Protection des droits de l’homme au Mali: le DG de Diakonia Monde salue les efforts

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En visite de travail au Mali, du 13 au 17 octobre 2016, le Directeur général de l’ONG Diakonia monde, Bo FORSBERG, a échangé, samedi dernier, à l’hôtel Al Farouk, avec les responsables d’organisations des défenseurs des droits de l’homme de notre pays sur la situation des droits de l’homme au plan national.

Ladite cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Justice, des droits de l’homme, garde des sceaux, Me Mamadou Ismaël KONATE ; du président de l’Observatoire des droits humains et de la paix (ODHP), le Pr Abraham BENGALY…
Pour le président de l’ODHP, la présence massive des leaders des organisations de défense des droits de l’homme témoigne leur attachement aux valeurs universelles de solidarité, de fraternité et d’amitié.
Aussi, a-t-il soutenu, après la reconquête des régions du nord de notre pays et le retour à l’ordre constitutionnel normal, il était urgent de s’attaquer aux questions de la recherche de la vérité, de la justice équitable et de la réparation des violations des droits humains.
Ce qui, dit-il, explique l’engagement de l’Observatoire des droits humains et de la paix à contribuer à l’enracinement de la paix, de la justice, de la sécurité, de la réconciliation nationale ; mais aussi de la cohésion sociale, à travers la promotion et la protection des droits humains, conformément aux dispositions de l’article 1er de la Constitution du 25 février 1992 qui dispose : « la personne humaine est sacrée et inviolable. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne ».
C’est grâce à l’appui inextinguible de l’ONG Diakonia, souligne M BENGALY, que l’ODHP s’est résolument engagé depuis 2014 sur les chantiers de la promotion des droits humains, de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, à travers la mise en place d’un système d’alerte précoce et de surveillance de la situation des droits de l’homme dans les régions touchées par les conflits armés ; l’implémentation de la justice transitionnelle au Mali par l’accompagnement des autorités publiques et des organisations de la société civile, notamment à travers des études et des contributions et la mise en place des mécanismes de prévention et de gestion des conflits.
Au titre des acquis enregistrés de 2014 à 2016, M BENGALY dira qu’à travers le Projet d’appui à la justice et à la réconciliation et le Projet d’appui à la promotion des droits humains, d’importantes réalisations ont été faites : les études sur les mécanismes traditionnelles de gestion des conflits ; les mécanismes traditionnels de prévention et de gestion des conflits armés dans les régions de Kidal, Tombouctou et Gao par la création d’espace de dialogue pour trouver des solutions aux problèmes récurrents.
Pour le ministre de la Justice, des droits de l’homme, garde des sceaux, Mamadou Ismaël KONATE, en parlant de droits humains, il faut d’abord se réjouir du fait qu’aujourd’hui plusieurs textes existent alors que «le Mali a été longtemps un pays où les droits de l’homme n’existaient pas en tant que corpus juridique ».
Selon lui, une chose est de prendre des textes sur les droits de l’homme, et l’autre est de les mettre à la disposition des gens. A son avis, le défi le plus important est celui de l’effectivité et du bénéfice réel.
«Le principe de l’égalité de tous devant la loi est loin d’être une réalité au Mali », a-t-il regretté. Avant de souligner que le droit c’est tout simplement la protection des plus vulnérables.
Le ministre KONATE a mis l’accent sur la situation particulière des défenseurs des droits de l’homme qui ont besoin de protection.
Il a exprimé son engagement à faire adopter la première loi de protection des défenseurs des droits humains en République du Mali. cela, afin que désormais aucun défenseur des droits humains ne soit menacé de prison, de poursuite, de violence et d’aucune discrimination au nom de ce qu’il a pointé du doigt.
Le Directeur général de l’ONG Diakonia mondiale, Bo FORSBERG, a félicité les défenseurs des droits humains maliens pour le grand travail qu’ils sont en train de fournir. Il a affirmé que tous les pays du monde se sont engagés à respecter les droits de l’homme. Mais, regrette-t-il, le constat est que beaucoup de gouvernements ne respectent pas leurs engagements.
« Au contraire, beaucoup de pays piétinent les valeurs des droits de l’homme à travers le monde. Dans plusieurs pays, les défenseurs des droits de l’homme sont enfermés dans les prisons et beaucoup d’autres sont tués », a déploré M. FORSBERG. Il a enfin salué les efforts déployés par les organisations de défense des droits de l’homme au Mali, tout en invitant les organisations de la société civile à pousser les gouvernants à respecter leurs engagements en faveur de la protection des droits humains.

PAR MODIBO KONE

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