Rapport de ban ki-moon – médiation – attaques contre la MINUSMA: la mission Onusienne fait le point

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Le dernier rapport trimestriel du Secrétaire Général sur la situation au Mali a été publié et nous vous l’avons communiqué le 3 octobre. Il est également disponible sur notre site internet (https://minusma.unmissions.org/rapports). Ce rapport sera présenté au Conseil de sécurité et discuté aujourd’hui le 6 octobre. Il fait état de la suite donnée à la résolution 2295, en particulier sur les progrès accomplis dans l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et l’action menée par la MINUSMA pour l’appuyer.
Les points saillants sur lequel le Secrétaire Général a mis l’accent dans ses observations :
• Il prend note positive des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et en félicite les parties, auxquelles il lance un appel afin qu’elles redoublent d’efforts pour accélérer la mise en œuvre de l’accord, et plus précisément aux groupes armés pour qu’ils soumettent les listes de combattants qui devraient s’associer sans plus tarder au processus de cantonnement.
• Il condamne fermement les violations du cessez-le-feu par la reprise des hostilités entre les groupes armés signataires en juillet, août et septembre, dans la région de Kidal et demande au Conseil de sécurité d’envisager des sanctions contre les parties en violation de l’Accord de paix. Il prie instamment les parties concernées de régler leurs différends au moyen des mécanismes prévus par l’Accord de paix et de convenir d’une cessation officielle des hostilités.
• Il souligne l’importance pour les parties à l’Accord de paix, que les parties s’y conforment de bonne foi et s’engagent dans les domaines prioritaires, y compris le redéploiement progressif des Forces de défense et de sécurité maliennes et la restauration de l’autorité de l’État dans tout le pays. Il réitère l’appel du Conseil de sécurité pour que le Gouvernement définisse, en consultation avec les autres signataires et avec le soutien de la MINUSMA et des acteurs régionaux et internationaux, des critères et des délais précis pour la mise en œuvre de l’Accord de paix.
• Il se félicite de l’annonce d’élections prochaines au Mali et engage le Gouvernement à parvenir à un consensus sur la tenue de ces élections et à faire en sorte que tous puissent y participer, dans la transparence. Dans le même temps, il demande instamment au Gouvernement d’accélérer la préparation de la Conférence d’entente nationale et l’invite à garantir la tenue d’un large processus de consultation pour la Conférence, avec la participation de toutes les parties prenantes concernées, y compris la société civile, les femmes et les jeunes.
• Il souligne qu’il est essentiel que les groupes armés signataires démontrent leur volonté de poursuivre le processus de cantonnement, de désarmement, de démobilisation et de réintégration en prenant des mesures décisives. Il demande au Gouvernement d’accélérer le processus d’adoption d’une stratégie nationale visant à réformer le secteur de la sécurité et à regrouper la loi de programmation militaire et le projet de loi sur la sécurité nationale dans une loi de programmation sur la défense et la sécurité.
• Il exprime sa préoccupation par la situation des droits de l’homme dans tout le pays, notamment : les exactions commises contre la population civile au cours des récents affrontements dans la région de Kidal qu’il condamne fermement ; l’augmentation du nombre de points de contrôle et de bases militaires établies par les groupes armés signataires et ceux qui leurs sont associés, en particulier dans la région de Tombouctou, ainsi que des violations des droits de l’homme contre des civils signalées dans ces avant-postes ; le recours excessif à la force des Forces de défense et de sécurité maliennes pendant les opérations de lutte contre le terrorisme ; et l’augmentation de la violence intra et intercommunautaire dans les régions du nord et du centre au sujet desquelles le Secrétaire Général exhorte le Gouvernement à accélérer l’ouverture des bureaux régionaux de la Commission vérité, justice et réconciliation pour commencer à recenser les exactions et les violations.
• Il exprime sa vive préoccupation par la détérioration de la situation humanitaire dans certaines régions du Mali et condamne les attaques et les vols perpétrés contre des acteurs humanitaires.
• Il note l’augmentation des attaques contre les forces françaises et maliennes et la MINUSMA et souligne qu’elles sont absolument inadmissibles et constituent de graves violations du droit international. Il exhorte les parties maliennes à accélérer la mise en œuvre des dispositions de l’Accord de paix concernant la cohésion sociale, en vue de répondre aux griefs de la population et d’enrayer la propagation de l’extrémisme violent. Il exhorte également les États Membres de l’ONU à renforcer la coopération internationale, en particulier la coopération entre les pays de la région.
• S’agissant de la MINUSMA, il souligne que pour que la Mission soit en mesure de s’acquitter des tâches qui lui ont été confiées, il est indispensable qu’elle soit dotée des équipements nécessaires, en particulier les hélicoptères de manœuvre et armés, sans lesquels l’efficacité opérationnelle de la Mission sera affectée, en raison de la diminution de la mobilité et de la capacité à évacuer des blessés et des malades. Il prie instamment les membres du Conseil de sécurité et les partenaires internationaux du Mali d’accroître leur appui pour faire en sorte que les besoins identifiés dans la résolution 2295 soient satisfaits et les déficits de capacités réduits rapidement, et souligne que si cet appui n’est pas fourni d’urgence, la Mission aura bien du mal à exécuter son mandat.

Attaques contre la MINUSMA à Aguelhok et à Ber
Comme on l’a annoncé le 3 et 4 octobre, 2 casques bleus du contingent tchadien de la MINUSMA ont perdu la vie suite à une série d’attaques ciblant la MINUSMA le 3 octobre à Aguelhok, région de Kidal. Il a s’agit de quatre attaques : la première a eu lieu à environ 13h45 quand le camp de la MINUSMA a subi des tirs de mortiers qui n’ont causé que de légers dégâts matériels. La deuxième attaque fut en fait l’explosion d’une mine ou engin explosif improvisé à environ 15:50 lors du passage d’un convoi d’une force de réaction rapide de la MINUSMA qui se dirigeait vers la zone d’où les tirs de mortiers ont été lancés. Un casque bleu a été tué et 5 autres ont été grièvement blessés. Un civil qui avait été appréhendé par les Casques bleus pour suspicion d’implication dans l’attaque aux mortiers a également été tué suite à l’explosion, selon les informations primaires. La troisième attaque s’est déroulée vers 17:15 avec des tirs de mortiers ciblant le camp de la MINUSMA sans causer de dommages. Et la quatrième a eu lieu à environ 17:30 avec l’explosion d’une mine ou d’un engin explosif improvisé, au passage d’un convoi d’une force de réaction rapide, se dirigeant vers le lieu d’où les tirs ont été lancés. Deux Casques bleus ont subi des blessures graves. Tous les blessés ont été évacués à l’hôpital de la MINUSMA à Kidal. L’un des blessés a perdu la vie dans la soirée du 3 octobre.
Ces attaques ont été fermement condamnées par le Secrétaire Général de l’ONU et par le Chef de la MINUSMA dans des communiqués que nous avons partagé avec vous. Ils ont également adressé leurs condoléances au Gouvernement du Tchad et aux familles des défunts.
La MINUSMA a engagé une enquête interne conformément aux règles, règlements et procédures de l’ONU, sur les circonstances des attaques sur son personnel à Aguelhok, y compris l’appréhension et le décès du civil déjà mentionnés.

Hier, le 5 octobre, vers 14h25, des tirs de mortiers ou roquettes ont été lancés en direction du camp de la MINUSMA à Ber, à 54 km à l’Est de Tombouctou. Les informations préliminaires indiquent que les obus ont atterri à environ 100 mètres du camp et n’ont causé aucun dégât. La MINUSMA a déployé une couverture aérienne sur la zone.

Les activités de la direction de la MINUSMA
Le 30 septembre dernier, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh Annadif s’est rendu à Tombouctou. M. Annadif s’est rendu au Camp de la MINUSMA où il s’est successivement entretenu avec le colonel André Koné des FAMa et Commandant de la 6ème Région militaire sur les aspects sécuritaires dans la région puis, avec les leaders de la CMA de Ber, dirigé par le Colonel Goullam.
Le 1er octobre Monsieur Annadif s’est rendu au Camp Intégré de la MINUSMA à Gao, où il s’est entretenu avec M. Abdoulaye Idrissa Maiga, Ministre malien de la Défense et des Anciens Combattants. Tout en se félicitant de la bonne collaboration qui existe entre les Forces de défense et de sécurité malienne et la MINUSMA. Les deux interlocuteurs ont reconnu les multiples difficultés pour la paix et la sécurité dans les zones affectées par le conflit. Ils ont évoqué les principaux défis liés à la sécurisation des axes Gossi-Gao, et Ansongo-Ménaka.
Avant de regagner Bamako, le Chef de la MINUSMA a assisté à une démonstration sur la recherche, la détection et la neutralisation des engins explosifs par les équipes de déminage de la MINUSMA. Il a ainsi souligné l’importance des opérations menées par ces équipes, aussi bien pour la Mission que pour contribuer à la protection des civils et la stabilisation du pays. En effet, les engins explosifs improvisés représentent une menace considérable pour la MINUSMA et freinent la mise en œuvre de son mandat. Depuis le déploiement de la Mission en juillet 2013, l’ONU a recensé 332 incidents impliquant des Engins Explosifs Improvisés (EEI), dont 101 en 2016. De nombreuses victimes sont à déplorer : 127 civiles, 35 membres des Forces Maliennes de Défense et de Sécurité et 255 personnes engagées au sein de la MINUSMA.

Médiations et processus de paix
Dans le courant de la semaine, la Médiation Internationale et le Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord de paix (HR/PR) ont tenu plusieurs réunions sur la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut dans la région de Kidal. Ils ont également fait le point de la réunion de haut niveau qui a eu lieu en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 23 septembre dernier. Dans l’ensemble les membres de la communauté internationale et le HR/PR ont exprimé leur préoccupation par rapport à la situation qui prévaut dans la région de Kidal et encouragent les mouvements signataires belligérants, à régler leurs différends de façon pacifique. Sur la mise en œuvre de l’Accord, ils exhortent les parties signataires à accélérer sa mise en œuvre. Ils ont réitéré leur demande de finalisation des différentes listes pour les autorités intérimaires et les patrouilles mixtes. Enfin, la communauté internationale a réitéré son engagement au processus de paix et de réconciliation en cours.

SOURCE : MINUSMA
NB: les titres sont de la rédaction

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