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mardi 13 novembre 2018
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Rébellions au Mali: Chogel étripe le complot de la France

L’ancien ministre Choguel Kokalla MAIGA et son coauteur Issiaka Ahmadou SINGARE ont dédicacé, hier jeudi, à la Maison de la presse, leur livre intitulé : « Les rébellions au nord du Mali, des origines à nos jours ». L’une des principales origines de la rébellion est l’octroi d’un statut particulier aux Ifohgas par la France, en 1907, selon les auteurs.

Le lancement du livre « Les rébellions au nord du Mali, des origines à nos jours », à travers sa dédicace par ses auteurs, a enregistré la participation de plusieurs personnalités politiques et de la société civile ainsi que des chercheurs. Il s’agit notamment de l’ancien Premier ministre, Ousmane Yssoufi MAIGA ; de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum DIALLO ; du président du Haut conseil des collectivités territoriales, Satigui Sidibé ; du président de la Maison de la presse, Dramane Alou KONE.
Les germes de la rébellion au Mali
Sans langue de bois, l’ancien ministre Choguel Kokalla MAIGA rappelle des faits qui seraient à l’origine de la rébellion répétitive au Mali. L’homme politique malien, qui se découvre dans l’écriture, a affirmé que le point de départ de la crise de rébellion au Mali remonte au début des années 1900. Il a rappelé qu’après la conquête territoriale des localités du nord, les colons ont fait le pacte avec une tribu vassale, leur alliée, appelé la convention du Bourem.
Ce pacte, conclu le 15 septembre 1907, octroie des avantages aux Ifohgas au détriment des autres communautés majoritaires de ladite localité. L’une des clauses de ce pacte fait de l’Adrar des Ifohgas un territoire des Ifohgas. Aussi, il interdit tout droit d’entrer aux autres communautés sans leur accord. Or, l’Adrar des Ifohgas n’a jamais appartenu aux Ifohgas, a démenti Choguel Kokalla MAIGA. Pour lui, il n’appartient à personne, car c’est une zone où des communautés se sont côtoyées durant des années.
« Les germes de cette crise ont été semés à cette date », a-t-il déclaré.
Si la France, pour défendre ses intérêts, a semé les germes de la crise de la rébellion au Mali ; cependant après l’indépendance du Mali, sa gestion a été marquée par une mauvaise interprétation par des dirigeants du pays.
Parce que, selon Choguel, les différents présidents du Mali, à partir de 1990, ont eu une lecture erronée des causes de la rébellion.
« Ils ont mal apprécié le fond des problèmes en proposant des solutions qui ne reflètent pas la réalité du terrain. Le constat est que ‘’le malade, au lieu de guérir, est tombé dans le coma’’. C’est ce qui est arrivé au peuple malien. La crise a perduré parce qu’il y a eu de mauvais diagnostics de la crise malienne », a-t-il déclaré.

L’échec de la III république
Contrairement aux présidents, c’est la III république qui a le plus déçu le peuple malien dans la gestion de la crise de la rébellion, comme l’a affirmé le coauteur. Les premiers présidents du pays (Modibo KEITA et Moussa TRAORE) ont géré la rébellion à la satisfaction des Maliens.
« Les présidents Modibo KEITA et Moussa TRAORE avaient une approche très précise contre la rébellion. En plus de la diplomatie qu’ils menaient en douce pour soigner l’image du pays, ils mataient militairement les rebelles », a expliqué le Pr Issiaka Ahmadou SINGARE.
À défaut de suivre cette dynamique, les présidents Alpha Oumar KONARE et Amadou Toumani TOURE vont saper le travail de leurs prédécesseurs, a déploré Choguel Kokalla MAIGA. Alpha Oumar KONARE, qui disait après son élection que « les rébellions au Mali étaient d’essence démocratiques » a fait une déclaration mal à propos, a commenté Choguel.
L’ancien président Amadou Toumani TOURE a commis la même erreur en s’en prenant à l’approche de Moussa TRAORE contre des rebelles. En plus des propos favorisant la rébellion, ces deux hommes politiques ont également contribué à affaiblir l’armée nationale.

Une crise qui échappe au Mali et à l’Afrique
Consécutif au coup d’Etat que notre pays a connu, la communauté internationale sous prétexte de venir apporter un appui, a donné tous les moyens à la MINUSMA pour prendre en main le Mali. En ce moment, la gestion des questions du nord du Mali va échapper non seulement au Mali, mais aussi à tout un contient entier, l’Afrique en passant par la CEDEAO.
« On a créé un sanctuaire. Les séparatistes qui n’étaient ni une force politique, ni une force militaire, ni une force morale et qui étaient en exil ont été ramenés dans les fourgons de Serval pour les installer à Kidal. On est parti prendre les terroristes pour venir les imposer comme des interlocuteurs à l’État malien. C’est ce qui s’est passé en Algérie », a déclaré Choguel.
La mission d’aider le Mali à recouvrer une partie de son territoire national a été transformée en force d’interposition chaque fois que les terroristes et les séparatistes étaient en difficulté, a-t-il dénoncé.
« Vous vous rappelez de Ménaka en 2015 lorsque les forces patriotiques ont voulu prendre Ménaka. Vous vous rappelez de Kidal en 2015 », a-t-il rappelé.
Aussi, les deux conférenciers sont-ils unanimes que la France n’est pas intervenue au Mali pour sauver notre pays, mais pour ses propres intérêts.

Par Sikou BAH




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