Protection des données à caractère personnel: l’APDP face aux acteurs du secteur privé

Après les utilisateurs des données à caractère personnel, la Maison des ainés a abrité, hier jeudi, l’atelier portant sur l’information et la sensibilisation du secteur privé sur la notion de protection des usagers des données à caractère personnel. L’ouverture des travaux était placée sous la supervision du président de l’APDP, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim HAIDARA, en présence des acteurs du secteur privé (les responsables des banques, des hôpitaux, les DG d’Orange et Malitel).

Ladite rencontre avait pour but de sensibiliser et d’informer les acteurs, détenteurs et utilisateurs des données sur les modes de protection, gages de promotion des droits humains et un impératif de bonne gouvernance pour la préservation de la vie privée des citoyens, sans distinction de race, d’origine, de couleur, de sexe, d’âge, de langue, de nationalité…
D’autre part, s’agissait-il de révéler l’étroite collaboration qui existe entre l’APDP et le secteur privé dans la prise en charge efficiente de la problématique des données personnelles.
Le patron a surtout rappelé les missions principales de l’APDP, dont l’information, la protection, l’anticipation, la répression et l’anticipation. Il y a également, selon lui, le contrôle et sanction qui figurent en bonne place de ces missions.
Le président de l’APDP à l’entame de ses propos a indiqué que grâce à l’évolution des nouvelles technologies, les fichiers étaient désormais omniprésents dans le quotidien.
« Le constat a été fait que les données personnelles sont devenues des armes de conquêtes, un instrument de pouvoir pour les États et les entreprises, chacun voulant imposer sa vision et son emprise, c’est cette volonté de la part de ces puissances de vouloir pénétrer les données personnelles qui a donné naissance à un nouveau concept, celui de la surveillance par défaut », a affirmé M. HAIDARA
Dans le monde actuel, a-t-il soutenu, personne ne peut offrir de garantie à ses clients, à ses investisseurs s’il ne s’appuie sur un cadre juridique clair qui garantit la sécurité des données ; personne ne peut se sentir en sécurité lorsqu’à travers le traitement numérique automatique de l’information, un fichier peut être transmis sur le plan national et international.
Aussi, le constat est-il que le numérique peut apporter des bénéfices considérables, mais aussi un risque majeur de surveillance généralisée.
C’est pour répondre à ces préoccupations, dira-t-il, que la République du Mali, par la loi n° 2013 015 du 21 mai 2013, a mis en place son Autorité administrative indépendante, dénommée APDP, ayant pour objectif, d’assurer à toutes personnes physiques ou morales, publiques ou privés la protection de ses donnés à caractère personnel, sans distinction aucune.
Par ailleurs, il a souligné que le droit à la protection des données était en lien étroit avec le développement de la technologie de l’info et de la communication.
Selon le directeur de l’APDP, l’utilisation de cette technologie est incontournable et s’applique à l’ensemble des activités de la vie privée et publique qui ont de plus en plus recours à l’informatique.
Dans la même lancée, M. HAIDARA a indiqué, l’introduction des moyens informatiques doit pouvoir assumer une sécurité accrue à l’environnement juridique et technique de traitement des données personnelles, proposer une réflexion préalable sur la finalité de sécurisation des données personnelles et renforcer la transparence et la confiance des citoyens dans le système informatique.
Toutefois, il a invité les participants à veiller au respect de la législation en vigueur pour le confort des libertés fondamentales des individus, en tenant compte des prérogatives de l’État, de la loi des collectivités territoriales, des intérêts de l’entreprise et de la stabilité de la société civile.
De son point de vue, cette rencontre a été un moment opportun pour les acteurs de prendre contact avec l’APDP en vue de se mettre en règle.
Le président dit pouvoir compter sur les participants afin de promouvoir la culture de respect de la loi, à travers la gestion efficiente et responsable des données personnelles dans l’esprit de la loi portant sur la protection des personnes.
D’autre part, la directrice de la technique au sein de l’APDP, Mme SOW Ahminata SIDIBE, a rappelé quelques notions de l’APDP aux participants, notamment l’obligation vis-à-vis des données personnelles, le traitement des données et la procédure de déclaration de traitement.

Par Bénédicte SOMBORO (Stagiaire)

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