permettre des élections crédibles, équitables et transparentes. Les délais avancés varient de 6 mois à 5 ans.

La seconde est que le processus des Assises Nationales de la Refondation a été inclusif.

En effet, la session au niveau national fait suite aux phases communales, locales, régionales ainsi qu’à celles ayant concerné les Maliens établis à l’extérieur et les réfugiés, phases qui se sont tenues du 11 au 23 décembre 2021.

Aussi, faut-il souligner qu’outre les membres du Panel des Hautes personnalités et de la Commission d’organisation des ANR, des experts dans les différentes thématiques discutées, les délégués venus de toutes les régions de Mali, des représentants de la société civile et des Maliens établis à l’extérieur ont pris part aux travaux.

D’ailleurs, apprend-on de bonnes sources, si les états-majors politiques se démarquent de la perspective de la prorogation de la transition, les responsables aux niveaux local et régional ont pris part aux travaux préparatifs de la phase nationale des Assises Nationales de la Refondation.

Dès lors peut-on s’autoriser à soutenir que la décision de la prorogation de la transition afin de pouvoir réaliser les réformes institutionnelles structurantes est frappée du sceau de toute la légitimité requise. Aussi, les ruades dans les brancards ne peuvent que trahir une certaine inconséquence puisque le risque connu et encouru de tout boycott est la non-prise en compte de l’avis de celui qui en fait  l’option. Le sordide jeu de l’obstruction auquel nous assistons ne grandit donc pas ses auteurs. Ressaisissons-nous et avançons ensemble.

PAR BERTIN DAKOUO




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