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samedi 22 juillet 2017
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Récents affrontements autour de Kidal: la CMA et la Plateforme se discréditent

Au fur et à mesure que l’on s’approche de la date du 20 juillet 2017 prévue pour la mise en œuvre du nouveau chronogramme concocté par les parties maliennes pour le retour de l’administration à Kidal, la situation sécuritaire autour de la ville prend un sacré coup. En effet, depuis quelques jours, les deux mouvements armés, la CMA et la Plateforme s’affrontent autour de Kidal mettant ainsi en péril les énormes progrès enregistrés jusqu’ici, deux ans après l’entrée en vigueur de l’Accord et quelques jours après le renouvellement du mandat de la MINUSMA.
L’UE et la MINUSMA condamnent l’attitude des deux mouvements armés de nature à entamer le peu de crédit qui leur reste face au monde entier qui les observe. Seront-elles entendues ?

La situation sécuritaire autour de Kidal, en plus du gouvernement du Mali, inquiète la communauté internationale, la MINUSMA et l’Union européenne qui ont dénoncé ce qu’elles considèrent aujourd’hui comme une violation du cessez-le-feu indispensable pour la mise en œuvre rapide de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale.
Selon, l’Union européenne, les affrontements récents entre des parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali- la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la Plateforme, dans la région de Kidal, constituent des violations de l’Accord.
Ils (ces deux mouvements armés) mettent en péril les progrès faits jusqu’ici, deux ans après l’entrée en vigueur de l’Accord et quelques jours après le renouvellement du mandat de la MINUSMA par le Conseil de Sécurité.
Le porte-parole du bureau de l’UE à Bamako invite les deux mouvements à mettre immédiatement fin aux affrontements sur le terrain et à trouver des ‘’solutions consensuelles à leurs différends, afin de permettre la mise en œuvre de l’Accord’’.
La mise en œuvre accélérée de l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015 reste le seul moyen de rétablir la paix et la sécurité dans le pays, selon le responsable de l’UE.
De son côté, la Mission multidimensionnelle des Nations-Unies au Mali (MINUSMA) a fait état d’une ‘’violation continue et accrue du cessez-le-feu’’ par ces mouvements.
«La MINUSMA constate avec consternation et inquiétude des violations continues et accrues du cessez-le-feu par les deux mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Ces violations comprennent des mouvements de convois armés dans la région de Kidal, des provocations et des combats, dont les affrontements armés en cours au sud d’Aguelhok en sont la parfaite illustration. »
Ces agissements de la part des mouvements sont d’autant plus condamnables qu’ils font fi de tous les appels ‘’que nous n’avons pas cessé de lancer à leurs dirigeants de faire preuve de sagesse et d’agir avec responsabilité’’, a déclaré M. Mahamat Saleh Annadif, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et Chef de la MINUSMA.
« Il s’agit de violations de l’Accord de paix et des résolutions du Conseil sécurité. Si elles persistent, elles affecteront non seulement la mise en œuvre de l’Accord de paix, profitant ainsi au terrorisme pour gagner davantage du terrain, mais elles risquent également de saper la confiance des Maliennes et Maliens et de la communauté internationale tout entière en la bonne foi des mouvements signataires en tant que partenaires sérieux et crédibles dans la quête du Mali pour une paix durable », a déclaré M. Annadif.
Deux ans après sa signature, l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, malgré les efforts de part et d’autre, se bute entre autres au désarmement des ex-combattants de la CMA et de la Plateforme ; le retour de l’administration à Kidal ; des attaques armées contre les convois militaires et civils ; et la recrudescence du banditisme urbain et périurbain.
C’est d’ailleurs pour faire face à cette situation périlleuse que le gouvernement et les mouvements signataires de l’accord ont eu un huis clos « intense » de six heures, le 23 juin afin de décider d’appliquer « la charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale », fruit de la Conférence d’entente nationale qui s’est tenue à Bamako du 27 mars au 3 avril dernier.
L’application de la charte va se matérialiser par la mise en place du MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination) symbole de la présence de l’État malien et de la sécurité à Kidal, apprend-on de source proche du dossier.
En tout cas, le nouveau chronogramme établi, à l’issue de cette rencontre du 23 juin dernier par les parties maliennes pour le retour définitif de la paix prévoit l’installation à Kidal du nouveau gouverneur, Sidi Mohamed Ag Ichrach qui réside à Gao, depuis sa nomination ainsi que les autorités intérimaires de cette ville.
Selon un communiqué émanant de la Primature, «À la suite de Kidal, le gouverneur de Taoudéni, le général Abderrahmane Ould Meydou, ainsi que les autorités intérimaires de cette nouvelle capitale régionale seront installées ».
Le nouveau calendrier prévoit également l’opérationnalisation du MOC d’ici au 20 juillet et l’installation des autorités intérimaires avant le 30 juillet prochain dans toutes les régions du nord, y compris Kidal.
La Coordination des mouvements armés (CMA) s’était engagée à respecter ce programme.
Cependant, au regard des violences enregistrées ces derniers temps autour de la ville de Kidal, l’on s’achemine progressivement, mais surement vers un énième report de ce calendrier si des mesures plus rigoureuses ne sont pas prises et à temps par la communauté internationale, garante de la mise en œuvre de cet accord.

Par Sidi Dao




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