Protection des données personnelles: l’APDP sensibilise les hommes de médias

Après les acteurs du secteur public et privé, les responsables de l’APDP (Autorité de protection des données personnelles) étaient face aux hommes de médias, avant-hier mercredi, à la Maison de la presse de Bamako. À travers cette conférence, l’APDP entend jeter les bases d’un cadre de collaboration étroite entre elle et les organes de presse pour une prise en charge efficiente de la problématique des données personnelles en République du Mali.

Cette conférence était animée par le président de l’Autorité, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim HAÏDARA, qui avait à ses côtés les deux rapporteurs de l’APDP, à savoir : Chouabou COULIBALY et Mme Diallo Maïmouna COULIBALY.
L’objectif de cette série de rencontres est d’informer tous les acteurs, à savoir : les détenteurs, utilisateurs, responsables de traitement des données sur les missions de la nouvelle structure, ses procédures et de sensibiliser par rapport aux données personnelles, a indiqué le patron de l’APDP.
Dans son exposé liminaire, le président de l’autorité a souligné qu’à partir des révélations faites par Edward SNODEN et WIKILEAKS, le constat a été fait que les données personnelles sont devenues des armes de conquête, un instrument de pouvoir pour les États et les entreprises, chacun voulant imposer sa vision et sa dominance.
C’est cette volonté, de la part de ces puissances, de pénétrer les données personnelles, qui donna naissance à un nouveau concept, celui de « la surveillance par défaut » qui veut tout simplement dire : tous surveillés par défaut, même sans menace spécifique et probablement avec une conservation sans limites, de tout, sur tout le monde.
Ainsi, dans le monde actuel, qui peut se dire tranquille quand toutes nos conservations peuvent être écoutées et que nous pouvons être géo-localisés à quelques centimètres près, s’est-il interrogé ?
Qui peut se dire qu’il s’appartient pleinement quand nos données font l’objet de transactions inspirées de mécanismes boursiers pour savoir à quel moment et à quelles personnes délivrer la meilleure publicité en fonction de ses échanges de mails, de sa navigation internet, de sa localisation spatiale et demain de données de santé collectées à la volée ? Qui peut se sentir en sécurité lorsqu’à travers le traitement automatique de l’information, de vastes quantités de données peuvent être transmises en quelques secondes à travers les frontières nationales et même à travers les continents ?
Mais aussi, qui peut véritablement offrir un pacte de confiance à ses clients, à ses investisseurs, s’il ne s’appuie pas sur un cadre juridique clair qui garantit la sécurité des données et les conditions de leur utilisation ?
Selon lui, le constat qui en découle de toutes ces interrogations est que le numérique peut nous apporter des bénéfices considérables, mais aussi un risque majeur de surveillance généralisée.
Qu’il s’agisse de la sphère économique (fichiers de clients ou de prospects, marketing ciblé, lutte contre la fraude, etc.), de la sphère publique (vidéosurveillance, fichiers de police, médicaux, etc.) ou de la sphère personnelle (Internet, réseaux sociaux, moteurs de recherche, blogs, etc.), les fichiers sont désormais omniprésents dans notre quotidien.
Il ne s’agit plus seulement de vie privée, mais désormais aussi de sécurité, de liberté d’expression, de liberté d’aller et de venir, de liberté d’entreprendre, d’autodétermination même de la personne.
Pour répondre à ces questionnements, a-t-il fait savoir, la République du Mali, par la loi N° 2013-015 du 21 mai 2013 porta sur les fonts baptismaux une autorité administrative indépendante, dénommée : Autorité de Protection des Données à caractère personnel – APDP avec pour objectif, d’assurer à toute personne physique ou morale, publique ou privée, la protection de ses données à caractère personnel, sans distinction de race, d’origine, de couleur, de sexe, de langue, de religion, de fortune, de naissance, d’opinion, de nationalité ou autres.
Les missions de l’APDP s’articulent sur 3 principales rubriques, à savoir : informer et protéger ; réguler et anticiper ; contrôler et sanctionner.
Le but du droit à la protection des données personnelles est de garantir le maintien de l’informatique au service des personnes, sous leur contrôle ; et non l’inverse.

Par Abdoulaye OUATTARA

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