Protection des données à caractère personnel: le sens, la portée et la problematique

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Le président de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (ADPD), Oumarou Ag Mohamed Ibrahim HAÏDARA, non moins ancien président du Haut Conseil des collectivités territoriales du Mali, a présidé, hier mercredi, à la Maison des aînés les travaux de la rencontre entre sa structure les utilisateurs des données. M. HAIDARA a lancé un appel solennel aux utilisateurs des données à se faire recenser auprès de l’ADPD aux risques d’enfreindre à la loi.

Cette rencontre avait pour but d’informer et de sensibiliser les détenteurs et les utilisateurs des données personnelles sur le sens, la portée et la problématique des données personnelles. Elle a été une occasion pour les participants d’être édifiés sur le concept de protection des données à caractère personnel ; la procédure à suivre devant l’Autorité en cas de besoins.
À travers l’organisation de cette rencontre, il s’agissait aussi pour les responsables de l’Autorité d’expliquer : ses missions, son organisation, son fonctionnement aux responsables des ressources humaines et de l’informatique, des entreprises et de l’administration publique d’État.
Selon les initiateurs de cette rencontre, en cette ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication, on constate que de plus en plus les sociétés et entreprises et même l’administration d’État s’adonnent à profusion à la collecte et au traitement des données à caractères personnel à l’insu des intéressés. Ainsi, ont-ils fait savoir, lorsque vous téléphonez, surfez sur Internet ou utilisez simplement un ordinateur, vous laissez des traces qui peuvent être utilisées à des fins malveillantes. Ce qui, de toute évidence, porte atteinte à la vie privée des individus voire à leur intimité. En effet, le Mali, à l’instar de tous les pays du monde, connaît un essor considérable des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ce développement a fortement impacté la vie des citoyens à travers l’avènement de l’économie numérique, le partage de l’information, des données électroniques et l’accès au savoir. Aujourd’hui, force est de constater qu’avec l’ADPD que l’outil informatique expose la vie privée des utilisateurs avec en toile de fond la cybercriminalité, les menaces sur la souveraineté et la sécurité nationale, les violations des libertés publiques et des droits fondamentaux de la personne humaine. Devant ces opérations d’un genre nouveau, il est apparu nécessaire, selon les responsables de l’ADPD, de protéger les données personnelles.
Conscient de la gravité de la situation et prenant la juste mesure de ces différentes atteintes sur les personnes humaines, notre pays à élaborer et adopté, depuis 2013, une loi qui protège les données à caractère personnel. Cet intérêt des pouvoirs publics pour la question s’est traduit par la création en mai 2013 de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (ADPD). Cette instance a pour mission d’assurer à toute personne physique ou morale, publique ou privée, la protection de ses données à caractère personnel, sans discrimination. Ainsi, l’Autorité est chargée de sanctionner les violations de libertés publiques. Les plaintes sont portées devant le procureur. L’Autorité est composée de 15 commissaires représentants toutes les sensibilités du pays.
À l’ouverture des travaux, le président de l’Autorité, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim HAIDARA, a souligné que cette rencontre vise à jeter les bases d’un cadre de collaboration étroite entre son organisation et les utilisateurs pour une meilleure prise en charge de la problématique des données personnelles dans notre pays.
Pour ce faire, l’ADPD, selon son président, entant veiller au respect de la législation en vigueur pour le confort des libertés fondamentales des individus et en tenant compte, des prérogatives de l’État, du droit des collectivités territoriales, des intérêts des entreprises et de la stabilité de la société civile.
Pour M. HAÏDARA, l’opportunité de cette rencontre constitue une opportunité pour tous les acteurs d’accorder les violons afin de promouvoir la culture du respect de l’autre, à travers une gestion efficience et responsable des données personnelles dans l’esprit et la lettre de la loi portant protection des données personnelles en République du Mali.
Avant de terminer, il a invité toutes les structures relevant du domaine de l’utilisation des données personnelles à prendre contact avec l’ADPD afin de se mettre en règle au risque d’enfreindre à la loi.

Par Abdoulaye OUATTARA

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