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samedi 15 décembre 2018
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«Les rébellions touarègues au Nord du Mali »: l’ouvrage soumis à la sanction du public

Après sa dédicace, à la Maison de la presse, le livre ‘’Rébellions au Nord du Mali des origines à nos jours’’ coproduit par le Dr Choguel Kokalla MAIGA et le Pr Issiaka Ahmadou SINGARE, a été présenté au grand public, samedi dernier, au Palais de la culture Amadou Hampaté BA de Bamako.

Ils étaient nombreux, les invités de marque de divers horizons (politique, société civile, média, parents et connaissances), à prendre part à l’évènement. Toute chose qui dénote de l’intérêt que les uns et les autres accordent à la question de la récurrente rébellion touarègue au Nord du Mali que tous les régimes successifs ont eu à gérer en leur façon.
C’est à travers une rediffusion intégrale de l’émission sur le livre sur la chaîne Africable, avec le Dr Choguel Kokalla MAIGA, comme invité que le public a savouré un avant-goût de cette œuvre coproduite par deux hommes politiques qui ne sont ni historiens, ni spécialistes de la question touarègue, mais préoccupés, à plus d’un titre, par l’endiguement définitif de la situation de rébellions récurrentes dans le Septentrion du Mali, ayant conduit à l’effondrement du Mali en 2012.
Cette séquence, d’une heure d’horloge, a été suivie d’un résumé succinct du livre, présenté par le Pr Issiaka Ahmadou SINGARE.
Le plat de résistance a été l’intervention des nombreux participants.
Selon les auteurs, la principale source d’inspiration se situe dans les processus ayant conduit à l’effondrement de l’État dans le courant du 1er semestre de 2012 qui a mené l’État malien à signer l’ ‘’Accord pour la paix et de réconciliation issu du processus d’Alger’’ avec des rebelles sous l’égide d’une médiation internationale.
Au fait, remontant aux sources de l’histoire, au VIIe siècle, le duo (Choguel-Issiaga) met en exergue trois réalités occultées de nos jours : la rencontre et le métissage entre les Sonrhaïs, venus du Dendi et des Berbères originaires du Yémen ; la rencontre entre les Oasiens, les Bella, premiers occupants de la terre, et les Touaregs ; la coexistence entre Arabo-Berbères et Négro-Africains au sein des empires du Ghana, du Mali et du Songhoï sous l’autorité des souverains noirs.
La motivation principale des auteurs de cet ouvrage est de cerner les causes des rebellions au Nord du Mali pour mettre fin à leur récurrence.
Les auteurs donnent dans les moindres détails comment les régimes (de Modibo KEITA à IBK, en passant par Moussa, Alpha, ATT) qui se sont succédé ont géré la rébellion touarègue au Nord de notre pays, avec des fortunes diverses, à travers la signature d’accords ou de pactes.
Au terme de leur analyse, les auteurs sont arrivés à certains constats : la thèse selon laquelle un pays touareg aurait existé pour être, par la suite, au gré de la colonisation et de manière arbitraire, incorporé au Soudan Français ne résiste pas à l’analyse.
L’harmonieuse cohabitation des communautés arabo-berbères et négro-africaines au sein des grands empires du Soudan nigérien la conteste. Le Soudan français n’est pas une construction arbitraire, mais la reconstitution, très partielle du reste d’un espace politique unifié avant la conquête marocaine.
De même, l’expression «rébellions touarègues » est une expression inappropriée. Il n’y pas eu, de l’indépendance à ce jour, de rébellions touarègues, mais, plutôt, de rébellions d’une infime partie des populations touarègues farouchement attachées à des privilèges féodaux. La France leur a reconnu un statut particulier. Ils veulent le préserver en se mettant en marge de la République. Ce qu’aucun État ne saurait admettre.
Les régimes de parti unique ont saisi les causes réelles des rébellions et se sont donné les moyens de les circonscrire. Les présidents « démocratiquement élus », « dans leur combat contre la dictature », en sont arrivés à confondre rébellions et quête de la démocratie. Ils ont poussé la méprise au point de les légitimer. Du coup, ils se sont privés des moyens de les circonscrire, aussi bien matériellement que politiquement.
Enfin, notent-ils, la récurrence des dissidences, depuis 2007, a eu comme conséquence l’effondrement de l’État, la partition de fait du Mali, la perte de la souveraineté nationale.
La présentation du livre a suscité beaucoup d’intérêt de la part des nombreux intervenants qui ont fait des témoignages et des contributions.
D’autres n’ont pas manqué de le critiquer. Ce qui semble être d’ailleurs l’objectif de la présentation.
L’ouvrage de 500 pages, qui se veut scientifique et objectif, est vendu au prix de 10 000 FCFA.
Par Sékou CAMARA




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