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mardi 21 novembre 2017
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Rapport du big du fonds mondial sur le sida au MALI : Les récipiendaires principal et secondaire s’expliquent

Les responsables du (Haut conseil national de lutte contre le sida au Mali (HCNLS) de l’association de recherche, de communication et d’accompagnement à domicile des personnes vivant avec le VIH-sida (ARCAD-sida) et le Groupe Pivot santé population (GP/SP) ont animé, hier mardi au Grand hôtel de Bamako, une conférence de presse pour s’expliquer sur le Rapport d’investigation du Bureau de l’inspection générale du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, publié en octobre dernier.

Les principaux animateurs étaient les Dr Youssouf DIALLO du HCNLS; Souleymane

DOLO, président du Groupe Pivot; Mme DEMBELE Bintou KEITA, présidente de ARCAD-Sida. On y notait la présence de la présidente du réseau des associations des personnes vivant avec le sida, Oumou DIAWARA.

Selon les conférenciers, ledit rapport porte sur l’accord de don codifié sous le numéro MAL-405-G02-H, connu sous l’appellation «subvention Fonds mondial round 4 VIH » et a porté sur le financement de l’expansion des réseaux intégrés de prévention et de soin du VIH-Sida et des maladies sexuellement transmissibles dans la capitale et dans les différentes régions du Mali.

Aussi, ont-ils fait savoir, les activités y afférentes ont été exécutées de 2005 à 2010, à travers deux phases de 2 puis 3 ans, avec un budget de 45,2 millions de dollars US, soit 22,6 milliards de FCFA.

Cette subvention, ont-ils confirmé, a été mise en œuvre par le HCNLS, récipiendaire principal avec trois récipiendaires secondaires que sont ARCAD-Sida et ses 14 sous bénéficiaires (associations de personnes vivant avec le VIH); la cellule sectorielle de lutte contre le sida du ministère de la Santé (CSLS) et ses 9 sous bénéficiaires (dont la plupart sont des structures publiques); ainsi que le Groupe Pivot-SP et ses 39 sous bénéficiaires que sont 37 ONG nationales, Santé sud et le Réseau des intervenants auprès des orphelins et enfants vulnérables (RIOEV).

Avant la publication du rapport, soutiennent les conférenciers, le Fonds mondial avait porté des accusations sur la gestion des subventions VIH en annonçant des montants faramineux qui auraient été détournés par les acteurs de mise en œuvre.

Cependant, les conclusions dudit rapport font ressortir un montant final injustifié de 3050 dollars US (soit 1 525 000 FCFA) représentant 0,007 % du budget et des factures supposées non conformes d’un montant de 2 207 055 dollars US (soit 1 103 527 500 FCFA), représentant 4,88 % du budget.

Pour les conférenciers, ces opérations dites non conformes font généralement l’objet de recommandations d’amélioration du système de contrôle interne, mais ne sont pas considérées comme détournements ou autres utilisations frauduleuses.

Par ailleurs, ont-ils noté, le Bureau de l’inspection générale du Fonds mondial a jugé «irrégulières» une grande partie de ces opérations parce que n’ayant pas pu entrer en contact avec les fournisseurs et prestataires pour des raisons dues à la détérioration de la situation sécuritaire à partir de 2012 ne permettant pas les visites des équipes du BIG sur le terrain; les changements de numéro de téléphone; les déplacements ainsi que les changements ou cessations d’activité (faillite, décès, etc.)

Les conférenciers soutiennent avoir besoin des subventions du Fonds mondial.

Mais, ils n’ont pas caché leur amertume face aux accusations du Fonds mondial à partir de 2010 qui ont eu pour conséquences, entre autres, de déshonorer le   Mali et ses instances de mise en œuvre des programmes de santé au profit des populations avec des allégations du type «la fraude est systématique au Mali»; faire perdre à la société civile malienne sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds; fermer plus d’une cinquantaine d’ONG et associations maliennes œuvrant pour le bien-être des populations avec des résultats salués par plus d’une dizaine de partenaires techniques et financiers sur plus de 20 ans; mettre au chômage plus d’un millier de chefs de famille (remplacement des acteurs nationaux par des institutions internationales), etc.

Par ailleurs, dénoncent les conférenciers, l’utilisation des structures internationales (PNUD) comme récipiendaire principal représente un manque à gagner de plus d’un milliard de FCFA par an à titre d’honoraires et salaires qui pourraient profiter au financement des plans d’action en faveur de nos populations.

Au regard des irrégularités relevées qui sont du ressort du contrôle interne et que les résultats obtenus sont satisfaisants à tous les niveaux, les conférenciers invitent les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les populations à une redynamisation de la lutte contre le sida, à travers la mise en place d’un fonds national de la lutte contre le sida alimenté par les ressources internes.

Par Sékou CAMARA




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