Protection des droits des travailleurs domestiques: plaidoyer pour ratifier la convention 189 de l’OIT

L’ONG belge Solidarité mondiale en partenariat avec ses organisations partenaires du Mali, organise, depuis hier lundi, à l’hôtel Résidence Bouna, un atelier sous régional regroupant pendant 3 jours, les délégués du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal ; de la Mauritanie et du Togo, ayant pour thème: «La promotion du droit de protection des travailleurs domestiques en Afrique de l’Ouest». La convention d’OIT définit le travail domestique comme un «travail effectué au sein d’un ou plusieurs ménages ».

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, Soumana SATAO ; en présence du Coordinateur Continent de Solidarité mondiale, Uzziel TWAGILIMANA ; des délégués des différents pays présents à Bamako.
Selon ses initiateurs, le présent atelier s’inscrit le cadre du suivi des 2 premiers séminaires, tenus en 2012 à Cotonou, (Bénin) et en 2013 à Ouagadougou (Burkina Faso). Aussi, s’inscrit-il, dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action 2016 du programme 2014-2016.
La rencontre de Bamako a pour objectif, entre autres : d’échanger sur l’état des lieux du processus de ratification de la Convention 189, de sa mise en œuvre ; ainsi que de celle de la Convention 201, à travers les législations nationales dans les différents pays ; et échanger sur les actions menées par chaque organisation dans ce domaine.
Par ailleurs, soutiennent-ils, il s’agit de sensibiliser l’opinion publique sur la situation des travailleurs domestiques de façons générale en Afrique et plus particulièrement au Mali.
Pour ce faire, il s’agit pour les acteurs de faire des plaidoyers auprès des autorités du Mali pour la ratification de la Convention 189 sur le travail domestique. Ainsi, il s’agit de renforcer les capacités des participants sur les conventions fondamentales en lien avec la protection sociale ; identifier les facteurs limitant l’adoption des conventions en lien avec la protection sociale particulièrement.
Dans la même dynamique, les participants échangeront sur les bonnes pratiques de stratégies de mobilisation des travailleurs domestiques et d’organisation des actions de plaidoyer en vue d’une meilleure défense de leur droit.
En tout cas, les travailleurs domestiques, les groupes cibles prioritaires, la Solidarité mondiale (WSM) et ses partenaires sont engagés depuis 2014 dans un programme triennal (2014-2016), cofinancé avec la Direction générale de la coopération belge au développement (DGD).
Ce programme a comme thématique central «Le droit à la protection sociale» qui est au centre des préoccupations du présent atelier.
«Au Mali, les travailleurs domestiques vivent des conditions de travail très précaires, caractérisées par de longues heures de travail, de salaires dérisoires, souvent impayés à temps ; des harcèlements moral et sexuel sur les lieux de travail ; l’absence notoire des conditions d’hygiène et de sécurité, et parfois de contrat de travail écrit, etc.», soutiennent les organisateurs. Et d’ajouter: « La plupart des travailleurs domestiques ne bénéficient pas du salaire minimum en vigueur dans leurs pays ».
Le Coordinateur Continent de Solidarité mondiale, Uzziel TWAGILIMANA, a souligné que la mobilisation et l’organisation des travailleurs se fait très lentement, malgré l’implication et l’accompagnement des organisations de défense des droits humains.
En 2011, l’OIT a adopté une convention intitulée «le travail décent pour les travailleurs domestiques». Malheureusement, cette convention n’a été ratifiée que par 2 pays africains, notamment de l’Afrique du Sud et de l’Ile Maurice et 23 pays autres dans le monde. Et, les Etats qui avaient promis de ratifier continuent à trainer les pieds. Cette convention définit le travail domestique comme un «travail effectué au sein d’un ou plusieurs ménages.
Selon cette convention de l’OIT, il peut inclure les taches telles que le ménage, la cuisine, le jardinage, la conduite famille, prendre soins des enfants ; laver et repasser le linge etc.
De son côté, le secrétaire général du département de l’Emploi, après avoir survolé la situation de cette catégorie d’emplois au Mali, a souligné que le gouvernement est en train de prendre toutes les dispositions pour ratifier la Convention de l’OIT.

Par Abdoulaye OUATTARA

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