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mardi 12 décembre 2017
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Rapport SMART 2017 sur la malnutrition: Tombouctou et Gao dans le seuil critique

Il ressort du Communique conjoint de l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), relatif à l’enquête SMART sur la situation de la malnutrition des enfants des moins de 5 ans au Mali, rendu public hier lundi, que l’état nutritionnel des enfants de notre pays est passé du niveau «sérieux» à « critique».

L’enquête SMART est une initiative menée dans notre pays par l’Institut national de Statistiques (INSTAT), en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, avec l’appui de l’UNICEF, du PAM, de la FAO et de l’OMS.
Elle a pour objectif d’évaluer la situation nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans sur l’ensemble du territoire national.
Selon le rapport SMART de 2017, disponible depuis hier lundi, dans les régions de Tombouctou et de Gao, le problème de la malnutrition se pose avec acuité. En effet, le taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans a passé de niveau aigu à celui de très élevé contrairement aux normes de l’OMS.
Selon le même communiqué, le rapport SMART 2017 indique que la malnutrition aiguë des enfants à Tombouctou est passée à 15,7% et à 15,2% à Gao. Ces taux témoignent, à l’analyse, une augmentation des cas de malnutrition dans ces régions. Ainsi, les régions de Tombouctou et de Gao ont passé du niveau « sérieux » à « critique » selon l’échelle de classification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce qui est à craindre.
Aussi, hormis Tombouctou et Gao, des niveaux sérieux de malnutrition aiguë ont également été enregistrés dans les régions de Kayes (14,2%) et Taoudéni (14,3%), alors que le taux national est de 10,7%, ajoute le communiqué en référence toujours au dernier rapport SMART.
Face à la situation, les 4 Agences des Nations Unies à savoir : l’UNICEF, le PAM, l’OMS et la FAO, qui ont appuyé l’enquête, soulignent dans leur document l’urgence de mobiliser tous les efforts pour lutter contre la malnutrition et l’insécurité alimentaire. Aussi, préconisent-elles des traitements immédiats et adéquats soient accordés à chaque enfant affecté, tout en renforçant les interventions de prévention.
A ce rythme, mettent-elles en garde, si des mesures idoines ne sont pas prises, ils seront 630 000 enfants atteints de malnutrition aiguë en 2018, dont 165 000 enfants de la forme sévère.
Pendant la même période, préviennent-elles, un enfant sur quatre continue à souffrir de retard de croissance, qui provoque des dommages physiques et cognitifs irréversibles pour les enfants.
«Les enfants qui ont un retard de croissance ont un système immunitaire plus faible, tombent malades plus facilement et ont plus de difficultés à l’école », rapporte ledit communiqué.
A côté du rapport SMART, l’Etude sur le coût de la Faim, récemment finalisée au Mali, indique que la malnutrition entraine également une perte économique importante pour notre pays, estimée à 266 milliards de FCFA (145 millions de dollars américains) par an.
Quant aux raisons d’aggravation de la situation nutritionnelle au Mali, il est surtout dû en partie à la crise politico-sécuritaire de 2012 dans notre pays, commente le rapport. A cause de cette crise, poursuit-il, la violence et l’instabilité ont entraîné des déplacements de population et une perturbation des services sociaux au Nord du pays. Ce qui a eu un impact néfaste sur l’état nutritionnel des filles et des garçons les plus vulnérables.
D’autres facteurs, tels que l’accès limité à l’eau et à l’assainissement et les maladies infantiles comme la diarrhée, les infections respiratoires aiguës et le paludisme, sont aussi cités dans le rapport comme étant des éléments aggravant de la situation.
Enfin, pour efficacement prévenir la malnutrition, les Agences onusiennes estiment qu’il faut que notre pays s’approprie des approches comme « Investir dans les 1 000 premiers jours de vie d’un enfant », tout en faisant la promotion de bonnes pratiques telles que l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois et le lavage des mains avec de l’eau propre et du savon.

Par Sikou BAH




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