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samedi 17 novembre 2018
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Recasement temporaire des commerçants au champ hippique: le niet des responsables des lieux

«Nous n’avons reçu aucune lettre du ministre des Sports autorisant le recasement des commerçants au champ hippique de Bamako », a confirmé le Directeur national des sports équestres, lors d’une conférence tenue le jeudi dernier. Deux jours plus tôt, le maire Adama SANGARE tenait des propos contraires.

La rencontre était organisée par la Fédération malienne des sports équestres. Elle était animée par des responsables de la discipline, des responsables des clubs de football, ainsi que les maraîchers qui utilisent l’espace pour leurs activités respectives.
Ils sont tous décidés à faire échec à l’opération de recasement des commerçants du Marché Rose de Bamako au champ hippique de Bamako. A deux reprises, ils ont empêché la délimitation de la superficie de quatre hectares devant servir à recaser temporairement des commerçants.
Le Secrétaire général de ladite Fédération, Mamoutou DIARRA, a expliqué qu’ils y sont opposés parce qu’une partie du champ hippique est courtisée depuis quelques années par le maire du District de Bamako. Il soupçonne ce dernier d’attribuer des lettres d’occupation en 2007 sur une partie du champ hippique de Bamako.
«On estime que cette opération est un alibi pour régulariser la situation de ces personnes», craint-il. Il pense qu’en dehors du champ hippique, les autorités peuvent trouver quatre hectares à Bamako à mettre à la disposition des commerçants.
De son côté le président de la Fédération malienne des sports équestres, Mohamed HAIDARA, est plus catégorique. Il ne sera jamais question de donner un centimètre de la superficie de leur espace à quelqu’un pour recaser des commerçants, a-t-il tranché.
« Le marché et la course de chevaux ne vont pas de pair. Si on accepte d’abriter ce marché temporairement, l’endroit sera transformé à autre chose. Aussi, il va être difficile de les déloger. On ne veut pas prendre ce risque », se veut être prudent le président HAIDARA.
À côté des courses de chevaux, le champ hippique sert à beaucoup d’autres activités. C’est un espace d’entraînement de près 14 clubs et de maraîchage pour plusieurs familles qui y exercent depuis des décennies.
« L’opération est un moyen de priver des clubs de s’entraîner. Presque tous les clubs de la commune II et d’autres localités jouent au champ hippique à défaut d’espace sportif dans les quartiers », a indiqué, à son tour, le porte-parole des entraîneurs des clubs, Cheickna OULALE.
Le chef des maraîchers, pour sa part, pense que c’est une injustice que de les faire déguerpir pour faire place à des commerçants.
« Nous sommes tous des Maliens. Ils sont parents au même titre que nous. Alors pourquoi, ils veulent nous demander de partir pour installer des commerçants », s’est-il indigné, précisant que plusieurs générations de leurs familles respectives ont utilisé cette partie avant eux.
Quant au Directeur national des sports équestres, Modibo BAGAGA, il a confirmé qu’il n’y a jamais eu de lettre du ministre des Sports pour autoriser le recasement des commerçants au champ hippique.
« Quand il a été saisi, le ministre a demandé aux techniciens d’étudier le sujet. Il n’a pas dit de mettre une partie du champ hippique à la disposition de la mairie pour les commerçants du Marché Rose de Bamako », a déclaré le Directeur national des sports équestres, un démenti aux propos du Maire Adama SANGARE qui s’est exprimé sur l’affaire deux jours plus tôt.
Pour sa défense, M. SANGARE a soutenu que l’opération est une initiative du Gouvernement et non de la mairie du District. Il a également indiqué qu’il n’a aucun pouvoir de vendre une partie du champ hippique qui a un titre foncier et appartient à l’État. Il avait déclaré qu’à tort il est accusé de prédation foncière.

Par Sikou BAH




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