Ravec et couplage des elections locales et regionales: le réseau apem dénonce les défaillances sur le terrain

Le réseau d’Appui au processus électoral au Mali (APEM) a rendu publique, hier, une déclaration sur les opérations d’achèvement et de pérennisation ainsi que sur le couplage des élections locales et régionales de 2015. Ladite déclaration fait état des insuffisances dans l’opération d’enrôlement tout en relevant le fait que certaines localités du pays, notamment du nord, ont été purement et simplement mises de côté.

Les responsables du Réseau d’Appui au Processus électoral au Mali (APEM) ont animé, hier, une conférence de presse à leur siège. Objectif : partager avec la presse les observations effectuées du 1er au 31 octobre 2014 par le Réseau sur le déroulement des opérations d’achèvement et de pérennisation du RAVEC. Mais aussi tiré sur la sonnette d’alarme sur les faiblesses du processus et tout en appelant les acteurs à œuvrer pour le respect des engagements pris au nom du peuple malien, vis-à-vis de la communauté internationale.

L’on retiendra que le réseau APEM n’a pas été du tout clément avec les autorités en charge de ce processus. Car, ayant émis des critiques acerbes au sujet de l’opération d’achèvement et de pérennisation du Recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC). Et pour cause !

Si c’est le 1er octobre 2014 que ces opérations ont été officiellement lancées, force a été de constater que les équipes n’ont véritablement commencé à travailler que dans les alentours des 10 et 15 octobre pour une opération qui devrait s’étendre sur un mois, soit du 1er au 31 octobre.

Selon le président du Réseau APEM, Ibrahim Sangho, 70 observateurs nationaux non partisans ont été déployés par son organisation, sur un apport propre, dans les communes urbaines et rurales des 49 cercles du Mali et dans les 6 communes du district de Bamako pour effectuer cet important travail d’observation.

Des constats du Réseau, il ressort que plusieurs localités du nord, dont principalement Menaka (régions de Gao) et Kidal, ont d’emblée été écartées en raison certainement de l’insécurité résiduelle qui y a cours.

«  Comment alors les nouveaux majeurs et les omis de ces importantes localités du Mali pourront –ils être reversés dans le fichier électoral biométrique ? Comment réussir une réelle politique de régionalisation si ceux pour lesquels elle est effectuée ne sont pas pris en compte par les présentes opérations de mise à jour du fichier électoral, qui se doit être fiable ?

Voilà les principales préoccupations et inquiétudes exprimées par le président du Réseau APEM lequel n’a pas manqué de pointer du doigt de du manque de vision et d’anticipation du Gouvernement qui n’a défini aucune stratégie permettant de recenser les populations de ces zones.

Au sud du pays également, l’opération n’est pas exempte de tout reproche. C’est du moins la position du réseau dont la déclaration indique clairement que le processus d’enrôlement est superbement passé sous silence.

« Il n’a pas été précédé, voire accompagné d’annonces suffisantes. Aujourd’hui, sur le terrain, l’on ne sent pas véritablement la mobilisation autour des opérations d’enrôlement, tant à Bamako qu’à l’intérieur du pays », lit-on dans le communiqué.

Le réseau APEM déplore la non-implication de la société civile dans les opérations d’achèvement du RAVEC. Selon le président du réseau APEM, Ibrahima Sangho, les Organisations de la société civile retenues n’ont pas bénéficié de ressources conséquentes pour réaliser de véritables activités de communication et d’information sur le RAVEC.

Pour un parachèvement réussi du RAVEC, le réseau APEM recommande l’implication des partis politiques. « Ceci est indispensable pour la fiabilité et la crédibilité de l’État civil », indique la déclaration.

S’agissant du couplage des prochaines élections, les responsables d’APEM estiment qu’elles sont des élections de proximité et de développement local qui suscitent beaucoup d’engouement et d’intérêt chez les citoyens.

Mais le réseau déplore du fait que le gouvernement et les partis politiques avaient convenu depuis longtemps de repousser les élections communales, avec comme principal alibi la mise à jour du fichier électoral. Or, en se référant aux élections générales de 2013, notamment le deuxième tour de la présidentielle, on a le chiffre de 6.829.696 électeurs inscrits.

Dans ces remarques, il note qu’à ce jour, le ministère de l’Intérieur et de la sécurité n’a produit aucun chronogramme pour les élections couplées locales et régionales de 2015 au Mali.

La classe politique, quant à elle, n’a posé aucun acte pour déplorer cet état de fait préjudiciable à la tenue d’élections fiables, transparentes et démocratiques en 2015.

Dans ses recommandations, le réseau APEM demande entre autres : la publication, sans délai, du chronogramme électoral pour les élections locales et régionales de 2015 au Mali ; la promulgation, dans les plus brefs délais, de la nouvelle Loi électorale remplaçant la Loi N°06-044 du 4 septembre 2006 modifiée portant Loi électorale, pour un meilleur encadrement des élections à venir ; la mise en place d’un cadre de concertations entre le Gouvernement et les organisations de la société civile électorale pour leur pleine participation au processus ; l’implication des partis politiques dans les opérations d’achèvement et de pérennisation du RAVEC.

Par Mohamed D. DIAWARA

 

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